Écrit le 19/05/2026
En 2023 et 2024, la DGCCRF a mené une enquête auprès des professionnels du textile commercialisant des produits revendiquant des propriétés biocides, afin de vérifier le respect de la règlementation, notamment sur l’usage des nanomatériaux. Si aucun nanomatériau interdit n’a été détecté, les contrôles ont toutefois mis en évidence de nombreuses anomalies, principalement liées à l’étiquetage et à la justification des allégations biocides.
Vêtements de sport, lingerie ou articles de literie : ces produits peuvent être fabriqués à partir de textiles ayant fait l’objet d’un traitement biocide, c’est-à-dire l’application d’une substance chimique destinée à limiter le développement de bactéries responsables des mauvaises odeurs ou de maladies. Ce type de traitement permet aux professionnels de présenter leurs produits avec des allégations telles que « antibactérien » ou « anti-odeurs ».
Or, certaines substances biocides sous forme nanométrique (le nano-argent, l’oxyde de zinc nano et le dioxyde de titane nano) sont interdites en raison des risques sanitaires qu’elles peuvent présenter pour les consommateurs mais également pour l’environnement.
Dans ce contexte, les enquêteurs de la DGCCRF ont contrôlé 50 professionnels, sur l’ensemble de la chaîne (de la fabrication à la distribution, en passant par l’importation). Les contrôles visaient à vérifier la conformité de l’étiquetage et le bien-fondé des allégations biocides, ainsi que l’absence de nanomatériaux interdits.
Les investigations ont porté en priorité sur des textiles en contact direct avec la peau et revendiquant des propriétés de type « antibactérien » ou « anti-odeurs ». Après un examen documentaire, des analyses ont été réalisées en laboratoire sur 14 produits lorsque des doutes subsistaient.
Un tiers des professionnels en anomalie
Les résultats de l’enquête montrent qu’environ un tiers des établissements contrôlés présentaient au moins une anomalie. Des suites correctives ou repressives (injonction, mesure de police administrative ou procès-verbal pénal) ont été donnés dans 9 établissements contrôlés.
Parallèlement aux contrôles sur site, les analyses en laboratoire ont permis de vérifier l’étiquetage, la présence de la substance active annoncée et l’absence de nanomatériaux interdits. La moitié des échantillons analysés présentait des anomalies, bien qu’aucun nanomatériau interdit n’ait été détecté.
Les manquements constatés concernaient principalement :
- l’absence de mention des substances actives sur l’étiquetage de textiles revendiquant des propriétés biocides ;
- des pratiques commerciales trompeuses liées à des allégations biocides non justifiées.
Parmi les cas relevés figurent notamment :
- Un distributeur d’articles de sport qui mettait en avant des propriétés jugées disproportionnées concernant la protection contre les piqûres de moustiques. Le produit concerné a été retiré volontairement de la marketplace ;
- Un fabricant qui utilisait une substance active non autorisée pour revendiquer une propriété antibactérienne, en l’occurrence l’oxyde d’argent ;
- La vente de culottes menstruelles et de paires de chaussettes présentant un étiquetage non conforme : absence du nom de la ou des substances actives en lien avec l’allégation « anti-odeurs » ;
- L’absence de chlorure d’argent pourtant mentionné comme substance active biocide (antibactérienne) pour un tee-shirt de sport.
- Enquête : Sécurité des articles de literie et des textiles traités avec des biocides
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