Intervenant 1
Bonjour Catherine Sueur.
Intervenant 2
Bonjour Christophe.
Intervenant 1
C'est très sympa de trouver un petit moment dans cette rentrée évidemment chargée pour une interview D'ailleurs. Interview, média, communication, culture, c'est pas quelque chose qui vous est tout à fait étranger ? Si mes calculs sont bons, vous avez passé à peu près la moitié du temps dans ce domaine après avoir été éligible et avant d'y revenir.
Intervenant 2
C'est tout à fait exact. J'ai eu la chance de servir dans des grandes institutions culturelles comme le Musée du Louvre ou Radio-France, et également de travailler effectivement pour un groupe de médias privés qui est le groupe Le Monde. C'est une grande chance.
Intervenant 1
C'est un grand bonheur et vous avez été heureuse de revenir ici. Mais si en plus vous revenez quand vous revenez, vous, c'est pour être chef. Quoi ?
Intervenant 2
Écoutez, j'ai été très heureuse de revenir. J'ai commencé ma carrière à l'Inspection générale des finances comme jeune inspectrice en 2003. J'ai travaillé pendant quatre ans à l'Inspection générale des finances. Et puis j'ai eu de la chance d'être nommé chef du service en 2022. Il y a un peu plus de trois ans maintenant.
Intervenant 1
Et puis on va rentrer dans le détail de vos activités, y compris, je crois, sur le terrain parce qu'il y a, il y a beaucoup de terrain, contrairement à ce qu'on peut penser seul.
Intervenant 2
Et d'ailleurs, moi, jeune inspectrice, en quatre ans, j'avais visité 27 départements.
Intervenant 1
Très bien, on va faire ça dans le détail.
Intervenant 1
Alors, GF c'est une marque prestigieuse, ce n'est pas tout à fait une entité comme les autres. Ça suscite des fantasmes, des interrogations, beaucoup d'admiration, beaucoup d'envie. Mais finalement, vous n'est pas si bien que ça.
Intervenant 2
C'est pour ça que je suis là.
Intervenant 1
Oui, bien sûr. Par exemple, le mot “inspection” peut troubler les esprits.
Intervenant 2
Alors vous avez raison. Historiquement, quand l'inspection générale des finances est créée il y a deux siècles, c'est effectivement un service d'inspection et qui a vocation à inspecter tous les services du ministère de l'Économie et des finances qui, sur le terrain, collecte l'impôt. Et puis aujourd'hui, c'est ce rôle de contrôle. Cette mission, on l'a encore, mais ça représente une part résiduelle de notre activité.
Intervenant 2
On fait deux ou trois contrôles par an, mais l'essentiel de notre activité, c'est d'être à la disposition du gouvernement pour faire des missions sur les politiques publiques et qui ont vocation à les évaluer, à proposer des améliorations, à faire des économies. Et donc on essaie de répondre à des questions un peu compliquées que nous pose le gouvernement.
Intervenant 1
Vous faites des rapports qui parfois sont publics, parfois non.
Intervenant 2
Exactement. En fait, on travaille pour le compte du gouvernement, donc à partir d'une lettre de mission signée par un ou plusieurs ministres. Et on travaille, on produit un rapport qui, selon les cas, est rendu public ou pas. C'est le c'est le gouvernement qui décide en fonction de son agenda politique, de ce qu'il y a dans le rapport, etc, de le rendre public ou pas.
Intervenant 1
Alors, par exemple, il y a un rapport qui vous vient à l'esprit, là, qui serait dans l'actualité et.
Intervenant 2
Dans l'actualité en ce moment, on travaille énormément sur ce qu'on appelle des revues de dépenses. Comme vous le savez, on traverse une crise des finances publiques et donc l'Inspection générale des finances depuis maintenant trois ans. Chaque année, sur 5 à 10 thèmes de politique publique fait une revue de dépenses, c'est à dire se pose des questions sur la politique publique en question et propose des améliorations et également des économies.
Intervenant 2
Depuis trois ans, on a à peu près analysé une vingtaine de plus d'une vingtaine de politiques publiques et on a proposé un certain nombre d'économies qui parfois ont été embarquées dans le projet de loi de finances. Et parfois pas, Pas encore peut être.
Intervenant 1
D'accord. En tout cas, vous êtes vraiment là au cœur de l'actualité, même si on ne vous voit pas, vous êtes à fond dans cette action.
Intervenant 2
Les revues de dépenses, je me permets de vous dire qu'elles sont publiques à la disposition du Parlement, à la disposition des citoyens. Et effectivement, j'espère sincèrement, et ça fait partie de notre rôle à l'Inspection générale des finances, de partager l'information sur l'organisation.
00Intervenant 1
D'alimenter le débat et de favoriser des choix nécessaires. Alors je crois savoir par une indiscrétion qu'il y a une mission qui vous. Qui vous tient particulièrement à cœur ?
Intervenant 2
On a effectivement rendu, il y a quelques mois un rapport qu'on a appelé feuille et mat et.
Intervenant 1
Non pas échec et mat.
Intervenant 2
Non.
Intervenant 1
N'empêche, c'est le contraire qui passe.
Intervenant 2
Lutter contre les stéréotypes, ouvrir le champ des possibles. Et là, c'était une question assez importante pour l'économie française, qui est que dans les écoles d'ingénieurs et les études scientifiques, de manière générale, le taux de féminisation plafonne à 25 % depuis un certain nombre d'années. Et donc on a travaillé avec l'Inspection générale de l'Education nationale sur comment on peut faire en sorte que plus de femmes embrassent des carrières scientifiques pour avoir plus d'ingénieurs, parce qu'on a besoin de beaucoup d'ingénieurs pour l'économie.
Intervenant 2
Et c'est aussi pour ça que l'Inspection générale des finances et le ministère des Finances, de l'économie et des finances étaient embarqués dans cette affaire.
Intervenant 1
Donc c'est de bien belles actions et effectivement complètement nécessaire.
Intervenant 1
Alors, on a vu l'émission de DGF passionnante, insuffisamment connue. Il y a aussi bien sûr des métiers. Est ce que vous recrutez à l'IUFM ?
Intervenant 2
Vous avez dit tout à l'heure qu'on était un service mythique, ce qui est vrai. Et d'ailleurs on connaît beaucoup plus nos missions que vous ne le dites. Elles sont. Beaucoup d'entre elles sont publiées et Mais c'est un service aussi atteignable. Moi, je recrute plus d'une quarantaine de personnes par an. Différents types de profils. Depuis la réforme de la haute fonction publique, je recrute des inspectrices et des inspecteurs des finances qui ont au moins deux ans d'expérience professionnelle.
Intervenant 2
Mais je recrute également des data scientists, des auditrices teurs, des inspectrices et des inspecteurs des finances adjoints. Donc je recrute à différents niveaux de séniorité des personnes talentueuses, des personnes qui ont envie de s'investir pour le service public, des personnes qui sont rigoureux et des personnes qui ont envie de trouver des solutions pour améliorer les politiques publiques.
Intervenant 1
Très bien. Vraiment, vraiment très très concrètes. Est ce qu'il y a une ambiance particulière ? Est ce qu'il y a une culture générale ? Il y a.
Intervenant 2
Une culture très forte à l'Inspection générale des finances qu'un service qui a deux siècles. Notre promesse employeur, elle tient d'une part le fait qu'on travaille sur les politiques publiques, sur le fait, d'autre part qu'on y acquiert des méthodes, mais aussi sur le fait qu'on rejoint une communauté de tous les anciens membres et membres de l'Inspection générale des finances qui est très soudée.
Intervenant 2
Et et c'est un service qui a la culture de l'objectivation et qui a la culture de la rigueur. Il y a la culture de l'excellence.
Intervenant 1
Et qui qui mène à beaucoup de métiers. Ensuite, on n'y reste pas forcément toute sa vie, mais ça peut mener à des à des métiers passionnants au service de l'Etat.
Intervenant 2
Absolument. N'y reste pas toute sa vie. C'est important que vous le disiez parce qu'on est là pour conseiller le gouvernement. Mais après l'Inspection générale des finances, quelles que soient les fonctions que vous occupez, c'est bien de rejoindre des administrations, des établissements publics, des entreprises pour avoir un job plus opérationnel que celui qu'on a à l'Inspection générale des finances ou au Conseil.
Intervenant 1
Et puis vous étiez un peu en avance sur le télétravail extra parce que, à la fois, si on fait un service où on travaille en autonomie et ensemble en groupe, enfin, c'est quelque chose de si moderne finalement.
Intervenant 2
Absolument. C'est des équipes de trois, cinq, six personnes. Effectivement, on est libre de s'organiser, donc c'est facile de concilier sa vie privée et sa vie professionnelle à l'Inspection générale des finances. Et on a beaucoup d'autonomie. L'essentiel, c'est effectivement de rendre un rapport à la fin des trois, quatre mois de mission sur lequel on est affecté.
Intervenant 1
Alors, si je suis quelqu'un, on va dire un jeune diplômé et qui hésite encore, vous me dites quoi ?
Intervenant 2
N'hésitez pas, Moi je vous dis n'hésitez pas à travailler pour le service public, N'hésitez pas à candidater à l'Inspection générale des finances. Je publie très régulièrement des appels à candidatures. Je cherche des gens motivés, qui ont des idées et qui ont envie de s'investir pour les services publics et les politiques publiques.
Intervenant 1
Très bien. Eh bien donc, vous l'avez entendu, si vous êtes travailleur, si vous êtes énergique, si vous êtes passionné par le service public, si vous avez un joli cerveau. Destination Inspection générale des finances.