PPE 3 : programmation pluriannuelle de l'énergie

Le 13 février 2026, le Gouvernement a publié la nouvelle édition de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) et son annexe la Stratégie de développement des mobilités propres (SDMP), documents qui présentent la politique énergétique de la France pour répondre aux enjeux de consommation et de production d’énergie sur la période 2026-2035. Chaque Programmation pluriannuelle de l’énergie porte sur deux périodes successives de 5 ans.

L’actualisation de la PPE s'inscrit dans une stratégie de transition globale, la Stratégie Française pour l'Énergie et le Climat (SFEC), qui vise :

  • à assurer la disponibilité de l'énergie à un coût maîtrisé,
  • à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050,
  • à adapter la France au changement climatique.

Elle repose sur 3 volets complémentaires :

Initiée dès 2021, la préparation de la PPE 3 est le résultat de cinq années d'études et de concertations avec les experts, les énergéticiens, les filières, les consommateurs, les associations, et de travaux techniques approfondis.

Plusieurs phases de participation du public ont permis une large mobilisation, dont deux grandes concertations "Notre avenir énergétique se décide maintenant" fin 2022/début 2023, et "Décarboner la France : votre voix compte ! ", fin 2024.

Une planification pour une énergie durable, abondante et souveraine

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) fixe plusieurs priorités :

  • garantir la souveraineté de la France, en assurant la disponibilité des ressources énergétiques nécessaires à notre économie et nos ménages ;
  • rendre l’énergie accessible, pour les Français et nos entreprises, à des prix maîtrisés, compétitifs et abordables.
  • décarboner le mix énergétique, pour lutter contre le changement climatique ;
  • permettre l’accès à des mobilités bas carbone, pour les voyageurs et les marchandises, sur l’ensemble du territoire.
©Bercy

  • atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et s’assurer de son maintien au-delà,
  • intégrer un objectif de réduction de l’empreinte carbone de la France. C’est à dire diminuer non seulement nos émissions sur le territoire national, mais aussi nos émissions importées, afin d’agir sur l’impact climatique global du pays.
  • réduire de 50% la consommation totale d’énergie en 2050 par rapport à 2012,
  • sortir du charbon d’ici à 2030, du pétrole à l’horizon 2045 et du gaz à horizon 2050.

  • associer la sobriété et l’efficacité énergétique à l’électrification durable et décarbonée de nos usages de l’énergie, ce qui augmentera la consommation d’électricité de 40% entre 2023 et 2035.
  • diviser par deux la part des énergies fossiles dans le mix énergétique entre 2023 et 2035.

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) répond à ces enjeux au travers de deux axes structurants : 

  • réduire notre dépendance aux énergies fossiles,
  • investir pour mieux consommer l’énergie.

1.    Augmenter la production de toutes les énergies souveraines et décarbonées, pour réduire la dépendance aux énergies fossiles

©Bercy

Le modèle énergétique actuel atteint ses limites avec des énergies fossiles qui représentent encore près de 60 % de notre consommation finale d’énergie. Ces importations menacent notre souveraineté et contribuent au dérèglement climatique avec des conséquences irréversibles sur l'environnement et la vie quotidienne des Français. 

Pour réduire cette dépendance, il nous faut :

  • accroître les capacités de notre parc nucléaire,
  • développer les énergies renouvelables,
  • réduire notre consommation des énergies fossiles importées. 

Notre plan d’actions a pour objectif de décarboner l’énergie utilisée, partout et pour tous.

Filières électriques

Filières non électriques

Transport

La stratégie de développement des mobilités propres (SDMP), annexée à la PPE 3 vise à accélérer la décarbonation et la transition énergétique des transports terrestres.

Elle se décline autour de 5 leviers : 

1) la maitrise de la demande en transport, 
2) la transition vers des modes de transport alternatifs, 
3) l’augmentation du taux d’occupation moyen de tous les types de véhicules, 
4) l’amélioration de l’efficacité énergétique des différents modes, 
5) le verdissement des motorisations, avec en particulier l’électrification des véhicules.

Lire la SDMP

2. Consommer moins d’énergie, mais plus d’électricité décarbonée

©Bercy

En 2026, avec son électricité à 95% décarbonée, accessible à un prix parmi les plus compétitifs d’Europe, la France dispose d’un atout considérable pour garantir sa souveraineté énergétique et atteindre ses objectifs climatiques et de réindustrialisation.

La PPE 3 place l’accélération de l’électrification des usages comme une priorité. Elle fixe une trajectoire cible d’électrification des usages dont elle garantit le suivi et le pilotage jusqu’en 2030, en mettant l’accent sur l’électrification du secteur industriel, de la mobilité et de la production de chaleur.

L’évolution de nos habitudes de consommation, conduisant vers plus d’efficacité (utilisation d’équipements moins énergivores, rénovations des bâtiments) et plus de sobriété (baisse du chauffage, trajets réalisés en train en transport en commun, en covoiturage ou en vélo), mènera à une diminution raisonnée de nos consommations d’énergie, permettant d’éviter le gaspillage. 

Cette baisse de la consommation est un levier de compétitivité pour les entreprises et un gain de pouvoir d’achat pour les ménages. 

Comment la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) a-t-elle été élaborée ? 

La préparation de la PPE 3 est le fruit de plusieurs années d’études, concertations, et de travaux techniques approfondis pour modéliser l’évolution des systèmes énergétiques.

Plusieurs phases de participation du public ont été organisées au cours de cette période, dont :

  • la concertation « Notre avenir énergétique se décide maintenant » lancée fin 2022,
  • des groupes de travail co-présidés par des parlementaires et des élus locaux réunis au niveau ministériel en 2023,
  • une concertation nationale PPE-SNBC organisée fin 2024, qui a mobilisé près de 50 000 participants, permis de recueillir plus de 7 500 propositions et 1,2 millions de votes sur celles-ci et 365 cahiers d'acteurs. 

Ce dialogue a permis de choisir les orientations de notre future politique énergétique.

  • L’Autorité environnementale (AE),
  • Le Conseil national de la transition écologique (CNTE),
  • Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE),
  • Le Comité de gestion des charges de service public de l’électricité (CGCSPE),
  • Le Comité du système de distribution publique d’électricité (CSDPE),
  • Et le Haut-commissaire à l’énergie atomique (HCEA). 

La France a également mené une consultation transfrontalière avec les pays voisins, avant de procéder à une dernière participation du public par voie électronique (PPVE) sur le projet révisé de PPE du 7 mars au 5 avril 2025 qui a permis de recueillir 1 373 contributions sur le projet de PPE 3.

La représentation nationale a été associée durant toute l’élaboration de cette PPE. Sept groupes de travail ont associé en 2023 les parlementaires pour en bâtir les principes structurants. La proposition de loi portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie, ou encore les débats au Parlement en vertu de l’article 50-1 de la Constitution des 28 avril 2025, à l’Assemblée nationale, et 6 mai 2025 au Sénat, ont chacun permis de donner des orientations claires sur les principaux objets de cette PPE. 

Cette troisième PPE 3 tient compte des équilibres souhaités par les parlementaires et présente des évolutions importantes par rapport à la version mise en consultation.

Des échanges fructueux

Le fruit de ces concertations et débats nourris ont permis à la PPE 3 d’évoluer significativement, notamment par :

Pour concentrer les efforts sur l’électrification de nos processus pour sortir des énergies fossiles importées.

Pour tenir compte du dynamisme de la consommation plus faible qu’escompté sur les dernières années tout en maintenant un objectif de production d’énergies renouvelables d’au moins 200 TWh en 2030.

La PPE 3 acte une nette relance du nucléaire et l’objectif de redressement de la disponibilité du parc existant, alors que la PPE précédente visait la fermeture de 14 réacteurs. 

Les débats parlementaires ont également confirmé la volonté de développer les petits réacteurs modulaires, ainsi que d’assurer la disponibilité et le renouvellement des installations de retraitement et de valorisation des combustibles nucléaires usés.

Ils ont conduit à préciser que la stratégie de fermeture du cycle du combustible nucléaire a vocation à reposer sur la construction d’un démonstrateur et que les matières nucléaires appropriées devront être disponibles à cette fin.

Notamment dans le cadre des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables afin de responsabiliser les producteurs sur l’impact de leur production sur le réseau électrique. 

La concertation "Décarboner la France : votre voix compte !" de fin 2024 en chiffres :

50 000

Nombre de participants à la concertation préalable PPE-SNBC "Décarboner la France : votre voix compte !"

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7 500

Nombre de propositions sur la question «Produire de l'énergie, se loger, se déplacer, se nourrir, consommer : comment réussir la transition énergétique et atteindre la neutralité carbone en 2050 ? »

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1 million

Nombre de votes sur les 7 500 propositions des citoyens formulées sur la plateforme de consultation make.org

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Foire aux questions sur la PPE 3

Télécharger la FAQ PPE 3

Non. L'objectif de la PPE est de maintenir les prix de l’énergie stables et abordables. Elle a été conçue pour protéger le pouvoir d’achat des Français et les charges des entreprises. 

Produire notre énergie en France nous permet de garantir des prix compétitifs et résilients sur le long-terme, basés sur nos coûts de production réels, pour ne pas subir les crises géopolitiques mondiales.

Pour trois raisons majeures qui touchent notre quotidien :

  • L'indépendance : Aujourd'hui, nous importons massivement notre énergie : 60 milliards d'euros par an en moyenne, et deux fois plus en 2022 lors de la crise. Nous ne disposons que de 3 mois de stock sur le sol français. En sortant du fossile, nous ne dépendons plus des situations de pays tiers et nous sommes plus hermétiques aux crises géopolitiques.
  • Le pouvoir d’achat : Produire notre énergie en France, c’est nous protéger des envolées de prix mondiaux comme en 2022.
  • Le climat : C’est le premier levier pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

  • Réduire nos consommations d’énergies fossiles : en réduisant certains usages ;
  • Électrifier massivement nos usages : transports, logements et décarboner les usages qui ne peuvent être électrifiés en valorisant au maximum le potentiel de toutes les énergies décarbonées qui produisent sur le sol national.

C’est notre plus grand atout. La France dispose déjà d’une électricité parmi les plus propres au monde. Développer cette production permet de s’affranchir des dépendances aux importations, créer des emplois locaux, de réindustrialiser nos régions et de conserver notre confort de vie tout en réduisant nos émissions de CO2.

L’État s’engage également dans la décarbonation de la chaleur, avec le développement de la chaleur et du gaz renouvelable, qui restent essentiels à l’atteinte des objectifs de décarbonation et de souveraineté.

Non, pour réussir à sortir des hydrocarbures, nous avons besoin de toutes nos forces.

  • Le nucléaire reste un pilier central avec un programme de relance ambitieux.
  • Les énergies renouvelables électriques (éolien, solaire) sont indispensables pour répondre rapidement à la hausse de la demande d'électricité, car elles se déploient plus vite. Elles sont aussi créatrices de filières industrielles locales. 

Il faut anticiper l'avenir. Nos besoins en électricité vont augmenter avec les mobilités électriques, les datacenters et l’électrification de l'industrie.

De plus, les réacteurs nucléaires ont certes une longévité de plusieurs décennies, mais leur durée de vie n’est pas infinie. Pour éviter un creux de production lors de leur fin de vie, nous devons anticiper et construire dès maintenant de nouvelles capacités (éolien, solaire, nouveau nucléaire). 

Oui. Le réseau électrique est comme un équilibre : l'offre doit toujours égaler la demande.

  • Le nucléaire module l’énergie qu’il produit, tout comme l’hydroélectricité.
  • La pilotabilité des énergies renouvelables électriques est également renforcée: dès 2026, la réglementation prévoit qu’un nombre plus important d’entre elles devront s'arrêter ou réduire leur production si le réseau est saturé ou si les prix deviennent négatifs.

La politique portée par la PPE s’appuie sur le parc existant. Elle privilégie ce qui s’appelle le « repowering ». Il s’agit de remplacer les éoliennes existantes par des turbines plus puissantes et parfois moins nombreuses, tout en maintenant un haut niveau d’exigence sur les nouveaux projets.

L’inaction coût plus cher que l’investissement. Investir aujourd'hui, c'est garantir un prix stable et prévisible pour les 20 prochaines années.

Regardons les chiffres : les énergies fossiles représentent 60 milliards d'euros chaque année d’importations. 

  • Investir dans la PPE (environ 30 à 50 milliards cumulé d'ici 2060 pour les nouveaux soutiens, dans le scénario de prix médian) est un investissement rentable qui reste en France, crée des usines de panneaux solaires ou d'éoliennes en mer, et finance des emplois chez nous.
  • Investir dans la PPE, c'est remplacer cette dépense perdue par des actifs sur notre sol.

Ce n'est pas uniquement un "coût pour l'État" : il s’agit d’investissements publics ET privés. L'État met en place des mécanismes (subventions, garanties, tarifs de rachat) pour orienter l'investissement des entreprises et des ménages.

En outre une grande partie de ces investissements concerne la modernisation du réseau électrique (lignes, transformateurs). Ce réseau doit être rénové quoi qu'il arrive, car il est vieillissant, indépendamment du choix de l'énergie que nous produirons demain (nucléaire ou renouvelable).

L'électricité produite par le parc nucléaire historique français reste l'une des moins chères d'Europe, mais pour maintenir cet avantage à l'horizon 2035-2040, de nouveaux investissements sont obligatoires.

Non. La PPE est conçue précisément pour garantir que chaque Français ait de l'électricité à tout instant, même lors des pics de consommation en hiver. La solution ? La diversité. 

En multipliant les sources (vent, soleil, nucléaire, hydraulique), on réduit le risque qu'une panne sur une seule filière ne paralyse tout le pays. Nous investirons aussi dans le réseau pour garantir sa résilience.

C'est la procédure prévue par la loi française. La PPE s’est décidée dans la transparence des débats parlementaires et des multiples concertations avec les citoyens. Elle est le fruit de plus de trois ans de travail, de débats au Parlement et de grandes consultations publiques. Plus de 50 000 citoyens ont participé en 2024 pour donner leur avis, et un million ont voté en 2025. C'est une stratégie largement réfléchie et partagée.

Retrouvez la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) et ses documents annexés

Décret N°2026-76 du 12/02/2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie

Programmations pluriannuelles de l'énergie (PPE) sur le site du ministère de la Transition écologique

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