Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Gare aux tromperies sur les plats livrés à domicile

Écrit le 08/08/2025

En 2023, la DGCCRF a mené une enquête nationale sur plus de 645 établissements proposant des plats livrés à domicile. Cette enquête a révélé des pratiques trompeuses courantes, telles que la francisation de certains ingrédients et l'utilisation infondée de mentions valorisantes comme "fait maison", "frais" ou "local". Au final, des infractions ont été relevées pour 21 % des établissements de restauration contrôlés, qu’il s’agisse d’établissements de restauration traditionnels ou de « dark kitchens ».

©Kanawa Studio de Getty

Une enquête nationale sur 646 établissements proposant des repas livrés à domicile

646 établissements ont été contrôlés dans 79 départements :

  • 292 proposaient de la restauration rapide,
  • 191 de la restauration traditionnelle,
  • 103 étaient des "dark kitchens". Ces "cuisines fantômes" ou "cuisines virtuelles" désignent un modèle de restauration où les établissements opèrent sans espace ouvert au public, se concentrant uniquement sur la préparation de plats destinés à la livraison à domicile ou à emporter.

Des infractions courantes dans tous les types d’établissements

Les enquêteurs ont fréquemment constaté :

  • L’absence d'informations concernant la présence d'allergènes ;
  • Un manque de transparence sur l'origine des viandes, dont l’indication est obligatoire, notamment sur les sites internet ;
  • Des mentions valorisantes injustifiées ou trompeuses (telles que "fait maison", "artisanal", "frais", "local", "bio"…) ou encore des allégations nutritionnelles infondées, dans les établissements et sur les sites internet.

Ces obligations d'information ou de justification sont parfois méconnues, en particulier parmi les indépendants, mais ce peut être aussi le fait d’opérateurs plus importants. L’une des plateformes de livraison de repas contrôlée, mettant en relation les consommateurs, les restaurants et les livreurs indépendants, a ainsi dû modifier son site internet et son application pour permettre aux restaurateurs d’indiquer les allergènes présents dans les plats proposés à la livraison comme le prévoit la réglementation. Les manquements relevés en matière de qualité des produits étaient plus ou moins délibérés.  Un restaurateur n’avait ainsi pas « pensé à modifier » sa carte alors qu’il avait utilisé des produits de moindre qualité et remplacé des steaks, annoncés comme frais sur la carte, par des produits surgelés, ou du cheddar fondu par des substituts à base de protéines de lait. Une franchise, implantée dans plusieurs régions a fait l’objet d’un procès-verbal pénal pour pratiques commerciales trompeuses en raison d’allégations fausses et notamment la présentation comme du «Sud-Ouest » de foie gras importé de Bulgarie et l’abus de références à des AOP.

21 % des établissements en infraction

Sur les 646 établissements ciblés, 136 établissements étaient en infraction, soit 21 % d’entre eux, donnant lieu à 114 injonctions de mise en conformité, 19 procès-verbaux pénaux et 3 procès-verbaux administratifs. 248 avertissements ont été rédigés par ailleurs pour des anomalies mineures.

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