Écrit le 06/04/2023
La crise sanitaire inédite de 2020 a été l’occasion pour l’Union européenne et les Etats membres de déployer des plans de relance visant à accompagner la reprise économique et à soutenir la transition écologique et numérique.
La Direction générale du Trésor a publié un article dans sa revue Trésor-Eco n° 324 de mars 2023 sur l’utilité des plans de relance mis en place après la pandémie de Covid-19.
La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a nécessité pour les Etats de déployer des mesures d’urgence visant à limiter les pertes de revenus tant pour les entreprises que pour les ménages. Les Etats membres de l’Union européenne, en juillet 2020, ont souhaité apporter une réponse commune pour garantir une reprise économique via le plan NextGenerationUE (NGUE).
Le plan de relance européen, doté d’un fonds de 800 milliards d’euros, repose sur un endettement commun des Etats membres ainsi que sur des ressources nationales. Les Etats membres ont en effet autorisé la Commission européenne à emprunter de l’argent sur les marchés financiers. Ces emprunts doivent être remboursés via la mise en place prochaine de ressources propres (extension du marché carbone aux secteurs routier et au bâtiment, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières).
Le plan de relance vise notamment à financer, au travers de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), des plans nationaux de relance et de résilience (PNRR) composés de réformes et d’investissements devant soutenir l’innovation et le potentiel productif et participer à la transition écologique et numérique.
Le Conseil a validé les vingt-sept plans nationaux de relance et résilience. Pour la France, la relance totale (incluant à la fois les montants financés par l’Union européenne et les montants financés par l’Etat) représente 4,1% du PIB et se concentre sur la période 2020-2022.
La mise en place des plans de relance vise à renforcer la résilience des économies européennes et à garantir la stabilité financière de la zone euro. Ils permettent aux Etats membres d’investir dans des secteurs d’avenir en contrepartie de réformes structurelles visant à améliorer la soutenabilité budgétaire à moyen terme.
Le rebond de l’économie suite à la crise sanitaire a été particulièrement marqué en France, son économie ayant rattrapé son niveau d’activité d’avant crise sanitaire le plus rapidement par rapport aux autres « grands pays » de l’Union européenne.
Le plan France Relance aurait en effet permis à la France de gagner 1,1 % de produit intérieur brut (PIB) en 2021 et 2022 par rapport à un scénario sans plan de relance. Grâce aux effets d’entraînement entre pays créés par la concomitance des plans de relance, le PIB réel de l’Union européenne pourrait être jusqu’à 1,5 % supérieur en 2024 selon la Commission européenne. En outre, les réformes structurelles menées par les Etats membres devraient contribuer à soutenir la croissance de manière durable.
La FRR doit également avoir pour conséquence de permettre un rattrapage économique des Etats membres les moins riches : en effet, au regard de l’enveloppe des fonds européens alloués, ces Etats ont eu moins besoin de financer leurs plans via des ressources nationales.
Les pays européens ont inclus à la fois des mesures d’offre (plus d’un tiers) et de demande pour construire leur plan de relance. Des différences entre Etats membres sont néanmoins à noter : trois pays ont axé principalement leur relance sur l’offre (Finlande, France, Danemark), tandis que les autres ont axé leur plan davantage sur la demande, à des degrés divers (jusqu’à 90 % pour l’Autriche).
Le plan de relance français prévoit une baisse massive de la fiscalité des entreprises (0,8 % du PIB) afin de soutenir l’attractivité économique et de renforcer la compétitivité des entreprises. Tout comme l’Allemagne, le plan de relance français est également fortement axé sur les dépenses en recherche et développement.