Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Offres de coliving : un concept convivial qui peut dissimuler des pièges

Écrit le 23/09/2026

Dans un contexte de tension locative accrue, nous avons renforcé notre action de contrôle sur les offres « innovantes » dans le cadre de la surveillance régulière du marché de l’immobilier qu’elle exerce. Nos services d’enquête se sont ainsi intéressés en 2025 aux pratiques commerciales existant dans le secteur du coliving.

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Le coliving se développe principalement dans les grandes agglomérations et les métropoles mais gagne aussi du terrain dans les villes de taille intermédiaire, notamment universitaires. Ce type d’offre associe généralement, dans un même immeuble, un hébergement individuel (chambre ou studio) avec la jouissance d’espaces communs (salon, cuisine, espace de loisirs, buanderie …), et parfois aussi avec des services inclus ou proposés en option (Internet, prestations de ménage, etc.).

De nombreuses anomalies ont pu être constatées   

Menée de manière exploratoire dans 3 régions (Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Bretagne), l’enquête de 2025 a porté sur une quinzaine de professionnels et révélé que la moitié des établissements contrôlés étaient en anomalie, justifiant des injonctions de mise en conformité pour un tiers d’entre eux afin d’y remédier rapidement. 

La majorité des infractions résultait de manquements à : 

  • à la transparence des prix pratiqués, 
  • à l’obligation d’affichage du diagnostic de performance énergétique (DPE) 
  • à la réglementation de la médiation (obligation d’informer le consommateur sur le médiateur qui pourra être saisi en cas de difficulté). 

Dans certains cas, des pratiques commerciales trompeuses ont également pu être constatées, notamment pour des services mentionnés sur le site internet mais inexistants ou indisponibles en réalité (par exemple un service de conciergerie censé organiser des moments de convivialité, ou l’existence d’une salle de sport), ainsi que des clauses abusives dans les contrats proposés (par exemple, l’interdiction de recevoir des invités ou la perception de frais en cas de désistement du locataire).

Les règles protectrices applicables même en cas de coliving

Dès lors que la résidence en coliving est occupée plus de 8 mois dans l’année, elle constitue la résidence principale du consommateur. Le contrat doit alors obligatoirement respecter la forme et le fond d’un bail d’habitation classique (soumis à la loi du 6 juillet 1989) et les niveaux de loyers pour ces baux ne peuvent dépasser l’encadrement applicable dans les zones concernées. 

En outre, nos services ont porté une attention au respect des obligations d’information précontractuelle, un point de vigilance essentiel dans un secteur où les réservations de logement en ligne sont une pratique courante, souvent sans même avoir visité physiquement le bien au préalable. 

Si la location est inférieure à 8 mois et contractée à distance, l’information précontractuelle doit notamment inclure : 

  • le montant des frais de dossier, 
  • la description précise du bien loué, 
  • les caractéristiques essentielles du bail et la mention du droit de rétractation (avec fourniture du formulaire adéquat). 

La communication du modèle de contrat de bail doit également intervenir avant tout versement de frais de réservation.

Une vigilance renforcée

Ces nouvelles offres locatives tirant parfois avantage d’un flou dans l’esprit des consommateurs quant aux règles applicables, nous maintenons notre mobilisation pour éviter le développement de pratiques préjudiciables aux consommateurs dans le secteur du coliving. 

Nous appelons les candidats locataires à la vigilance face à ce type d’offres et les encourageons, autant que possible :

  • à visiter le bien préalablement, 
  • à demander toutes les précisions sur les services proposés, 
  • à demander le détail des prix, 
  • à se faire communiquer le modèle de contrat avant tout versement d’argent.