Contrôle de la composition nutritionnelle des préparations pour les nourrissons

La DGCCRF a contrôlé en 2019 la composition nutritionnelle et la qualité de la déclaration nutritionnelle des préparations pour nourrissons et des préparations de suite. Si la composition nutritionnelle des produits est globalement bien maîtrisée par les professionnels, un réel effort doit être accompli sur la qualité de la déclaration nutritionnelle.

©Pexels Sarah Chai

Les préparations pour nourrissons et préparations de suite (voir encart ci-contre) sont des denrées alimentaires particulières : elles concernent un public sensible, les enfants de moins d’un an. Afin de tenir compte de la fragilité de ce public et de ses besoins nutritionnels très spécifiques, la réglementation encadre précisément leur composition. L’enquête, menée en 2019, avait pour objectif principal de contrôler le respect des règles de composition applicables à ces préparations (cf. encart ci-contre).

En effet, le respect des critères de composition est de première importance. Les enfants de moins d’un an ont des besoins nutritionnels qui ne peuvent être remplis que par le lait maternel ou par des denrées spécialement formulées dans ce but. Cette caractéristique est d’autant plus importante qu’en dessous de 6 mois, les nourrissons non allaités sont exclusivement nourris de ce type de préparation. Cette boisson doit donc impérativement leur apporter tous les nutriments nécessaires à leur croissance et à leur développement.

Deux types de préparations pour les bébés
Les préparations pour nourrissons sont destinées à être utilisées pour l’alimentation des nourrissons pendant les premiers mois de leur vie. Elles répondent à elles seules à leurs besoins nutritionnels jusqu’à l’introduction d’une alimentation complémentaire appropriée.
Les préparations de suite sont des denrées destinées à l’alimentation des nourrissons lorsqu’une alimentation complémentaire est introduite. Elles constituent le principal élément liquide d’une alimentation progressivement diversifiée.

La composition de la plupart des produits contrôlés est conforme à la réglementation

Les enquêteurs ont contrôlé 45 établissements, au stade de la production, en grande distribution et en circuit pharmaceutique, et prélevé 43 échantillons. Il s’agissait de préparations en poudre à reconstituer dans l’eau selon les recommandations indiquées par le fabricant et de préparations liquides à consommer telles quelles.

Pour chacun des prélèvements, les techniciens ont effectué 115 analyses concernant une soixantaine de paramètres (teneur en énergie, composition en macronutriments tels que les protéines et les matières grasses, et en micronutriments tels que les vitamines et les minéraux). Les enquêteurs ont confronté la composition réelle des produits (déterminée par analyse) d’une part aux règles de composition fixées par la réglementation, et d’autre part à la composition annoncée sur l’étiquette

Après analyse, 35 échantillons, soit 81 %, n’ont révélé aucune anomalie de composition.

Huit prélèvements présentaient un écart entre les teneurs imposées en certains nutriments et les teneurs constatées. Dans six cas l’anomalie concernait un seul des plus de 60 nutriments contrôlés. Dans les deux autres cas, les anomalies concernaient trois des nutriments contrôlés.

Des progrès à réaliser pour respecter les obligations relatives à la déclaration nutritionnelle

L’enquête visait également à contrôler la qualité de la déclaration nutritionnelle (cf. encart ci-contre). Sur les 43 produits contrôlés, 84 % comportaient des anomalies d’étiquetage. 31 prélèvements présentaient des anomalies au niveau de la déclaration nutritionnelle uniquement, tandis que 5 présentaient des anomalies de déclaration nutritionnelle associées à des anomalies d’étiquetage général (non indication de la liste d’ingrédients sur un site de vente en ligne, déclaration des huiles végétale de manière imprécise et de nature à induire le consommateur en erreur…)   

Les anomalies portaient sur 1 à 15 nutriments selon les cas, avec une moyenne de 4 nutriments concernés.

Aucune absence de déclaration nutritionnelle n’a été relevée sur les produits. En revanche, deux entreprises ne faisaient pas figurer cette déclaration sur leur site internet.

La déclaration nutritionnelle, pour mieux informer le consommateur
Le règlement INCO a renforcé les règles d’étiquetage au niveau européen pour permettre aux consommateurs de connaître la composition nutritionnelle de la majorité des denrées préemballées et devenir, ainsi, acteurs de leur santé de manière plus éclairée.
La réglementation impose des critères stricts de présentation de la déclaration nutritionnelle afin de permettre au consommateur de comparer facilement les denrées alimentaires entre elles. Celle-ci doit être présentée sous la forme d’un tableau et doit être exprimée obligatoirement, pour 100 g ou 100 ml, dans les unités de mesure en valeurs fixées pour l’énergie ou les nutriments (par exemple, « sucres : 12 g pour 100 g de produit »).

Suites données à l’enquête

Des anomalies ont été relevées au sein de 8 des 45 établissements visités lors de l’enquête. Sept ont fait l’objet d’un avertissement. Un fait l’objet d’un avertissement associé à une injonction. Une amende administrative a également été prononcée à l’encontre d’une entreprise dont les autocontrôles avaient déjà mis en évidence des anomalies similaires à celles relevées lors du contrôle, sans qu’elles ne soient corrigées.  

Des stratégies pour se conformer aux nouvelles réglementations

L’enquête a également permis de mieux connaître les moyens mis en œuvre par les entreprises pour définir le contenu de la déclaration nutritionnelle : évaluation du contenu du produit par les services « recherche et développement » ou « qualité » par exemple, à partir de documents de bibliographie et de fiches techniques, réalisation de tests avec analyse lors de la production, mise en place d’un plan de contrôle avec des analyses permettant par exemple de connaître la composition de chaque lot de produit fini.

Par ailleurs, l’évolution réglementaire  a parfois conduit à d’importantes modifications des procédés de fabrication, voire à la restructuration des appareils de production. Les professionnels ont cherché à répondre à leurs nouvelles obligations : intégrer des quantités plus importantes d’acide docosahexaénoïque (le DHA est un acide gras appartenant à la famille des Omega-3) et modifier les teneurs en vitamine D.

L’enquête a montré que les règles de composition sont respectées

L’enquête a permis de montrer que, dans la majorité des cas, les préparations pour nourrissons et les préparations de suite respectaient les règles de composition imposées par la règlementation. En revanche, des manquements relatifs à la déclaration nutritionnelle ont été constatés. Ce secteur reste donc sous surveillance.

Cible

45 établissements contrôlés
43 prélèvements analysés

Résultats

Taux de non-conformité de la composition : 9 %
Taux de non-conformité de la déclaration nutritionnelle : 84 %
8 avertissements
1 injonction

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