Tracfin en podcasts
Tracfin propose une série de podcasts présentant ses métiers et ses missions à travers ceux qui en parlent le mieux, ses propres agents.
Bienvenue dans « HABILITÉ.E.S », le podcast de Tracfin. Écoutez les 3 saisons disponibles !
HABILITÉ.E.S, le podcast de Tracfin : Agathe et Marc, apprentis devenus agents de Tracfin
Voix-Off: [00:00:02] Au cœur du ministère de l'Économie et des Finances, un service est chargé de lutter contre la criminalité économique et financière, contre la fraude aux finances publiques et de défendre les intérêts fondamentaux de la nation. Ce service, c'est Tracfin. Ses 230 agents, femmes et hommes aux compétences multiples, enquêtent et analysent les flux financiers suspects. Tous HABILITÉ.E.S au secret défense, ils travaillent au quotidien pour faire parler l'argent. Mais qui sont-ils vraiment ? Après deux premières saisons, découvrons de nouveaux métiers de ce service très discret et voyons comment rejoindre ses rangs.
Habillage sonore: [00:00:39] HABILITÉ.E.S, un podcast proposé par Tracfin.
Voix-Off: [00:00:46] Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec deux agents de Tracfin, Marc et Agathe. Ils sont tous jeunes, âgés respectivement de 24 et 25 ans, et ils sont arrivés en tant qu'apprentis chez Tracfin. Ils ont depuis été définitivement recrutés et sont aujourd'hui des agents de renseignement. Bonjour Agathe, bonjour Marc.
Agathe: [00:01:03] Bonjour.
Marc: [00:01:04] Bonjour.
Voix-Off: [00:01:04] Alors, qui êtes-vous ?
Agathe: [00:01:05] Ben oui, du coup moi c'est Agathe et je suis enquêtrice spécialisée dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Marc: [00:01:11] Moi c'est Marc. Je travaille au sein du DSI, le département en charge des systèmes d'information de Tracfin.
Voix-Off: [00:01:16] Alors, puisque moi aussi je suis bien renseigné, je sais qu'avant de devenir agent, vous avez été en alternance chez Tracfin. Quels sont vos parcours universitaires ? Racontez-nous comment ça s'est passé, comment vous en êtes arrivés là ?
Agathe: [00:01:28] Pour ma part, j'ai fait un master à Sciences Po et plus particulièrement un cursus axé sur la finance. Et dans le cadre de mon master 2, il fallait que je cherche une alternance. Donc j'ai naturellement regardé sur internet ce que je trouvais et je voulais travailler dans la fonction publique. Et donc je suis tombée sur le site pass.gouv, qui est le portail dédié pour les stages et les alternances au sein du ministère et de la fonction publique. Et à vrai dire, malgré mon cursus dans la finance, je ne connaissais pas Tracfin. Et quand j'ai postulé, je ne savais pas du tout où j'allais atterrir. Mais je me suis vite rendu compte que ce n'était pas un service comme les autres. [00:02:00] Voilà. Une petite anecdote, je suis arrivée en même temps que Marc, donc on fait partie de la première salve d'alternants du service, ce qui aujourd'hui est plutôt normal, chaque année il y en a, mais pour le coup, c'était assez nouveau à l'époque.
Marc: [00:02:12] Et puis moi j'ai un profil plutôt classique dans l'informatique. J'ai un BTS, une licence pro et deux années de master faites en alternance, du coup, à Tracfin. J'ai découvert Tracfin avec une fiche d'alternance qui était sur passerelle également, comme l'a dit Agathe, et c'est en tapant les mots clés qui correspondaient à ce que je cherchais, une alternance en informatique, que j'ai pu trouver cette fiche de poste.
Voix-Off: [00:02:35] Qu'est-ce qui vous a donné envie de postuler chez Tracfin ?
Agathe: [00:02:38] Initialement, moi ce sont vraiment les missions. Donc faire un travail qui a du sens et travailler pour l'intérêt général, c'est vrai que c'est ça qui m'a attirée au début. Même si dans la fiche de poste initiale, toutes les informations n'étaient pas données. Donc on découvre un petit peu quand on arrive dans le service. Et une fois qu'on y est, c'est vrai que c'est une position unique. Il y a vraiment un côté excitant de voir que ce qu'on fait porte ses fruits, notamment avec les retombées presse. Quand on travaille sur des cibles et qu'on voit que ces cibles, sur lesquelles on a travaillé, sont condamnées, c'est hyper valorisant et ça concrétise vraiment l'impact du service et de nous, ce qu'on fait au quotidien.
Marc: [00:03:12] Alors ce qui m'a donné envie de postuler, c'est tout d'abord sur la fiche de poste de mon alternance, des éléments assez flous volontairement, qui parlaient d'un SI classifié. Et on découvre, après entretien téléphonique, des équipements uniquement vus en cours de façon théorique, qui permettent le traitement de données confidentielles spécifiques aux services de renseignement.
Voix-Off: [00:03:30] Donc il y a un côté excitant ?
Marc: [00:03:32] Tout à fait.
Voix-Off: [00:03:33] Alors, aujourd'hui, la période de l'alternance est terminée. Vous êtes des agents recruté·e·s, habilité·e·s. De quoi on parle quand on parle d'habilitation ?
Agathe: [00:03:42] Alors, c'est un gros morceau. L'habilitation, c'est en fait une enquête administrative qui est faite par le ministère de l'Intérieur au moment du recrutement. Et en fait, elle sert à vérifier que la personne qui doit être recrutée, donc qui pourrait avoir accès à des informations sensibles, confidentielles, que cette personne, en fait, elle ne présente pas de vulnérabilités particulières, notamment au regard de [00:04:00] ce qu'on appelle « le secret de la défense nationale ». En gros, il faut s'assurer que la personne est fiable et qu'elle ne risque pas de faire l'objet de pression ou de chantage, que ce soit à cause de sa situation personnelle, de ses fréquentations ou de son passé. C'est vraiment une question de sécurité pour la personne, ses collègues, le service, ses missions, ses données. C'est parce que l'habilitation est réalisée que le délai de recrutement est long dans les services de renseignement. Donc quand on postule à Tracfin, comme dans un autre service, il ne faut pas s'attendre à commencer dans deux semaines. L'habilitation, elle dure plusieurs mois, et du coup, il faut s'attendre à ça avant de rejoindre le service.
Voix-Off: [00:04:32] Et alors, ça fait quoi, Marc, à peine sorti de l'école, de se retrouver à travailler dans un service de renseignement ?
Marc: [00:04:38] Il y a une grosse responsabilité vis-à-vis de la sécurité, mais je ne me suis pas senti avec un énorme poids sur les épaules, honnêtement. Ce qui m'a beaucoup aidé au début, c'est l'accompagnement de mon tuteur en alternance. On n'était vraiment pas lâchés comme ça dans un service de renseignement quoi.
Voix-Off: [00:04:53] D'accord. Et pour vous, Agathe ?
Agathe: [00:04:54] Et pour ma part, oui c'est vrai que ça claque, je trouve, de travailler dans un service de renseignement quand on est encore en études, de travailler pour ce genre de missions et dans un service comme celui-là. Même si bien sûr on ne peut pas en parler autour de nous, mais ça, ça rend aussi le côté excitant. Et au début, peut-être que ça peut paraître un petit peu vertigineux, en tout cas pour ma part c'était le cas. Marc comme moi, c'était notre premier job et du coup on a envie de bien faire. Mais comme il le rappelait bien, on est bien accompagnés, on est en alternance donc on a un tuteur.
J'étais assez étonnée du niveau de sécurité. C'est vrai qu'on ne s'y attend pas du tout et on n'a pas eu l'habitude de ça. Au début c'est impressionnant, mais c'est vrai qu'après coup ça devient presque banal. En fait, je pense qu'on démystifie le côté renseignement une fois qu'on y est depuis quelque temps, mais c'est aussi hyper intéressant de se rappeler des débuts.
Voix-Off: [00:05:36] Concrètement, aujourd'hui c'est quoi votre quotidien ? Quel est votre métier ?
Agathe: [00:05:40] Je suis enquêtrice spécialisée dans la lutte contre la criminalité économique et financière. En gros, la matière première de Tracfin, ce sont les déclarations de soupçon que les professionnels, qu'on appelle les professionnels déclarants, nous envoient. Donc c’est 50 catégories de professionnels, il y a les notaires, les banquiers, les casinos, qui sont tenus par la loi de nous envoyer une déclaration s'ils ont des doutes sur [00:06:00] la nature de flux financiers auxquels ils ont affaire. Donc, des déclarations comme celles-là, on en reçoit des dizaines de milliers par an. Et moi, du coup, je repars de ces déclarations et je dois déterminer si les fonds sont d'origine licite ou illicite. C'est un vrai travail d'enquête. Donc je dois regarder si on dispose déjà d'informations sur la personne, contacter éventuellement des partenaires pour voir ce qu'ils ont de leur côté. Et je dirais que c'est comme reconstituer tout un puzzle à partir d'une pièce, ici la déclaration de soupçon initiale. Donc voilà, c'est passionnant et c'est mon métier.
Voix-Off: [00:06:27] Et vous, Marc, votre métier au quotidien ?
Marc: [00:06:29] Alors moi je suis à la fonction support dans le service en charge de l'informatique. Plus spécifiquement, la cellule sécurité. Donc mon travail est de définir les politiques de sécurité à mettre en place, mais aussi de les appliquer. Mon but est aussi d'accompagner les utilisateurs au travers de sensibilisations. Je fais également aussi de la partie plus technique avec du scripting et de la configuration de serveurs, du point de vue sécurité. J'ai un rôle de contrôle sur le dispositif en place et le but, en fait, est d'envisager les différents types d'attaques extérieures mais aussi intérieures. Et c'est ce qu'on appelle la cybersécurité défensive. On devient un petit peu parano, mais c'est super intéressant.
Voix-Off: [00:07:08] Ok, mais c'est quoi la cybersécurité au juste ?
Marc: [00:07:11] La cybersécurité, c'est protéger le système d'information en place. Comme toute administration, comme toutes les grandes entreprises également. Il y a une base de données sensibles. Ici, elle est vraiment très sensible, on parle d'un service de renseignement évidemment. Tout passe par l'informatique chez nous et notre responsabilité c'est de faire des tests et des simulations pour se protéger de tous ces risques-là en fait.
Voix-Off: [00:07:32] Un conseil pour ceux qui voudraient faire comme vous ?
Marc: [00:07:33] Et bien, postulez. Ce n'est pas réservé uniquement aux autres comme on pourrait le croire. On ne penserait pas à postuler un jour à un service de renseignement, mais c'est accessible si on a les compétences pour le poste.
Voix-Off: [00:07:43] Et vous Agathe ?
Agathe: [00:07:44] Exactement! Il ne faut pas hésiter à postuler, et ce, quelle que soit sa formation initiale. C'est vrai qu'à Tracfin, on est 230, la moitié sont enquêteurs ou analystes, mais l'autre moitié, ils occupent des fonctions supports, donc des techniciens, des conseillers RH, la communication. Donc il y [00:08:00] a beaucoup d'opportunités, et même si vous n'êtes pas spécialisés dans la finance, il faut regarder les offres.
Voix-Off: [00:08:06] Merci à tous les deux, Agathe et Marc, d'être venus nous présenter votre quotidien et vos missions chez Tracfin. Retrouvez cet épisode d'HABILITÉ.E.S et tous les autres sur les différentes plateformes de podcast. Et si les métiers de Tracfin vous intéressent, sachez que les offres d'emploi sont relayées sur la page LinkedIn de Tracfin, mais aussi sur les sites d'offres d'emplois publics : passerelles.economie.gouv.fr ou sur choisirleservicepublic.gouv.fr. À bientôt!
Habillage sonore: [00:08:38] HABILITÉ.E.S, un podcast proposé par Tracfin.
Voix-Off: [00:00:02] Au cœur du ministère de l'Économie et des Finances, un service est chargé de lutter contre la criminalité économique et financière, contre la fraude aux finances publiques et de défendre les intérêts fondamentaux de la nation. Ce service, c'est Tracfin. Ses 230 agents, femmes et hommes aux compétences multiples, enquêtent et analysent les flux financiers suspects. Tous HABILITÉ.E.S au secret défense, ils travaillent au quotidien pour faire parler l'argent. Mais qui sont-ils vraiment ? Après deux premières saisons, découvrons de nouveaux métiers de ce service très discret et voyons comment rejoindre ses rangs.
Habillage sonore: [00:00:38] HABILITÉ.E.S, un podcast proposé par Tracfin.
HABILITÉ.E.S, le podcast de Tracfin : Steeve, adjoint au responsable du service informatique
Voix-Off: [00:00:02] Au cœur du ministère de l'Économie et des Finances, un service est chargé de lutter contre la criminalité économique et financière, contre la fraude aux finances publiques et de défendre les intérêts fondamentaux de la nation. Ce service, c'est Tracfin. Ses 230 agents, femmes et hommes aux compétences multiples, enquêtent et analysent les flux financiers suspects. Tous HABILITÉ.E.S au secret défense, ils travaillent au quotidien pour faire parler l'argent. Mais qui sont-ils vraiment ? Après deux premières saisons, découvrons de nouveaux métiers de ce service très discret et voyons comment rejoindre ses rangs.
Habillage sonore: [00:00:38] HABILITÉ.E.S, un podcast proposé par Tracfin
Voix-Off: [00:00:43] Aujourd'hui, nous avons rendez-vous avec Steve, 35 ans. Il est adjoint au responsable du service informatique de Tracfin. Steeve, bonjour.
Steeve: [00:00:43] Bonjour.
Voix-Off: [00:00:50] J'imagine que dans un service comme Tracfin et à l'ère du numérique, les métiers de l'informatique sont à la fois nombreux et essentiels. Est-ce que vous pouvez nous présenter les différents profils qu'on retrouve au sein de vos équipes ?
Steeve: [00:01:02] La particularité de Tracfin, c'est qu'on a tous les métiers de l'informatique pour répondre au mieux à nos spécificités. Le premier métier qu'on va avoir, c'est le technicien qui va venir vous aider à brancher votre souris, votre webcam ou votre casque à la première visio que vous voudrez monter. Ensuite, on a des métiers un peu plus techniques : les ingénieurs systèmes, les ingénieurs réseaux, nos chefs de projet qui permettent la conception de nos applicatifs avec un focus sur, maintenant, ce qu'on appelle des Product Owners, qui sont les chefs de projet en méthodologies agiles. Des développeurs qui transcrivent ce qu'ont défini les chefs de projet.
Ensuite, spécificité de Tracfin, on est un service sensible, donc la sécurité informatique, c'est le cœur de nos réflexions à chaque outil. Donc tous les métiers de la cybersécurité, les ingénieurs, les responsables qui vont pouvoir appuyer une analyse. Et enfin, comme on le voit maintenant dans nos sociétés modernes, la data. Tous les métiers de la data sont intégrés à Tracfin, donc data scientist, data ingénieur, data analyst. C'est ce qui nous permet maintenant de vraiment pousser nos analyses.
Voix-Off: [00:01:54] Oui, on imagine bien que face à une masse de données toujours plus importante, les métiers de la data jouent aujourd'hui un rôle [00:02:00] clé dans le traitement des données.
Steeve: [00:02:02] Il y a un exemple que je prends souvent en présentation du service. On recevait des déclarations de soupçon par papier il y a encore quelques années. Maintenant, tout est numérisé. C'est l'année dernière, je crois, 200 000 déclarations de soupçon numériques qui sont arrivées et qui doivent être traitées, analysées. Donc là, le data scientist, le data analyst a une vraie force parce qu'en fait il est et à la conception et à l'aide à l'enquête. C'est lui qui va amener une expertise, pour un analyste, quand il va se retrouver face à une quantité de données assez importante qu'on va avoir dans nos bases. Donc, c'est une vraie spécificité d'être au contact du métier pour pouvoir être force aussi d'aide dans l'analyse. C’est ce qui nous donne cette motivation à continuer à développer notre système d'information, donc l'environnement numérique du service, et c'est ce qui motive nos équipes, c'est de voir la réussite du service parce que nos outils numériques sont efficaces.
Voix-Off: [00:02:45] Quels sont les outils que vous utilisez ? Alors j'imagine que ce ne sont pas les outils de monsieur et madame tout le monde. Vous avez des outils spécialisés pour, peut-être, des raisons de sécurité, de confidentialité, de souveraineté opérationnelle.
Steeve: [00:02:57] Alors, on a une hétérogénéité d'outils au sein du service. On a des outils dits « maison » parce qu'on les a développés nous-mêmes et selon nos propres besoins. Mais on achète aussi des outils sur étagère parce qu'en fait, la complexité des outils fait que certaines sociétés ont plus de capacités que nous pour développer ces types d'outils. Donc ça répond aussi à des besoins d'acheter directement auprès d'industriels. Dans le cas d'usages de nos outils, en fait, on n'a pas de spécificité, c'est-à-dire que l'outil va aussi bien traiter de la lutte contre le blanchiment de capitaux que de la lutte contre le financement terrorisme. Ce qui compte, c'est ce que fait l'analyste de cet outil, c'est-à-dire c'est lui qui va orienter l'outil selon sa spécialité et selon son besoin pour pouvoir fournir une analyse.
Voix-Off: [00:03:32] Et comment vous décidez entre développer en interne ou passer par un prestataire ? J'imagine que ça dépend à la fois des besoins métiers, mais aussi des questions de sécurité, de souveraineté.
Steeve: [00:03:41] La question qui vient derrière les outils, c'est notre souveraineté, comme vous l'avez dit, et aussi la sécurité qu'on va rechercher. Donc ça, ce sont des vrais enjeux pour nous et on ne peut pas prendre l'outil comme ça, sans vérifier qu'il répond bien à des normes de sécurité et n'expose pas notre donnée à n'importe qui. Donc il faut être prudent avec la sécurité, toujours maintenir une question de souveraineté [00:04:00] aussi par rapport à nos outils et toujours réfléchir à l'utilité par rapport aux risques qu'ils représentent. Donc, au quotidien, on a toujours ces questions qui sont présentes pour mener à bien, en fait, les besoins métiers dans ce contexte spécifique qu'est Tracfin.
Voix-Off: [00:04:13] Steeve, est-ce que vous avez des exemples concrets d'utilisation des outils par vos collègues dans le cadre des missions qui leur sont confiées ?
Steeve: [00:04:20] Alors des exemples concrets, je ne pourrai pas forcément vous les donner, mais on a historiquement développé deux typologies d'outils : un premier outil de collecte de données qui nous permet d'alimenter nos autres outils, et un outil de suivi de ce que c'est qu'une analyse qui permet d'avoir un cadre global de traitement des données que l'on reçoit. C'est par ces outils qu'en fait on reçoit toutes nos données tous les jours et par lesquels on peut suivre l'activité de Tracfin. Forcément, face à l'évolution de nos métiers, on a aussi, depuis maintenant quelques années, fait évoluer ces outils pour ajouter plus de, on va dire de services, avec par exemple des outils d'indexation. On va indexer pour aller chercher une information dans nos bases plus facilement et de manière plus efficace.
On va voir aussi des outils de graphiques relationnels. C'est comment on met en lien différentes informations pour pouvoir avoir une visualisation de schémas et apporter une analyse approfondie. J'aime bien cet outil moi, c'est quelque chose qui m'a toujours fait rêver : l'outil de graphes relationnels. On le voit dans pas mal de séries policières ou films policiers. C'est toujours par là qu'on arrive à voir les liens qui se créent. Encore plus dans la matière financière puisque là, on a des données numériques. Mais c'est ce type d'outil, en fait, qui est vraiment assez intéressant à mettre en œuvre et à voir exploité par un analyste. Et c'est ce qui donne vraiment, quand on n'est pas expert, ce qui donne une compréhension plus facile de la matière et de l'analyse qui est faite par le service.
Voix-Off: [00:05:35] Alors en ce moment, on entend beaucoup parler de l'intelligence artificielle, on l'utilise chez Tracfin ?
Steeve: [00:05:41] Alors Tracfin, je ne vais pas dire qu'a anticipé l'IA. Mais depuis 2016, on a effectivement des IA, ce qu'on appelle « historique » au service, qui nous permettent de catégoriser, de traiter plus facilement les données qu'on reçoit au quotidien. On avait déjà anticipé le bénéfice des IA.
Voix-Off: [00:05:53] Quels sont les profils recherchés aujourd'hui pour travailler au sein des services informatiques de Tracfin ?
Steeve: [00:05:57] Peut-être pour préciser un peu le contexte de Tracfin, [00:06:00] son service informatique c'est une trentaine de personnes. Sur 200, c'est petit et gros à la fois. On recherche tous les profils. Clairement, tous les gens qui auront une spécificité, une connaissance, une expertise sont vraiment recherchés et sont les bienvenus à Tracfin. Point assez important, on essaie depuis un an de monter une équipe de développement, parce que certaines complexités administratives font que le développement d'outils prendra plus de temps par un marché public que par une équipe de développeurs. Donc c'est un peu notre enjeu de demain, c'est d'arriver à monter cette équipe pour aller vraiment développer des outils spécifiques à la mission de Tracfin et pouvoir redonner de nouvelles capacités d'analyse. Après, bien entendu, clairement, en tant qu'adjoint, je vois les recrutements : tous les métiers sont nécessaires et on a cette nécessité d'avoir des experts qui font fonctionner le système. Parce que sans système, le service ne tourne pas.
Et enfin, dernier point sur nos métiers. Bien entendu, comme nos collègues analystes, on est, on est, on est un peu dans la confidentialité, donc c'est difficile au quotidien des fois d'expliquer ce qu'on fait, mais c'est aussi une nécessité pour notre métier. Tout agent qui va nous rejoindre sera habilité au secret de la défense nationale. Donc c'est un enjeu aussi puisqu’on manipule des données vraiment sensibles. Et c'est aussi des fois des choses qui font qu’un ingénieur trouvera un peu plus, on va dire, de challenge intellectuel pour concevoir un système qui lui permettra de traiter cette sensibilité de la donnée.
Voix-Off: [00:07:16] En conclusion, Steeve, comment postuler chez Tracfin ?
Steeve: [00:07:19] Alors plusieurs choix. Les sites d'offres officiels du ministère sur lesquels vous pouvez trouver nos offres. La page LinkedIn du service, où vous pouvez envoyer vos CV. Pour les jeunes étudiants, on fait le tour des écoles d'ingénieurs, donc n'hésitez pas, quand on viendra vous présenter le service, à candidater chez nous pour des stages ou des apprentissages.
Donc aujourd'hui, on a une dizaine de postes ouverts au sein du service informatique, donc si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à venir chez nous, vous aurez des opportunités en termes de spécialités, de contextes techniques et d'évolutions qui sont vraiment hyper intéressantes.
Voix-Off: [00:07:48] Merci Steeve d'être venu nous présenter votre quotidien et vos missions chez Tracfin où vous êtes adjoint au responsable du service informatique. Retrouvez cet épisode d'HABILITÉ.E.S et tous les autres [00:08:00] sur les différentes plateformes de podcast. Et si les métiers de Tracfin vous intéressent, sachez que les offres d'emploi sont relayées sur la page LinkedIn de Tracfin, mais aussi sur les sites d'offres d'emplois publics : passerelles.economie.gouv ou sur choisirleservicepublic.gouv.fr. À bientôt.
Habillage sonore: [00:08:22] HABILITÉ.E.S, un podcast proposé par Tracfin.
HABILITÉ.E.S, le podcast de Tracfin : Julian, enquêteur spécialisé dans les crypto-actifs
Voix-Off: [00:00:43] Dans ce nouvel épisode d'HABILITÉ.E.S, je vous présente Julian, 37 ans. Il est enquêteur spécialisé dans les crypto-actifs. Les crypto-actifs, c'est un véritable phénomène en plein essor depuis quelques années. Tout le monde en parle, mais ça attire aussi évidemment les fraudeurs et autres criminels. Et nous allons en parler avec Julian, bonjour.
Julian: [00:01:00] Bonjour.
Voix-Off: [00:01:01] En quoi consiste ce métier d'enquêteur spécialisé ?
Julian: [00:01:04] Mon métier, c'est avant tout un métier d’investigateur financier. C'est-à-dire que je vais identifier et tracer des flux criminels financiers. Mais ces flux financiers sont aussi présents sur la blockchain. Donc mon expertise particulière, elle est axée sur le suivi des transactions en crypto-actifs sur la blockchain.
Voix-Off: [00:01:20] Alors, qu'est-ce que c'est que 1. Les crypto-actifs et 2. La blockchain ?
Julian: [00:01:24] La blockchain, c'est une technologie décentralisée qui va permettre d'échanger des valeurs ou des informations entre utilisateurs. On parle de décentralisation puisqu'il n'y a pas d'autorité centrale qui est chargée du contrôle ou du fonctionnement de ce réseau, qui s'appuie uniquement sur ses utilisateurs. Cette blockchain va prendre la forme d'un grand registre comptable numérique, qui va être partagé par des millions d'ordinateurs, et toutes les transactions, depuis l'origine, vont être enregistrées. Ce registre va être composé de pages, chaque page étant constituée de plusieurs transactions, on appelle ça un bloc. Et chaque page va être reliée à la page précédente, constituant une chaîne. C'est pour ça qu'on parle de blockchain. Les crypto-actifs, ce sont des actifs numériques qui s'appuient sur cette blockchain.
Voix-Off: [00:02:02] Mais du coup, au départ, c'était quoi l'idée derrière les crypto-actifs ?
Julian: [00:02:09] À l'origine, les crypto-actifs ont été créés pour offrir une nouvelle forme de monnaie décentralisée en dehors de tout contrôle ou de toute gestion, par une banque, par une banque centrale ou par un État. L'idée, en fait, c'était de permettre des transactions qui soient à la fois sécurisées, qui soient rapides, qui soient sans intermédiaire, tout en garantissant et la confidentialité et la transparence grâce à la technologie blockchain.
Voix-Off: [00:02:26] Et aujourd’hui, à quoi ça ressemble concrètement l’univers des crypto-actifs ?
Julian: [00:02:29] Les crypto-actifs sont un phénomène relativement nouveau qui apparaît en 2009 avec le Bitcoin. Et à l'heure actuelle, on recense plusieurs milliers d'actifs différents qui peuvent être échangés sur les blockchains. Alors c'est vrai que beaucoup de personnes ont encore une image assez négative de la blockchain, qu'on associe assez souvent à la vente de produits illégaux sur le darknet notamment. Mais c'est une vision assez réductrice puisque l'essentiel des activités qui se passent sur la blockchain avec des crypto-actifs est légitime. Ceci étant, l'enquêteur crypto, lui, va se focaliser sur ce côté obscur de la blockchain et son utilisation à des fins frauduleuses ou criminelles.
Voix-Off: [00:03:03] Comment expliquer que les crypto-actifs soient devenus un vecteur aussi prisé des criminels ? Et quels sont les différents types de fraudes les plus courants que vous pouvez rencontrer ?
Julian: [00:03:11] D'une part, c'est relativement facile d'utiliser les crypto-actifs et les transactions se font de manière immédiate. D'autre part c’est, on l'a dit tout à l'heure, un milieu décentralisé qui dit décentralisé dit absence d'organes de régulation, absence d'organe central pour le contrôler. Et pendant longtemps, c'était un secteur qui était non régulé. Ça commence à se développer aujourd'hui. Donc les crypto-actifs, aujourd'hui, vont être utilisés comme d'autres utilisent des paradis fiscaux. Au départ, alors qu'il était cantonné au monde cybercriminel, l'usage frauduleux des crypto-actifs, au fur et à mesure de la démocratisation de la blockchain, s'est répandu. Et aujourd'hui, il vous suffit d'un ordinateur, d'une bonne connexion, quelques tutoriels pour être en mesure d'utiliser de manière frauduleuse des crypto-actifs.
Il y a différents types de fraudes, différentes utilisations qu'on peut faire si on est malintentionné. On peut acheter des biens illicites sur le darknet. On peut acheter des produits stupéfiants, des armes. On peut acheter aussi malheureusement des contenus pédocriminels. Il est possible de financer des réseaux terroristes, d'effectuer des opérations de blanchiment d'argent.
Voix-Off: [00:04:12] Est-ce qu'il y a des phénomènes récents ou des phénomènes en croissance qui vous marquent particulièrement et dont vous pourriez nous parler ?
Julian: [00:04:18] Une des tendances à laquelle on assiste actuellement, c'est le développement des escroqueries aux placements crypto. Il s'agit de projets d'investissement, d'acquisitions de crypto-actifs, qui présentent des promesses de rendements importants, voire surréalistes. Souvent, ce sont des projets, par exemple, qui peuvent être lancés par un influenceur qui vit dans un pays exotique. Cet influenceur va profiter de sa présence sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de son projet. Et le projet en question va permettre de collecter plusieurs centaines de milliers d'euros en quelques semaines. Et lorsque les fonds collectés ont été suffisants, la personne ou les personnes derrière ce projet vont tout simplement disparaître et laissant les victimes avec uniquement leurs yeux pour pleurer. J'enquête aussi sur ce type d'escroqueries, dont certaines peuvent être très sophistiquées et lucratives.
Voix-Off: [00:05:01] Alors justement, comment est-ce que vous enquêtez ? Quelles sont les méthodes que vous utilisez, en tout cas dans la mesure de ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui ?
Julian: [00:05:06] C'est relativement simple. On va suivre les flux sur la blockchain, qu'on appelle les transactions. On va s'appuyer d'une part sur des outils spécialisés qu'on nomme explorateurs blockchain. D'autre part sur les informations qui sont disponibles sur Internet en sources ouvertes. Et on va s'appuyer enfin sur nos connaissances un peu plus techniques en termes de code informatique.
Lorsque Bob, qui est notre agent A, veut adresser à Alice, qui est notre agent B, des crypto-actifs, chacun va utiliser ce qu'on appelle une adresse. L'adresse, c'est un petit peu l'équivalent d'un RIB ou d'un IBAN, d'un compte bancaire. Bob et Alice vont donc chacun avoir une adresse qui est représentée par une suite alphanumérique, qui à priori n’est pas vraiment compréhensible du commun des mortels. Mais cette adresse et la transaction qui va relier l'adresse vont être inscrites dans la blockchain, elles vont pouvoir être retracées. Et l'objectif d'un enquêteur, c'est de pouvoir déterminer qui se cache derrière cette adresse.
Voix-Off: [00:05:59] Donc en fait si je comprends bien, chaque transaction laisse une trace qu’on peut suivre. Et ensuite, que faites-vous ?
Julian: [00:06:06] Nous allons aller sur la blockchain : on va utiliser des outils d'assistance qu'on appelle explorateur de blockchain. L'explorateur de blockchain va tout simplement servir à enrichir la donnée sur la blockchain et à faciliter cette identification. On parle de pseudonymat dans le cadre de la blockchain. C'est-à-dire que personne n'est anonyme, on est pseudonyme parce qu'on est représenté par justement cette suite alphanumérique. Et l'explorateur de blockchain va favoriser donc la désanonymisation ou le fait de pouvoir identifier nominativement cette personne.
Voix-Off: [00:06:37] Et quelles sont les suites que vous donnez aux fraudes que vous découvrez ?
Julian: [00:06:41] S'il s'avère que le soupçon initial est confirmé, il va y avoir la rédaction d'un rapport d'analyse, qu'on appelle note, qui va être transmis à certains de nos partenaires. Alors il peut s'agir de la DGFiP si jamais il y a un volet fiscal. Il peut s'agir d'autorités de régulation, il peut s'agir de différents partenaires au niveau national et en tout premier lieu la justice.
Il y a un aspect à ne pas négliger en ce qui concerne l'écosystème crypto, c'est la nature et la vigueur de la coopération internationale. On échange énormément avec nos partenaires étrangers. Il y a beaucoup d'acteurs qui sont à l'étranger, donc il y a beaucoup d'informations qui nous proviennent de nos homologues et il y a beaucoup d'informations que nous adressons à nos homologues. Il existe aujourd'hui des équivalents Tracfin dans 170 pays.
Voix-Off: [00:07:19] Ces notes doivent être très techniques ?
Julian: [00:07:21] Alors une des particularités d'une enquête crypto, c'est d'être en mesure de réaliser une note qui soit claire. Il y a un souci de pédagogie qui va être évident pour faire comprendre et clarifier l'univers crypto auprès de nos partenaires, afin de faciliter leur travail lorsqu'ils prennent le relais au niveau judiciaire, au niveau de l'enquête.
Voix-Off: [00:07:39] Comment est-ce qu'on devient enquêteur spécialisé dans les crypto-actifs ?
Julian: [00:07:44] À titre personnel, j'ai une formation juridique. J'ai intégré l'administration en tant qu'inspecteur des douanes, donc il n'y a rien qui me destinait à priori à m'intéresser au sujet des crypto-actifs, d'autant que la matière était encore balbutiante à l'époque. Il faut savoir qu'il n'y a aucune école ou formation universitaire qui forme à ce sujet en particulier. Mais comme certains de mes camarades, ça m'a paru évident de comprendre ce nouveau moyen de paiement. Par curiosité personnelle, pour tout ce qui touche aux nouvelles technologies, pour comprendre leur impact dans la vie quotidienne, mais surtout pour renouveler et enrichir l'investigation financière, en intégrant ce qui apparaît comme un nouveau vecteur à la fois prometteur et risqué.
À la même période, il y a une volonté du service de monter en gamme sur cette thématique de manière assez précoce. Actuellement, il faut savoir que devant la diffusion et la démocratisation des crypto-actifs, l'ensemble des agents du service a été sensibilisé à cette thématique. Aujourd'hui, Tracfin est devenu une référence en la matière, aussi bien au niveau national qu'international.
Et pour finir, je dirais qu'un enquêteur crypto, il a besoin aujourd'hui d'être curieux, d'être vigilant et d'être réactif. Et c'est ce que j'essaie de faire au quotidien.
Voix-Off: [00:08:49] Merci Julian d'être venu nous présenter votre quotidien et vos missions chez Tracfin. Retrouvez cet épisode d'HABILITÉ.E.S et tous les autres sur les différentes plateformes de podcast. Et si les métiers de Tracfin vous intéressent, sachez que les offres d'emploi sont relayées sur la page LinkedIn de Tracfin, mais aussi sur les sites d'offres d'emplois publics : passerelles.economie.gouv.fr ou sur choisirleservicepublic.gouv.fr. À bientôt !
Habillage sonore: [00:09:18] HABILITÉ.E.S, un podcast proposé par Tracfin.
HABILITÉ.E.S, le podcast de Tracfin : Axel, enquêteur spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d’argent dans les secteurs du jeu et du sport
00:00 Bienvenue dans cette deuxième saison d'Habilité, le podcast dédié aux femmes et aux hommes de
00:07 Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy. Dans la première saison, vous avez
00:13 découvert les portraits d'experts en OSINT et d'enquêteurs spécialisés dans le renseignement
00:18 économique ou encore le secteur de l'art. Pour cette nouvelle saison, nous donnons la parole
00:22 à de nouveaux spécialistes, qu'ils soient enquêteurs ou analystes référents, tous sont
00:27 habilités au secret défense et travaillent au service des Français. Bienvenue dans Habilité.
00:32 Habilité, un podcast proposé par Tracfin.
00:37 Aujourd'hui, c'est Axel que j'ai le plaisir d'interviewer, alors j'ai peu d'informations
00:44 sur lui. Je sais juste qu'il est enquêteur spécialisé dans la lutte contre le blanchiment
00:48 d'argent dans les secteurs du jeu et du sport. Et le voilà d'ailleurs qui m'appelle en numéro
00:55 masqué, bien entendu, puisqu'on parle à un agent d'un service de renseignement français.
00:59 Bonjour Axel. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui. On le sait,
01:04 l'actualité sportive de 2024 va être chargée et votre quotidien va certainement s'en ressentir.
01:09 Avant d'en parler, j'aimerais en savoir un peu plus sur vous. Racontez-nous comment
01:14 vous êtes devenu enquêteur chez Tracfin. Tout d'abord, je suis entièrement d'accord
01:18 avec vous. 2024 est une année exceptionnelle au niveau des événements sportifs. Surtout,
01:23 pour ma part, en tant que passionné de sport et enquêteur spécialisé dans ce domaine. Pour
01:28 revenir sur mon parcours professionnel, après des études de droit, j'ai intégré sur concours
01:33 l'administration fiscale, au sein de laquelle j'ai pu exercer le métier de vérificateur et
01:38 donc effectuer des contrôles fiscaux pendant plusieurs années. C'est dans ce cadre que
01:43 j'étais en contact régulier avec les pratiques de blanchiment et c'est à partir de là que j'ai
01:48 pu intégrer le service Tracfin. Aujourd'hui, quel est votre poste exact ? Aujourd'hui,
01:53 je suis enquêteur financier. Je travaille généralement sur les dossiers en lien avec
01:56 les jeux d'argent ou le sport. On peut dire que c'est une spécialisation pour moi. Et vous faites
02:01 quoi au quotidien ? Quelles sont vos missions ? Je suis amené à étudier les déclarations de
02:06 sous-somme faites par les déclarants que sont les opérateurs de jeux en ligne, les casinos et
02:13 clubs de jeux et les agences sportives éventuellement. Mon métier consiste tout
02:17 simplement à vérifier ou infirmer si le soupçon est avéré ou non. Et à partir de là, si le
02:22 soupçon s'avérait véritable, nous serions chargés d'éventuellement faire une externalisation auprès
02:28 de nos partenaires, que ce soit l'administration judiciaire ou d'autres partenaires administratifs.
02:35 Vous avez un exemple concret pour qu'on comprenne bien ? Oui, un exemple assez classique. Il s'agit
02:41 d'un rachat de ticket en point de vente physique. C'est très simple. Vous êtes un joueur régulier
02:47 ou non, vous misez sur votre équipe favorite et vous gagnez un gain supérieur à 300 euros. À partir
02:53 de là, quand vous voulez aller vous faire payer votre gain en point de vente, arrive un individu
02:59 qui va vous dire « je vous rachète votre ticket pour 310 euros ». Vous allez dire « je suis gagnant
03:05 dans l'histoire puisque au lieu d'encaisser mes 300 euros, je vais récupérer 310 euros et en plus
03:10 en espèces directement ». Ce geste anodin pour vous est un geste qui a permis à un blanchisseur
03:16 de blanchir des fonds. En effet, ce blanchisseur qui vous a proposé 310 euros pour acheter votre
03:22 ticket, les espèces qu'il vous a octroyées provenaient sans doute de blanchiments de stup
03:27 ou de travail dissimulé. À partir de là, ça va permettre au blanchisseur qui voudra encaisser
03:32 ses fonds de donner une apparence légale aux fonds qui étaient d'origine illicite.
03:37 Comment savez-vous à qui vous intéressez parce qu'il y a des milliers de joueurs et vous n'êtes
03:41 pas à tous les coins de rue pour vérifier les retraits de tickets gagnants ? C'est une très
03:45 bonne question puisqu'en réalité le service ne travaille qu'à partir des déclarations de
03:49 sous-sondes faites par les professionnels assujettis qui ont l'obligation de lutter
03:54 contre le blanchiment. Il y a pas moins de 48 professions assujetties. Parmi celles-ci,
04:00 nous retrouvons des déclarants comme ceux de mon secteur, c'est-à-dire les opérateurs de
04:04 jeu, qui sont déjà sensibilisés aux problématiques de rachat de tickets notamment,
04:09 et aux problématiques de blanchiment. Les critères de détection sont propres à ces
04:14 professionnels du coup. Tracfin est là aussi pour les accompagner au quotidien, pour améliorer sans
04:20 cesse ce partenariat public-privé qui a démontré jusqu'alors toute son efficacité. Vous nous
04:26 expliquez comment se déroule une enquête classique et quelles sont vos limites d'intervention ? Oui,
04:31 très simplement, nous recevons une déclaration de sous-sondes. Pour infirmer ou confirmer ce
04:36 sous-sondes, nous allons notamment utiliser un ensemble de données qui nous permettent de
04:41 caractériser ou non le sous-sondes et donc de transmettre in fine cette déclaration s'il y a
04:47 notamment une infraction auprès des autorités judiciaires. Vous travaillez seul ou vous êtes
04:52 en lien avec d'autres services ? Non, Tracfin n'est qu'un rouage de la lutte anti-blanchiment.
04:59 Il échange notamment régulièrement avec les services répressifs ou ses homologues étrangers.
05:04 La lutte contre le blanchiment est avant tout, à mon sens, un travail collectif. Pour le secteur
05:11 des jeux, nous échangeons également avec les autorités de contrôle que sont l'autorité
05:15 nationale des jeux pour les jeux en ligne et les jeux en point de vente physique, mais également
05:20 avec le service central des courses et jeux, le SSJ, qui lui va réguler en fait l'activité au
05:26 sein des clubs et casinos. Qu'est-ce que vous aimez dans votre quotidien ? Ce que j'aime dans
05:30 mon quotidien, c'est l'absence de routine. Même si en présence d'un cas de fraude déjà connu,
05:35 on peut se dire que le caractère routinier pourrait s'installer, en fait ce n'est pas
05:41 du tout le cas puisque chaque dossier est différent donc on ne s'ennuie vraiment jamais
05:45 et les fraudeurs, croyez-moi, sont toujours très très imaginatifs. Axel, si vous deviez parler de
05:50 votre métier à quelqu'un qui ne le connaît pas, vous lui diriez quoi ? Tout simplement,
05:54 c'est un travail qui apporte du sens à ce que l'on fait, un travail dans lequel on est une équipe
06:00 avant tout et un collectif et un travail pour lequel on va servir l'intérêt général. Avant
06:06 de se quitter et sans trahir le secret de vos enquêtes, vous pourriez nous parler d'un dossier
06:10 qui vous a marqué ? Oui, suite à un signalement bancaire, il est apparu qu'une personne exerçant
06:16 le métier de comptable percevait des fonds sur son compte bancaire de son employeur. Jusque-là,
06:21 rien ne paraissait anormal. Néanmoins, je me suis vite aperçu dans le cadre de mes investigations
06:26 que ces fonds ne correspondaient pas à une rémunération éventuelle de l'employeur pour
06:30 ce comptable mais en réalité il s'agissait de fonds détournés dans un unique but de financer
06:36 l'addition au jeu de ce comptable. Ça n'est suivi pour le comptable une condamnation pénale accompagnée
06:42 d'un suivi psychologique derrière. C'est la fin de cet épisode d'Habilité. Merci à Axel d'avoir
06:48 partagé avec nous son expérience. Retrouvez les autres épisodes sur toutes les plateformes de
06:53 podcast. Et si les métiers de Tracfin vous intéressent, rendez-vous sur passerelle au pluriel.economie.gouv.fr
07:01 le site de recrutement du ministère de l'économie et des finances ou
HABILITÉ.E.S, le podcast de Tracfin : Anne, enquêtrice spécialisée dans la lutte contre les fraudes aux finances publiques
00:00 Bienvenue dans cette deuxième saison d'Habilité, le podcast dédié aux femmes et aux hommes de
00:07 Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy. Dans la première saison, vous avez
00:12 découvert les portraits d'experts en OSINT et d'enquêteurs spécialisés dans le renseignement
00:16 économique ou le secteur de l'art. Pour cette nouvelle saison, nous donnons la parole à de
00:21 nouveaux spécialistes, qu'ils soient enquêteurs ou analystes référents, tous sont habilités au
00:26 secret défense et travaillent au service des Français. Bienvenue dans Habilité.
00:30 Habilité, un podcast proposé par Tracfin.
00:35 Aujourd'hui, je vous propose de découvrir le quotidien de Anne qui travaille sur l'une des
00:42 trois missions prioritaires de Tracfin, la lutte contre les fraudes aux finances publiques. Je me
00:47 demande ce qu'on entend exactement par là et je pense que c'est une des premières questions
00:51 que je vais lui poser. Ah justement, la voilà qui m'appelle. Bonjour Anne. Bonjour. Merci à vous
00:56 d'être avec nous aujourd'hui. Parlons pour commencer un peu de vous. Qu'avez-vous fait avant
01:01 de rejoindre Tracfin ? Eh bien, j'ai fait des études de droit qui m'ont amené à me spécialiser
01:06 en droit pénal et puis à passer, alors un peu par hasard au départ, le concours d'inspecteur
01:11 des douanes. Suite à cela, j'ai travaillé pendant cinq ans en service central en tant
01:16 que rédactrice. Et puis, ce travail a été particulièrement enrichissant, formateur. Mais
01:23 bon, au bout de cinq ans, j'ai décidé de changer de poste. Et comment avez-vous entendu parler de
01:27 Tracfin ? Alors en fait, les fiches de poste publiées par Tracfin étaient régulièrement
01:32 relayées auprès des agents des douanes. Et moi, personnellement, j'avais entendu parler un peu du
01:37 service, mais sans vraiment connaître ces missions, jusqu'à ce qu'un jour je découvre deux fiches de
01:43 poste pour des postes d'enquêteurs. Le premier poste avait du tout un profil généraliste et le
01:49 second plutôt orienté vers la lutte contre le financement du terrorisme. Dans tous les cas,
01:54 le travail avait l'air passionnant et donc j'ai décidé de tenter ma chance et de déposer ma
01:59 candidature. À quel poste avez-vous rejoint Tracfin et quel est celui que vous occupez aujourd'hui ?
02:03 En fait, lorsque j'ai intégré le service il y a plusieurs années maintenant, j'étais enquêtrice
02:08 au sein d'un département généraliste et depuis je suis enquêtrice au sein du département chargé
02:14 de la lutte contre la fraude aux finances publiques. Ah, mais qu'entend-on exactement par
02:19 fraude aux finances publiques ? La fraude aux finances publiques, c'est d'abord ne pas verser
02:24 à l'État de l'argent qui lui est dû, par exemple des impôts ou des cotisations sociales,
02:28 mais c'est aussi percevoir de l'État de l'argent qui est induit, comme des aides sociales ou des
02:34 subventions publiques. Depuis plusieurs années, ce qui nous préoccupe et nous occupe beaucoup,
02:39 c'est la hausse des détournements de dispositifs publics d'aides et de subventions qui sont versés
02:45 aux particuliers et aux entreprises. Détournements qui sont très souvent commis en bande organisée
02:50 et parfois connectés à des réseaux de blanchiment de fonds. Ça concerne quel dispositif par exemple ?
02:56 Cela peut concerner le dispositif CPF, le compte personnel de formation. Lors de la crise sanitaire
03:03 du Covid, c'était aussi le cas des fraudes aux fonds de solidarité et au chômage partiel.
03:08 Et puis depuis plusieurs années, nous faisons face à des fraudes massives qui impliquent des
03:14 dispositifs conçus pour assurer la transition écologique, comme la fraude aux certificats
03:19 d'économie d'énergie, qu'on appelle les C2E, mais également la fraude au dispositif MaPrimeRénov'.
03:24 MaPrimeRénov' est aujourd'hui la principale aide de l'État pour la rénovation énergétique des
03:30 logements. Et nous avons malheureusement constaté depuis plusieurs années que les fraudeurs multiplient
03:35 les faux dossiers pour obtenir de l'ANAH, de l'argent induit au titre du dispositif MaPrimeRénov'
03:40 qui ne sera finalement pas utilisé pour la rénovation énergétique. Et d'ailleurs, récemment,
03:46 j'ai personnellement travaillé sur un dossier impliquant un groupe de plusieurs sociétés qui
03:51 ont reçu plus d'un million d'euros de l'ANAH alors que ces sociétés n'avaient aucune activité
03:56 économique réelle. Et vous, du coup, quelles sont vos missions ? Alors en fait, comme mes autres
04:01 collègues enquêteurs, ma mission première c'est de traiter les déclarations et les informations de
04:06 soupçons que nous recevons des professionnels assujettis aux dispositifs de lutte contre le
04:11 blanchiment et le financement du terrorisme, comme les banques, les experts comptables, les notaires,
04:15 mais également d'autres administrations. Le but en fait, c'est de déterminer si le doute peut
04:21 être relevé ou non. À l'issue de l'enquête, si le doute ne peut pas être relevé, mais qu'au
04:26 contraire nous avons des éléments qui suggèrent l'existence d'une fraude possible ou d'un
04:31 potentiel élu, nous transmettons nos informations aux destinataires pertinents. Il peut s'agir d'un
04:37 parquet ou d'un service d'enquête, d'une autre administration, comme l'administration fiscale
04:42 ou la DGCCRF. Mais ça veut dire qu'à chaque nouveau dispositif public lancé par le gouvernement,
04:49 vous allez devoir trouver la nouvelle fraude qui est associée ? C'est l'idée, oui. En fait,
04:54 nous savons que les fraudeurs regorgent d'imagination et pour certains sont même
04:58 à la pointe de l'innovation concernant les nouveaux dispositifs d'aide et de financement
05:03 public. C'est pour ça que nous devons être le plus réactif et même anticiper lorsque c'est
05:08 possible. Et comment vous faites pour sécuriser les nouveaux dispositifs ? À notre niveau,
05:13 nous essayons d'abord de bien comprendre le dispositif, de savoir comment il fonctionne,
05:17 pour pouvoir mettre en place des critères d'alerte, et enfin maintenir des relations
05:22 de qualité avec les organismes payeurs ou ordonnateurs, comme l'ANAH dont je parlais
05:27 tout à l'heure, ou l'agence de services et de paiement. Ça passe aussi, pour nous,
05:32 par de très bons échanges avec les professionnels assujettis, les professions déclarantes,
05:36 pour par exemple les alerter de nouvelles typologies de fraude, et c'est justement le
05:41 travail de mes collègues référents chargés des relations avec les déclarants. Je dirais
05:46 qu'à court terme, si vous me permettez l'expression, le but, c'est de couper le robinet,
05:50 et à moyen terme, si nous le pouvons, d'aider les autorités à sécuriser ces dispositifs.
05:55 Si vous deviez donner trois adjectifs pour qualifier votre métier, ce serait quoi ?
05:59 Utile, exigeant et atypique.
06:03 Vous avez un dernier mot à ajouter sur votre métier avant de se quitter ?
06:06 Oui, j'aimerais dire que Tracfin, malgré son côté secret, est un service très fédérateur,
06:13 qui permet de rassembler des profils très différents, des fonctionnaires comme des agents
06:18 des douanes, des agents de l'administration fiscale, de la DGCCRF, mais aussi de jeunes
06:24 diplômés, d'anciens avocats, des gendarmes, et pour conclure, de très bons collègues
06:29 auprès desquels j'apprends tous les jours. C'est la fin de cet épisode de D'Habilité,
06:34 merci à Anne d'avoir partagé avec nous son expérience. Retrouvez les autres épisodes sur
06:40 toutes les plateformes de podcast, et si les métiers de Tracfin vous intéressent, rendez-vous
06:45 sur passerelle au pluriel.économie.gouv.fr, le site de recrutement du ministère de l'Économie et des
06:52 Finances, ou sur le site internet choisirleservicespublic.gouv.fr. Bonne journée à tous et à bientôt.
HABILITÉ.E.S, le podcast de Tracfin : Cédric, Analyste-référent
00:00 Bienvenue dans cette deuxième saison d'Habilité, le podcast dédié aux femmes et aux hommes de Tracfin,
00:08 le service de renseignement financier de Bercy. Dans la première saison, vous avez découvert
00:12 les portraits d'experts en OSINT et d'enquêteurs spécialisés dans le renseignement économique ou
00:17 le secteur de l'art. Pour cette nouvelle saison, nous donnons la parole à de nouveaux spécialistes,
00:22 qu'ils soient enquêteurs ou analystes référents, tous sont habilités au secret défense et travaillent
00:27 au service des Français. Bienvenue dans Habilité. Aujourd'hui, j'ai la chance de recevoir Cédric,
00:40 qui est analyste référent au sein de Tracfin. Il va nous expliquer en quoi ça consiste. Et
00:46 comme d'habitude, j'attends son appel puisque pour des questions de sécurité, je n'ai pas accès à
00:51 son numéro de téléphone. Ah, justement, le voici. Bonjour Cédric. Bonjour. Alors Cédric,
00:57 vous êtes analyste référent. Avant de nous expliquer ce que ça signifie,
01:01 parlons de vous. Racontez-nous votre parcours avant d'intégrer Tracfin.
01:05 J'ai eu un parcours universitaire classique. J'ai intégré d'abord l'administration des douanes à la
01:10 fin des années 90 en tant que contrôleur dans la branche orient, c'est-à-dire en uniforme. Donc,
01:15 je faisais essentiellement du contrôle de transport routier. Puis, après six ans dans
01:19 le nord de la France, j'ai décidé de passer le concours d'inspecteur des douanes. J'ai eu la
01:22 chance de le réussir. À l'issue de ma formation, j'ai d'abord travaillé à Roissy sur des contrôles
01:26 de Colis Trade Express. Puis, j'ai intégré la direction du renseignement douanier, où là,
01:30 j'ai décidé de me spécialiser plutôt dans le renseignement financier.
01:33 Et comment l'histoire a commencé entre Tracfin et vous ?
01:36 J'ai toujours été intéressé par la matière financière. C'est la raison pour laquelle,
01:40 en fait, j'avais décidé de me spécialiser si possible dans le renseignement financier à la
01:44 fin de mon poste douanier. Donc, grâce à ce dernier, j'avais déjà des contacts avec Tracfin. Et
01:49 l'intégration dans ce service, c'était un peu la suite logique de mon parcours professionnel.
01:52 Aujourd'hui, vous êtes analyste référent. Vous nous expliquez ce que ça veut dire ?
01:57 Je suis analyste référent dans une unité qui est en charge de la relation avec les
02:00 professionnels et qui est en charge également de l'orientation des informations que ceux-ci nous
02:04 envoient. Chaque jour, Tracfin reçoit des centaines de déclarations de soupçons de la
02:08 part de différentes professions qui sont tenues de le faire d'un point de vue réglementaire. Les
02:13 banques, les notaires, les experts comptables, les casinos, les transmetteurs de fonds. Ces
02:18 professions sont tenues de nous transmettre des déclarations de soupçons lorsqu'elles ont un
02:21 doute sur la régularité des opérations qu'elles voient. Donc, le rôle de mon unité, c'est d'analyser
02:27 ces informations, d'une part, et d'autre part, d'orienter les plus intéressantes selon des
02:32 critères qui nous ont été donnés vers d'autres départements à Tracfin qui vont être plutôt
02:38 chargés de réaliser les enquêtes. Donc, nous, en tant qu'analyste référent, on est le point de
02:42 contact principal du service avec chaque professionnel déclarant. On a vraiment des
02:47 échanges avec eux extrêmement concrets, opérationnels. Le but pour nous, c'est d'améliorer
02:52 la qualité des déclarations de soupçons qu'on reçoit de leur part. C'est vraiment essentiel
02:56 d'ailleurs dans la performance du dispositif SBFT. Pour ce faire, on leur diffuse un maximum
03:01 d'informations qu'on va juger pertinentes. L'objectif, c'est d'essayer d'améliorer leur
03:06 capacité de détection de ces opérations suspectes. On s'inscrit vraiment dans un dialogue très
03:10 constructif. L'objectif, c'est vraiment à la fois de leur donner des solutions pour essayer de
03:15 détecter des fraudes qu'on va qualifier d'assez classiques et qui sont vraiment régulières. Et
03:19 puis également, d'essayer de donner des pistes de travail pour des fraudes qui sont émergentes et
03:24 qui ne sont donc pas forcément aujourd'hui très identifiées. Vous venez de parler de LCBFT,
03:29 qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie la lutte contre le blanchiment et le financement
03:33 du terrorisme. Qu'est-ce que vous préférez, vous, dans ces missions ? J'apprécie vraiment les deux
03:38 côtés du métier. D'un côté, les échanges avec les déclarants sont vraiment très enrichissants.
03:41 On peut en apprendre beaucoup plus sur leur profession. Donc, c'est réellement pour nous
03:45 très positif et ce sont des discussions qui sont extrêmement concrètes. L'orientation aussi,
03:49 l'avantage, c'est qu'on ne sait jamais sur quelle information on va tomber. C'est assez stimulant.
03:54 Au moment où on ouvre cette déclaration de soupçon, on peut être au départ d'un dossier
03:58 d'investigation très important et très intéressant. Selon vous, quelles sont les compétences
04:02 nécessaires pour occuper un poste tel que le vôtre ? En premier lieu, je pense qu'il faut
04:06 vraiment avoir une appétence pour la matière financière. Il faut avoir également le sens
04:10 du service public. Il est indispensable d'avoir un bon esprit d'analyse. On voit énormément
04:14 d'informations, on doit les analyser en peu de temps. Il faut être curieux. Il faut aimer le
04:19 côté relationnel. Et puis, il faut surtout avoir un sens aigu de la discrétion parce qu'on peut
04:23 voir véritablement des informations extrêmement sensibles. Avant de se quitter, je sais que vous
04:27 êtes soumis au secret, mais vous auriez un dossier qui vous a marqué à partager avec nous ? J'ai eu
04:32 l'occasion de travailler, peu de temps après mon arrivée au service, sur une affaire à part
04:36 d'une information que j'avais orientée. Il s'agissait d'un signalement d'une banque qui
04:40 concernait un possible avis de confiance au détriment d'une association qui était commis
04:44 par son responsable. Donc, les fonds qui nous étaient signalés étaient renvoyés vers une femme
04:48 sans que le lien entre les personnes, le responsable de l'association et cette personne
04:52 soit identifié. Quelques mois plus tard, je suis tombé sur un article de presse qui reprenait
04:56 cette affaire et qui présentait les dessous des opérations financières qui nous avaient été
05:00 signalées. Tracfin avait rédigé une note suite à l'information. Le Parquet avait dirigé une enquête
05:04 qui a abouti à la condamnation en plusieurs années de prison du responsable de l'association,
05:08 d'abord pour des faits d'abus de confiance. Aussi, il a reconnu avoir agressé sexuellement quatre
05:12 jeunes filles mineures au moment des faits. Donc, l'infracteur reversait les fonds détournés de
05:17 son association au profit de l'une de ses victimes. Donc, dans ce cas, on peut voir qu'à partir d'un
05:21 simple signalement d'ordre financier, la justice a pu prendre connaissance de faits beaucoup plus
05:26 graves, donc des cas d'agressions sexuelles. C'est la fin de ce podcast d'Habilité. Merci
05:3 1à Cédric d'avoir partagé avec nous son expérience. Retrouvez les épisodes sur toutes les plateformes
05:37 de podcast. Et si les métiers de Tracfin vous intéressent, rendez-vous sur passerelle
05:42 au pluriel.économie.gouv.fr, le site de recrutement du ministère de l'Économie et des Finances ou sur
05:49 le site Internet. Choisir le service public.gouv.fr. Bonne journée à tous et à bientôt.
Tracfin en vidéos
Tracfin en moins de 3 minutes
00:00 Tracfin est le service de renseignement financier français.
00:05 Au sein du ministère de l'économie et des finances,
00:08 il recueille et exploite, depuis plus de 30 ans,
00:11 tout renseignement permettant d'établir l'origine
00:13 ou la destination délictueuse ou criminelle d'une opération financière.
00:17 Sa mission ? Contribuer à une économie plus saine
00:20 et à la défense des intérêts fondamentaux de la nation.
00:23 Tracfin dispose d'une double identité.
00:25 Il est à la fois la cellule de renseignement financier française
00:27 chargée de lutter contre les circuits financiers clandestins,
00:30 le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
00:33 Mais aussi l'un des six services de la Communauté nationale du renseignement,
00:36 chargé de protéger et de promouvoir les intérêts fondamentaux de la nation,
00:39 par exemple dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée
00:43 ou la protection de nos intérêts économiques.
00:45 Au fil des années, les outils financiers et les moyens de paiement
00:48 sont devenus plus sophistiqués.
00:50 La criminalité financière et la fraude se sont complexifiées.
00:53 Les compétences de Tracfin ont donc été progressivement étendues.
00:57 En tant que service d'investigation à vocation opérationnelle,
01:00 Tracfin exerce aujourd'hui trois missions prioritaires.
01:03 La lutte contre la criminalité économique et financière,
01:06 comme la corruption, les escroqueries, les rançongiciels ou la pédopornographie.
01:11 La lutte contre la fraude aux finances publiques,
01:13 par exemple la fraude fiscale, la fraude à la TVA
01:16 ou la fraude aux comptes personnels de formation.
01:19 Et la défense des intérêts fondamentaux de la nation
01:21 par l'identification des circuits de financement du terrorisme
01:24 ou par la détection de mécanismes d'influence étrangère ou de prédation économique.
01:29 Comment Tracfin est-il informé d'opérations financières suspectes ?
01:33 Tracfin travaille à partir des déclarations ou informations de soupçons
01:36 qui lui sont adressées par plus d'une quarantaine de professions
01:38 comme les banques, les assurances ou les notaires,
01:41 mais aussi par des administrations et par ses homologues étrangers.
01:44 Grâce aux moyens mis à sa disposition,
01:46 Tracfin analyse et enrichit ces informations,
01:49 puis transmet le résultat de ses investigations,
01:51 en fonction du but poursuivi, à la justice, à d'autres administrations,
01:55 en particulier au sein des ministères économiques et financiers
01:57 ou des services de renseignement,
01:59 ou à ses homologues étrangers avec lesquels il a noué depuis sa création
02:02 une riche et efficace coopération.
02:06 Le nombre d'informations reçues chaque année est de plus en plus important.
02:12 Aujourd'hui, ce sont plus de 200 agents qui travaillent pour Tracfin.
02:15 Ce sont majoritairement des agents des ministères économiques et financiers,
02:18 notamment des agents des finances publiques et des douanes,
02:20 mais aussi des contractuels.
02:23 Pour en savoir plus,
02:24 economy.gouv.fr/tracfin
02:27 ou linkedin.com/compagnie/tracfin
02:30 [SILENCE]