Écrit le 02/02/2026
Dans ce premier numéro de FOCUS TRACFIN, Tracfin propose de traiter la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) dans le secteur de l’art.
Le marché de l’art est un secteur vulnérable aux risques de blanchiment. Ainsi, l’objectif de Tracfin est de mobiliser et d’alerter les professionnels de ce secteur. En effet, le fonctionnement du marché de l’art est marqué par des transactions internationales, une valorisation parfois subjective des œuvres, l’intervention potentielle de plusieurs intermédiaires et une forte confidentialité. Les objets d'art sont par ailleurs facilement transportables ou stockables. L'ensemble de ces éléments en fait un terrain propice à la dissimulation de l’origine illicite de fonds ou à la circulation de capitaux destinés à des activités criminelles.
Face à ces risques, les professionnels opérant sur ce marché ont été assujettis au dispositif national LCB-FT. Ainsi, les galeristes, négociants d'œuvre d'art et d'antiquités, antiquaires, brocanteurs, commissaires de justice, opérateurs de vente volontaire, courtiers et conseillers en investissements, experts et intermédiaire dans l'acquisition ou la vente d'œuvre, opérateurs logistiques entreposant des œuvres d'art, sont assujettis au regard des dispositions du code monétaire et financier (CMF). Ils ont l'obligation de signaler à Tracfin les situations dans lesquelles ils ont des raisons de soupçonner être confrontés à un détournement de leurs activités licites à des fins illicites, en rédigeant des déclarations de soupçon (DS) pertinentes et étayées. Ils sont ainsi soumis à des obligations de contrôle d’identité, de vérification de la provenance des œuvres et de surveillance des transactions ou encore à la mise en place de procédures internes rigoureuses et la formation de leur personnel.
Le volume d’informations reçues par Tracfin est en très forte hausse
En 2024, Tracfin a reçu 1 109 déclarations de soupçon (DS) présentant un lien avec le marché de l'art. Ce chiffre représente une augmentation de 35 % par rapport à 2023. Cette tendance haussière s'est confirmée sur le flux reçu en 2025.
Ce flux est largement constitué de déclarations transmises par les banques et établissements de crédit (58 %). La mobilisation des professionnels du secteur de l’art reste quant à elle encore trop limitée au regard du dynamisme et des enjeux financiers du marché.
La fraude fiscale, principale infraction sous-jacente détectée
Si la principale infraction sous-jacente détectée au travers des déclarations de soupçon liées au marché de l’art est la fraude fiscale, l’analyse des déclarations permet d'identifier d’autres typologies comme les abus de biens sociaux, les escroqueries, le blanchiment de capitaux ou encore le financement du terrorisme via notamment les antiquités pillées.
FOCUS TRACFIN : Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans le secteur de l’art
Numéro 1 - Janvier 2026
02 février 2026 | Lettres d'infos