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Contrôle sur les denrées végétales destinées aux vegans, végétariens et végétaliens

Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à désirer réduire - voire de stopper- leur consommation de produits d’origine animale. Pour satisfaire cette demande, de nouvelles gammes de produits apparaissent et revendiquent le caractère végétal de leur composition.

©Pixabay

Pour répondre à sa mission de protection du consommateur, la DGCCRF a enquêté sur ces nouveaux produits afin de vérifier qu’ils respectent les règles d’étiquetage, de présentation des denrées, de composition et de caractéristiques nutritionnelles. Les suites données aux contrôles ont été essentiellement des suites pédagogiques ; l’enquête n’avait pas une vocation répressive mais avait essentiellement pour finalité d’acquérir une vision claire du marché et de rappeler la réglementation aux opérateurs.

Au total, 374 établissements ont été visités, principalement au stade de la distribution (grande et moyenne surface et commerces de détail et saisonniers). Des producteurs locaux identifiés lors des visites des enquêteurs ont également été contrôlés.

Pourquoi cette enquête ?

Le nombre de produits nouveaux pouvant répondre aux régimes végétaliens et végétariens augmente très rapidement. Les industriels développent des denrées composées dont la teneur en végétaux est très majoritaire et dont le prix est parfois 2 à 4 fois plus élevé que celui de leurs équivalents d’origine animale. Ces produits, tout en affirmant leur composition végétale, cultivent souvent l’ambiguïté avec ceux d’origine animale qu’ils visent à remplacer et utilisent des dénominations de vente ou des allégations empruntées au registre de la cuisine traditionnelle. L’objectif de cette enquête était donc de faire un état des lieux des pratiques commerciales observées (étiquetage, présentation, prix) et d’étudier la composition de ces denrées.

Des dénominations pouvant être qualifiées de trompeuses

L’enquête de la DGCCRF révèle l’usage de dénominations de vente et de présentation qui peuvent tromper le consommateur lors de son achat. En effet, ces dénominations puisent dans le registre des produits d’origine animale pour désigner des denrées qui revendiquent une composition exclusivement végétale.

Ainsi, des produits végétaux cultivent l’ambiguïté ou sont vendus sous des dénominations réservées ou faisant référence à des produits laitiers (« Fromages vegan », « lait de chanvre »[1]), carnés (« filet végétal façon canard », « bacon vegan », « jambon roulé aux herbes »[2]), de la mer (« bâtonnets de poissons panés », « filet de saumon végétal ») ou au chocolat (« Lapin de Pâques en chocolat au lait végétal »[3]), au miel[4] (« Sirop au goût de miel et de caramel »).

Des prix plus élevés sur les produits vegans

Les enquêteurs ont comparé le prix de vente au public de certains produits d’origine animale comportant peu d’ingrédients avec celui de leur équivalent vegan, en le mettant en perspective avec le prix des matières premières utilisées, les produits vegan comportant généralement des ingrédients onéreux (noix de cajou, amandes, etc.). La marge brute des professionnels sur les produits vegans semble sur la base de ces constatations plus importante que pour des produits « traditionnels ».

Ces différences s’expliquent par le fait que les produits vegans revendiquent souvent également d’être « bio ». Par ailleurs, pour approcher le goût ou la texture des produits « traditionnels », ils sont très transformés et ont fait l’objet de recherches qu’il faut financer.

L’enquête de la DGCCRF révèle que le marché de ces produits nouveaux est très hétérogène et que les dénominations de vente utilisées pour qualifier les nouveaux produits développés sont conçus pour les rapprocher de leur équivalent traditionnel d’origine animale, ne serait-ce qu’en qualifiant leur mode de préparation pour orienter le consommateur sur le moment de consommation (par exemple « râpé »). Certaines dénominations font directement référence à des produits laitiers, viandes, poissons ou produits de charcuterie, ce qui contrevient aux usages, voire à la réglementation, et peut induire en erreur le consommateur. L’autre point important relevé concerne le prix de ces produits, plus élevé que leur équivalent d’origine animale.

Afin de surveiller ces différents points et approfondir sa connaissance du secteur et en vue de garantir un développement de ces nouveaux produits dans un cadre clair, la DGCCRF poursuivra ses contrôles.


[1] Certains opérateurs ont reçu des avertissements car ils utilisaient des dénominations laitières protégées.

[2] Dénomination définie par l’arrêté du 18 mars 1993 relatif à la publicité des viandes de boucherie et de charcuterie.

[3] Le chocolat est défini par le décret du 13 juillet 1976.

[4] Le miel est strictement défini par le décret 2003/587 du 30/06/2003.

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