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Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Contrôle des découpes de poisson

09/04/2018

En 2016, la DGCCRF a mené une nouvelle enquête visant à s’assurer du respect de la réglementation sur les additifs[1] et l’ajout d’eau dans les découpes de poisson. Les enquêteurs ont également vérifié la dénomination informant le consommateur de la nature du produit[2], celle utilisée sur les bons de livraison et les factures des fournisseurs, l’étiquetage des produits livrés et la mention « décongelé »[3]. Le taux d’anomalies est de 23 %. Cette enquête intervient à la suite de précédents contrôles qui avaient mis en avant des manquements portant sur l’utilisation d’additifs non autorisés ou non déclarés et l’ajout d’eau dans les découpes.

© Pixabay Nordkoster
 

Au total, 250 établissements ont été contrôlés et 103 prélèvements analysés : priorité a été donnée aux distributeurs, puis aux commerces de gros, aux mareyeurs et aux transformateurs. Les actions de contrôles ont porté sur les règles d’étiquetage, la délivrance et le formalisme des factures, la provenance et l’origine du produit, la présence d’additifs, la traçabilité et l’hygiène et la sécurité.

Des manquements nombreux portant sur la dénomination

Les principales anomalies relevées en matière de dénomination de vente concernent l’absence de la mention « décongelé », particulièrement sur les préparations de longe de thon et d’espadon. L’utilisation de la mention « longe de thon » sans faire mention du traitement subi par la denrée et notamment de l’eau ajoutée dans le produit a également été constatée à de nombreuses reprises. Enfin, des suites administratives et pénales ont été mises en œuvre dans le cas de découpes décongelées injectées avec du sel, de l’eau et des additifs, présentées comme des produits bruts non traités. Pour rappel, conformément à la réglementation européenne, les découpes de poisson doivent être vendues sous une dénomination descriptive comportant la mention du traitement subi au cas où l’omission de cette information serait susceptible d’induire l’acheteur en erreur.

Des étiquetages pouvant parfois induire en erreur

La présentation générale du produit et certaines mentions apposées sur l’étiquetage peuvent induire le consommateur en erreur. À titre d’exemple, un professionnel vendant des filets de saumon kéta du Pacifique salés (composés de saumon kéta du Pacifique décongelé, injecté avec une solution d’eau, de sel, de lactate de potassium et d’acétate de potassium) a fait l’objet d’un procès-verbal. La composition du produit était bien indiquée mais la présentation générale, avec au recto la seule mention « saumon sauvage » associée à la vision du produit, pouvait faire croire à un saumon sans traitement. Un consommateur a par ailleurs saisi la DDPP au sujet de ce même produit, pensant avoir acheté du saumon nature et non un produit déjà salé. L’étiquetage a été jugé trompeur.

La présence d’additifs et de teneur en eau confirmée par l’enquête

Les anomalies concernent tout particulièrement les longes de thon albacore décongelées avec eau ajoutée, pour lesquelles a été mise en évidence la présence de nitrates/nitrites apportés par des extraits végétaux et d’acide ascorbique à des doses dépassant celle autorisée. L’injection d’acides organiques et d’extraits de végétaux riches en nitrites/nitrates est utilisée pour modifier la couleur du poisson et ainsi tromper le consommateur sur la fraîcheur du produit. Pour les autres découpes de poisson prélevées, l’enquête montre la présence d’additifs non déclarés (comme l’acide citrique ou les polyphosphates), souvent associés à un ajout d’eau également non déclaré.

Peu d’anomalies constatées sur l’espèce

Les contrôles montrent que les substitutions d’espèce restent rares. Quelques non-conformités ont cependant été relevées, comme par exemple de l’espadon Xiphias gladius présenté comme « longe de thon, Thunnus obesus », du thon albacore Thunnus albacares correspondant à l’espèce Thunnus obesus ou encore du cabillaud Gadus morhua correspondant à l’espèce Gadus macrocephalus.

L’enquête de la DGCCRF confirme les anomalies récurrentes de dénomination et d’étiquetages des découpes de poisson. Les étiquetages ne sont en effet pas toujours clairs, avec parfois une double dénomination employée. La présence d’additifs et de teneur en eau est également confirmée. Des vérifications dans ce secteur vont donc se poursuivre.
 
Cible Résultats

250 établissements contrôlés

103 prélèvements analysés

Taux d’anomalies de 23 %

86 avertissements

22 injonctions

32 procès-verbaux

 

[1] Règlement CE n°1333/2008 sur  les additifs alimentaires.

[2] Règlement CE n°1379/2013, article 37.

[3] Règlements UE n°1379/2013 et n°404/2011 pour l’étiquetage spécifique et l’indication de la mention « décongelé ».

 

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