Écrit le 23/10/2024
Le projet de loi de finances pour 2025 a été présenté en Conseil des ministres le 10 octobre 2024. Il prévoit un redressement de la situation des finances publiques en proposant une baisse substantielle des dépenses publiques afin de contenir le déficit public à 5 % en 2025.
Le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, et le ministre auprès du Premier ministre, chargé du Budget et des Comptes publics, ont présenté le projet de loi de finances pour 2025 (PLF) lors du Conseil des ministres du 10 octobre 2024.
Le PLF pour 2025 tient compte de la situation dégradée des finances publiques et du nécessaire redressement des comptes publics ; l’objectif est de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB) dès 2025, avec un objectif de retour sous les 3 % d’ici à 2029.
Ainsi, le PLF prévoit 60 milliards d’euros d’économies dont les deux tiers correspondent à des mesures de réduction de la dépense publique pour l’ensemble des administrations publiques (Etat, collectivités territoriales et administrations de sécurité sociale).
La participation de l’Etat au redressement des comptes publics sera accentuée et les économies s’appuieront sur les conclusions des revues de dépenses conduites en 2023 et 2024, et qui permettent d’améliorer l’efficacité de la dépense publique. Elles porteront notamment sur le regroupement de structures ayant des activités proches et sur une simplification du fonctionnement de l’État et des normes.
En parallèle, le PLF compte sur 20 milliards d’euros de recettes supplémentaires (participation au redressement collectif pour les plus grandes entreprises et pour les plus hauts revenus). Ces mesures seront complétées par une réduction des niches fiscales et sociales. En outre, le PLF 2025 portera des mesures de verdissement de la fiscalité en incitant notamment à une plus grande sobriété énergétique.
Le contexte macroéconomique
La croissance devrait atteindre 1,1 % sur l’année 2024. L’inflation s’établirait à +2,1 % en 2024 en moyenne annuelle après avoir atteint +4,9 % en 2023. En 2025, la croissance s’élèverait également à 1,1 % tandis que la baisse de l’inflation devrait se poursuivre pour revenir sous la barre des 2 %, accélérant ainsi la consommation des ménages.
En 2024, le déficit public prévu s’établirait à 6,1 % du PIB, après 5,5 % en 2023, soit une dégradation de 0,6 point de PIB. En 2025, il devrait s’améliorer pour atteindre 5 % du PIB en loi de finances initiale.
Les politiques publiques prioritaires en 2025
Pour 2025, le solde des créations et des suppressions d’emplois de l’État et de ses opérateurs s’établit à -2 201 ETP et de plus, après un engagement massif de l’État au soutien des ménages et des entreprises au sortir de la crise sanitaire et face à la crise énergétique, la mise en extinction de ces dispositifs que les circonstances ne justifient plus est confortée.
Le gouvernement souhaite aussi accompagner le secteur agricole confronté aux enjeux du changement climatique et poursuivre la transition énergétique. Pour rappel, afin de faire face à la crise énergétique, l’État a renoncé quasi-intégralement aux recettes de l’accise sur l’électricité de 2022 à 2024 (coût total d’environ 26 milliards d’euros). La sortie définitive de ce « bouclier fiscal » au 1er février 2025 a été actée l’an dernier : le PLF pour 2025 a néanmoins adapté les tarifs afin de garantir une baisse de la facture pour les ménages et entreprises.
Afin de soutenir la transition énergétique, il est également prévu de renforcer les malus sur les émissions de CO2 applicables aux véhicules de tourisme. Cette mesure sera reproduite jusqu’en 2027. Le seuil de déclenchement de la taxe sur la masse en ordre de marche (dite « malus masse ») sera également abaissé en 2026.
Le projet de loi de finances pour 2025 présente des moyens en hausse pour les missions régaliennes de l’État. Parmi les missions présentées en texte initial, le budget du ministère des armées augmente de 3,3 milliards d'euros par rapport à la LFI 2024, conformément à la trajectoire de la loi de programmation militaire. De même, le budget du ministère de l’Intérieur augmente significativement, de 0,8 milliards d'euros. L’effort budgétaire en faveur du ministère de la Justice se poursuit en 2025, avec une augmentation des moyens de 0,1 milliard d'euros qui s’additionne aux hausses d’ampleur sur la période récente, qui ont conduit à augmenter le budget de la justice de 50 % depuis 2017.