Écrit le 24/09/2026
Juriste de formation, Emilie a choisi d'enquêter au service des consommateurs et des entreprises. Lauréate du concours d'inspecteur de la DGCCRF en 2025, elle revient sur son parcours, sa formation à l’ENCCRF et ses projets professionnels.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre la DGCCRF ?
J'ai travaillé au tribunal judiciaire de Rennes, puis comme juriste dans le secteur associatif aux côtés de femmes victimes de violences. J'ai voulu intégrer la fonction publique et me suis renseignée sur les différentes possibilités, dont la voie des concours. Le métier d’inspecteur de la DGCCRF m'a séduit pour plusieurs raisons, notamment au regard de l'autonomie et l'indépendance dont bénéficient les agents dans l’exercice de leurs fonctions, mais aussi du rôle de l’administration dans la protection du consommateur, une mission qui me tient particulièrement à cœur.
Quelle était ton image de l’inspecteur CCRF ?
Elle s'est surtout construite en préparant le concours à travers les communications mises à disposition et reçues. Au départ, mon image venait de reportages télévisés centrés sur le contrôle des marchés et des restaurants, un aspect aujourd'hui moins présent, la compétence sanitaire n'étant plus la nôtre...
Mais j'ai découvert, en préparant le concours, un éventail de missions bien plus large. J'ai été surprise par la diversité des postes en administration centrale, souvent centrés sur des sujets très précis (santé, e-commerce, énergie, transition écologique, etc.) et par la variété des parcours possibles !
Comment t'es-tu organisée pour préparer le concours ?
J'ai intégré l'Institut de préparation à l’administration générale de Rennes, dans le cadre d'une Prépa Talents. Je conseille sans hésiter aux futurs candidats, s'ils sont éligibles, de passer par cette voie. Je suis très satisfaite de celle de Rennes mais je sais également que l’école nationale de la CCRF (ENCCRF) a sa propre Prépa Talents à Montpellier.
Concernant le concours, les écrits sont exigeants. La principale épreuve orale, l’est également mais à ne pas trop redouter. C'est l'épreuve où l'on doit se présenter le plus sincèrement possible car je crois que c'est avant tout de l'authenticité que le jury recherche aujourd’hui : comprendre un parcours et des motivations profondes. Il vaut mieux vaut y aller en confiance, sans trop se focaliser sur la technique. L'école est ensuite là pour nous former.
Comment s'est passée la formation à l'école de la CCRF (ENCCRF) ?
Le rythme est dense ! Dès le début, on est plongé dans le grand bain, avec de nombreux intervenants : formateurs permanents et professionnels extérieurs venus partager leur pratique. La diversité des profils (scientifiques, économistes, juristes) implique aussi de s'adapter les uns aux autres. J'ai dû réapprendre les bases scientifiques, pas évident quand on n'en a plus fait depuis le lycée. A l'inverse, mes collègues scientifiques ont dû étudier le droit. Je trouve cela plutôt stimulant d'apprendre des matières éloignées de sa formation initiale.
Où as-tu effectué tes stages ?
Je les ai tous faits à Rennes, à la direction départementale d’Ille-et-Vilaine, et c'est un vrai atout d'être restée au même endroit toute l'année. De fil en aiguille, j'ai ainsi suivi l'évolution de dossiers que j'avais moi-même initié, particulièrement précieux pour comprendre le déroulement complet d'une procédure.
J'ai également réalisé des contrôles. J'ai un souvenir marquant : une brasserie en périphérie de Rennes, où j'ai pu suivre tout le processus de production en une seule visite, du début à la fin... C'est exactement ce qui rend ce métier passionnant. Chaque contrôle est une occasion de découvrir un nouveau domaine et d'enrichir sa culture générale.
Et la suite pour toi ?
Je rejoins l'administration centrale à la rentrée sur les questions de transition écologique. Il y a beaucoup à faire, avec toute la réglementation européenne en cours de transposition et de nouveaux dispositifs à mettre en place. Je me projette d'abord sur ce poste pour quelques années ; ensuite, tout dépendra de mon envie de continuer sur un travail de pilotage ou de retourner sur le terrain. Je verrai cela au fil des opportunités et des rencontres.
Que dirais-tu à un étudiant pour le convaincre de rejoindre la CCRF ?
Qu'il n'hésite pas à passer le concours ! Être inspecteur offre une évolution professionnelle intéressante avec la possibilité de changer de métier plusieurs fois au cours d'une carrière. Le seul prérequis est d'avoir le sens du service public. Si c'est le cas, il doit se faire confiance et tenter l'expérience !
Un dernier mot ?
Puisque je m'adresse à de potentiels candidats : bon courage et bonne chance pour se lancer dans l'aventure !