Écrit le 02/12/2025
Climat : la France et l’Union européenne consolident leur action, par Sophie Mourlon, directrice générale de l'Energie et du Climat.
Plus de quinze ans après sa création, la direction générale de l’Energie et du Climat (DGEC) demeure au cœur de l’action climatique française. Alors que la COP30 n’a pas permis d’obtenir l’élan mondial nécessaire pour respecter l’Accord de Paris, plusieurs avancées notables ont été actées. Dans un contexte international encore insuffisamment mobilisé, la France et l’Union européenne poursuivent et intensifient leurs efforts, en consolidant leurs stratégies domestiques et en préparant les orientations climatiques européennes à long terme.
La direction générale de l’Energie et du Climat a été créée il y a un peu plus de 15 ans pour élaborer et porter de manière intégrée, transversale et efficace les politiques nationales de l’énergie et du climat. En 2025, dans le domaine du climat, elle est à nouveau sur tous les fronts.
La COP30 récemment réunie au Brésil n’a pas apporté l’élan mondial espéré. Ses conclusions ne reprennent pas l’ambition nécessaire au respect d’une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris sur le climat, faute de consensus sur la sortie des énergies fossiles, d’engagements financiers suffisants et de capacité à converger sur une trajectoire commune de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce résultat décevant ne doit toutefois pas éclipser les progrès réels ni décourager l’action.
Plusieurs avancées substantielles ont été obtenues :
- le renforcement du volet sur l’adaptation au changement climatique, avec la définition d’objectifs globaux et la structuration de financements dédiés ;
- des engagements accrus sur la réduction des émissions de méthane (CH₄), qui ont un fort impact sur l’effet de serre ;
- la consolidation du cadre opérationnel pour les crédits carbones internationaux, offrant une opportunité d’améliorer l’intégrité environnementale et la transparence de ces mécanismes au niveau mondial.
Les limites de cette COP rappellent que l’Union Européenne ne peut pas porter seule la décarbonation : l’action climatique mondiale dépend de l’engagement effectif des grandes économies émettrices et des producteurs d’hydrocarbures. Néanmoins, la mobilisation et la persévérance de l’UE et de la France restent les moteurs d’une mobilisation plus large, qu’il faut aussi rendre plus cohérente et plus solidaire.
Les décisions françaises et européennes préparent la compétitivité et la résilience de nos économies face au climat de demain, et doivent viser à créer des solutions pragmatiques, efficaces, exportables et un effet d’entraînement. Ainsi en va-t-il des travaux européens sur les orientations climatiques pour 2040, sur le déploiement du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM en anglais), sur l’encadrement renforcé des marchés du carbone et des émissions de méthane et sur la montée en puissance des financements Global Gateway pour aider les pays tiers.
Parallèlement, nous consolidons les politiques nationales du climat, avec par exemple :
- la mise à jour imminente de la stratégie nationale bas carbone, qui fixe la feuille de route de la France vers la neutralité carbone, et de la programmation pluriannuelle de l’énergie ;
- le renforcement du principal dispositif d’efficacité énergétique, les certificats d’économie d’énergie (CEE), en fixant les conditions de la sixième période d’obligations qui commence au 1er janvier 2026.
L’objectif est d’accélérer la réduction de notre dépendance aux importations d’énergies fossiles, au bénéfice non seulement de nos objectifs climatiques mais également de notre souveraineté et de la compétitivité de notre économie.