Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Objets connectés : les risques à connaître

Écrit le 11/02/2026

Suivre son rythme cardiaque sur sa montre, suivre ses performances au golf ou au tennis sur son téléphone, déclencher à distance la climatisation de son domicile… les domaines d’application des objets connectés sont très variés. Mais attention à bien sécuriser les informations qui transitent sur ces appareils !

©Fotolia

L’essentiel

  • Un objet connecté est un dispositif capable de se connecter à un réseau (comme l'Internet des Objets via Wi-Fi, Bluetooth, 5G) pour recevoir, stocker, traiter et transmettre des données.
  • Pour limiter les risques liés à l’usage des objets connectés (utilisation commerciale des données personnelles, attaques de piratage) informez-vous avant l'achat, effectuez des mises à jour régulières, changez les mots de passe par défaut, et limitez l'accès des objets connectés à d'autres appareils électroniques.

Il s’agit d’un objet qui a la capacité de se connecter à un réseau de communication (Internet des Objets (IDO) via Wi-Fi, Bluetooth, réseau internet mobile notamment 5G...) et peut selon les cas, recevoir, stocker, traiter et transmettre des données, recevoir et donner des instructions pour fonctionner. Ces objets peuvent être autonomes ou fonctionner avec un smartphone ou une tablette permettant de les contrôler ou de servir de relais pour échanger des données.
Ces données peuvent être consultables sur l’appareil mobile ou sur un service Internet.

L’Internet des objets s’est développé ces dernières années dans de nombreux secteurs. Il s’est investi dans le marché des applications grand public après s’être développé dans les domaines industriel et professionnel (maintenance d’équipements, gestion de chaînes logistiques...). Le secteur des équipements de la maison connectés s’est particulièrement développé et représente plus de la moitié du chiffre d’affaires issu de la commercialisation des objets connectés, 63 % pour l’éclairage connecté, suivi par celui des objets personnels (wearables) comme les montres connectées. Au niveau national, les objets connectés grand public font partie du quotidien de plus d’un tiers des français de plus de 12 ans. Les français possèdent désormais des imprimantes, des télévisions et des produits Hi-Fi (dont les enceintes, écouteurs avec ou sans réduction de bruit) connectées. Mais également des objets connectés relatifs à la sécurité, à la santé, des thermostats connectés… Toutefois, le prix peut rester un frein à l’achat d’objet connecté.

En termes de parc installé, le bassin parisien concentrait, en 2022, 42% des possesseurs d’objets connectés, tous types confondus. Cela s’explique par une plus grande offre de magasins spécialisés, ou dotés de rayons spécifiques, et une population plus urbaine à fort pouvoir d’achat.

En 2020, le marché des objets a été évalué à entre 18 et 78 milliards €.

Le baromètre du numérique publié en mars 2025 établit ainsi que 40 % des français de plus 12 ans possèdent un objet connecté, taux qui dépasse même les 50 % pour les moins de 39 ans. Les objets les plus plébiscités sont les objets relatifs à la santé (27 %), les objets liés à la sécurité (22 %) puis les objets relatifs à la domotique (19 %) et les objets liés à l’électroménager (18 %). Toutefois, l’équipement en objet connecté reste loin derrière les smartphones (91 %) et se rapproche des tablettes (54 %).

Les domaines d'application :

  • La santé : avec un bracelet, une montre, une balance ou un tensiomètre connecté, il est possible de réaliser des mesures à domicile et de suivre certaines données de santé (comme la fréquence cardiaque, avec certaines montres connectées, qui peuvent d’ailleurs être mises sur marché en tant que dispositifs médicaux), seul ou en collaboration avec un médecin.
  • Le sport : il est possible de comptabiliser les kilomètres courus ou marchés et synchroniser ces résultats sur un smartphone ou une tablette. Certains appareils, équipés d'un GPS, sont plus particulièrement dédiés aux amateurs de running. Il existe aussi des capteurs pour le golf ou pour le tennis, destinés à mesurer, analyser et améliorer vos performances.
  • Les loisirs et la vie quotidienne : avec les montres connectées, il est possible de recevoir ses courriels et SMS, accéder à sa musique ou photos et vidéos, calculer un itinéraire, etc. N'oublions pas les téléviseurs connectés qui donnent accès à des contenus multimédias, des applications de loisir ou pratiques, des renseignements sur les programmes regardés, etc.
  • La domotique et la sécurité : citons, par exemple, les caméras de sécurité, qui permettent de contrôler le domicile à distance et alertent en cas d'intrusion, ou encore les babyphones, grâce auxquels il est possible de garder un œil sur les jeunes enfants.
  • Les économies d'énergie : les objets connectés permettent de connaitre, régler et optimiser la consommation énergétique. Par exemple, un thermostat connecté permet de régler à distance la température ambiante, d'optimiser le chauffage en fonction du moment de la journée et du temps de présence, etc.

Le développement des objets connectés expose principalement les consommateurs à deux types de risques :

  • l’utilisation commerciale des données personnelles et les atteintes à la vie privée : une des conséquences de ce monde de réseau et de communication est que nous laissons de plus en plus de traces numériques. Au-delà des progrès technologiques, il s’agit désormais de parvenir à garantir l’anonymat des données collectées par ces appareils ;
  • le piratage : dès lors que se connecter à internet devient une fonction intégrante d’objets du quotidien, les concepteurs de ces équipements doivent faire face aux risques des « cybers » attaques.

D’autre part, certains produits connectés peuvent être trompeurs, vanter la possibilité de mesurer de façon fiable des données alors qu’une telle mesure est impossible et ainsi mettre en danger la santé du consommateur.

Avant l’achat d’un objet connecté, informez-vous sur ses caractéristiques, son fonctionnement, ses interactions avec les autres appareils électroniques et les dispositifs de protection des données mis en place.

Le vendeur d’un bien comportant des éléments numériques, doit informer les consommateurs de la durée durant laquelle les mises à jour logicielles que le producteur fournit, restent compatibles avec les fonctionnalités du bien.

Avant l’achat, vérifiez que l’objet porte le marquage « CE ». Ce label atteste qu’elle est conforme aux règles de sécurité prévues par la réglementation en vigueur.

Sur internet, privilégiez les sites ayant une bonne notoriété et qui offrent une sécurité maximale au niveau du paiement. Même si la qualité ne dépend pas que du prix, les prix bas ne sont pas forcément synonymes de bonnes affaires.

Après l’achat, sécurisez bien la connexion aux autres appareils communicants, en procédant régulièrement aux mises à jour de sécurité et mises à jour logicielles. L’idée est de limiter les vulnérabilités connues qui pourraient être exploitées par des personnes ou des organisations malveillantes.

Autre conseil de bon sens, qui vaut pour la plupart des équipements informatiques : changez fréquemment le nom et le mot de passe par défaut de chaque objet connecté.

Pour finir, limitez l’accès de l’objet connecté aux autres appareils électroniques ou informatiques. Par exemple, si vous avez une TV connectée, vous devrez vous assurer de modifier le mot de passe par défaut et choisir un réseau personnel, sécurisé, avec une clé de protection adéquate pour le Wifi et le routeur. Même chose pour les mots de passe des services et sites internet. Il faut éviter la redondance et utiliser des mots de passe robustes (mélangeant des majuscules et des minuscules, des chiffres et des caractères spéciaux (%, #, $, *)). N’oubliez pas de restreindre l’accès à votre réseau personnel et d’isoler son accès à internet d’autres éléments connectés au réseau (il n’est pas vraiment nécessaire que votre imprimante soit connectée à votre TV, par exemple).

Sachez enfin que la principale faille qu'exploitent les pirates est encore trop souvent l'absence de vigilance des utilisateurs. Beaucoup n'ont pas conscience des risques et n'utilisent pas de mots de passe pour protéger l'accès à distance de leurs équipements, ou se contentent de laisser les identifiants par défaut fournis par les fabricants. Vous êtes acteurs de votre sécurité ! De même, soyez vigilants lorsque vous vous connectez à des réseaux publics ou ouverts.

Depuis le 28 décembre 2024, lorsque vous achetez un téléphone mobile, une tablette, un casque d’écoute ou des écouteurs intra-auriculaires, une console de jeux vidéo portative, une enceinte portative, une liseuse, un clavier ou une souris, vous devez être informés de la présence ou non du chargeur universel compatible avec le produit et de ses propriétés. Si c’est un chargeur que vous possédez déjà, vous pouvez demander au vendeur de vous fournir le produit sans chargeur.

Comme tout produit électrique et électronique, pensez à trier et à la collecte séparée lorsque vous vous débarrassez de vos objets connectés.

Ce que dit la loi :

  • Code pénal article 313-3 (tentative d’escroquerie) et article 226-1 (atteinte à la vie privée)
  • Code des postes et communications électroniques - Section 5 : Équipements terminaux de communications électroniques et équipements radioélectriques. (Articles R. 20-1 à R. 20-29-10-9)

Pour en savoir plus :

Je signale un problème ou veux résoudre un litige : Démarches et services en tant que consommateur

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