Shrinkflation : les consommateurs seront mieux avertis des baisses de quantités masquant une hausse de prix

Les grandes surfaces devront désormais avertir leurs clients quand la quantité vendue d’un produit aura diminué sans que son prix ne soit réduit d’autant.

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De nouvelles dispositions entrent en vigueur le 1er  juillet pour éviter que les consommateurs ne se fassent piéger par la réduflation (shrinkflation en anglais), une pratique qui consiste à réduire la quantité d’un produit sans réduire son prix et qui, en réalité, masque une augmentation du prix ramené au litre ou au kilo. Abusé par un emballage similaire, le consommateur ne va pas toujours s’apercevoir que le contenu de sa bouteille de sirop a diminué ou que sa portion de fromage pèse moins lourd, s’il ne vérifie pas le volume ou le poids indiqué sur l’emballage et le prix au kilo.

Pour éviter que les consommateurs ne soient abusés, un arrêté prévoit qu’à compter du 1er juillet 2024, les grandes surfaces (plus de 400 m2) devront signaler pendant deux mois, à leurs clients, les produits préemballés dont le prix au litre ou au poids a augmenté alors que la quantité a diminué. Ils devront indiquer la diminution de la quantité vendue ainsi que l'augmentation du prix en pourcentage ou en euros par exemple en écrivant « Pour ce produit, la quantité vendue est passée de 500 à 450 g et son prix au kilogramme a augmenté de 2 % ».

La disposition concerne les produits de grande consommation qu'ils soient vendus préemballés à quantité nominale constante : paquets d’un kilo de riz, brique de lait, bouteille de shampoing, baril de lessive... L’information devra être visible, lisible et dans une taille de caractères identique à celle utilisée pour l'indication du prix unitaire du produit, soit directement sur l'emballage ou sur une étiquette à proximité du produit.

Cette mesure s’applique aussi aux produits composés de plusieurs unités (papier absorbant, lot d’éponges, rasoirs jetables, serviettes hygiéniques…) , dont le nombre a diminué mais sans réduction du prix du produit. Dans cette hypothèse, la mention prévue devra indiquer : « Pour ce produit, la quantité vendue est passée de X à Y unités et son prix ramené à l’unité a augmenté de …% ou …€. ».

Le manquement à cette nouvelle obligation destinée à protéger les consommateurs pourra atteindre jusqu’à 15 000 € d’amende pour une personne morale.

Une foire aux questions destinée aux professionnels sur la mise en œuvre de l’arrêté du 16 avril 2024 relatif à l'information des consommateurs sur le prix des produits dont la quantité a diminué est disponible sur le site de la DGCCRF.

Pour tout signalement concernant le mauvais affichage des prix, utilisez la plateforme de la DGCCRF, signal.conso.gouv.fr