Écrit le 05/10/2020
Depuis l’accident de Tchernobyl, les autorités françaises effectuent une surveillance radiologique de l’environnement. Dans ce cadre, la DGCCRF réalise chaque année des analyses sur des denrées végétales ciblées, produites en France ou importées. Lors du dernier plan annuel de contrôle, aucune radioactivité n’a été décelée dans les produits français.
À la suite de l’accident de Tchernobyl de 1986, la DGCCRF a mis en place un plan de surveillance et de contrôle annuel de la contamination radioactive des denrées d’origine végétale proposées sur le marché français.
La surveillance des denrées produites en France est menée en partenariat avec l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et la Direction générale de l’alimentation (DGAl) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (pour les denrées d’origine animale).
Le contrôle des denrées importées répond à l’obligation prévue par le règlement (EURATOM) n° 733/2008 relatif aux conditions d’importation de produits agricoles originaires des pays affectés par l’accident de Tchernobyl.
Dans le cadre de ce plan, 137 analyses ont été réalisées : 102 par le Service commun des laboratoires de la DGCCRF[1] et 35 par l'IRSN.
Des champignons radioactifs à Singapour ?
En octobre 2017, l’ambassade de France à Singapour avait signalé qu’après un contrôle de radioactivité, les autorités avaient rejeté un lot de chanterelles(1) originaire de Suède importé de France. Ce lot présentait une contamination au césium 137 à hauteur de 964,7 Bq/kg, valeur supérieure à la limite autorisée.
Une enquête a alors été réalisée par la DGCCRF auprès de l’exportateur français d’une part et de son fournisseur d’autre part (également français) afin de découvrir si d’autres champignons pouvaient présenter une telle radioactivité.
L’enquête a fait apparaître que l’origine des champignons était bien suédoise. Plusieurs territoires situés dans le centre-est de la Suède ont en effet été touchés par l’accident de Tchernobyl et peuvent présenter des seuils élevés de radioactivité résiduelle.
Une alerte a été lancée
Les autorités françaises ont notifié les éléments de cette enquête aux autorités suédoises.
D’autres analyses, conduites en France sur des champignons de même espèce originaires de Suède n’ont pas révélé de non-conformité.
1La chanterelle grise (Cantharellus tubaeformis) est une espèce de champignon comestible.
La DGCCRF a ciblé des denrées particulièrement sensibles à la radioactivité : les fruits à baie
(en photo : des myrtilles) et les champignons
(en photo : des girolles).
En effet, la contamination de ces denrées est récurrente. Les écosystèmes naturels et semi-naturels tels que les forêts et les zones boisées, qui constituent généralement l'habitat naturel des champignons et des baies sauvages, ont tendance à conserver le césium radioactif par un échange cyclique entre les couches supérieures du sol (litière), les bactéries, la microfaune, la microflore et la végétation. En outre, le sol de ces écosystèmes, principalement constitué de matières organiques, tend à augmenter la disponibilité biologique du césium radioactif.
- Concernant les denrées produites en France, les prélèvements portent sur des légumes feuilles, des fruits, des légumes racinaires, des plantes aromatiques et du riz. Ils sont effectués dans trois zones de production ciblées : dans un rayon de 10 km autour d’une installation nucléaire (légumes feuilles), loin de toute influence des installations nucléaires (salades et légumes feuilles), dans des territoires marqués par des empreintes radioactives passées (dont l’accident de Tchernobyl), principalement situés à l’est de la France (légumes racinaires et plantes aromatiques).
Aucune trace de contamination radioactive n’a été décelée lors des analyses de ces denrées.
- Concernant les denrées importées de pays affectés par l’accident de Tchernobyl, les prélèvements portant sur les denrées les plus sensibles à la radioactivité : champignons sauvages et fruits à baie notamment, provenant de pays ciblés (Russie, Biélorussie, Roumanie, Bosnie-Herzégovine, Pologne, Lituanie, Croatie, Moldavie, etc.) n’ont révélé de contamination radioactive supérieure à 100 Bq/kg[2] que pour six lots de myrtilles et deux lots de champignons ; ce résultat reste toutefois inférieur à la valeur limite autorisée.
Aucune radioactivité n’a été décelée dans les denrées produites en France
Dans le cadre de ce plan, aucune radioactivité n’a été détectée dans les denrées produites en France. Concernant les produits importés, aucun échantillon analysé n’a révélé d’activité radioactive supérieure à la limite fixée par le règlement européen (600 Bq/kg).
[1] Service également rattaché à la Direction générale des douanes et droits indirects.
[2] Becquerels par kilogramme.
Cible
137 analyses réalisées
Résultats
Aucune radioactivité supérieure au seuil réglementaire détectée