Écrit le 08/04/2026
Châteaux gonflables, parcours aquatiques ou équipements flottants : en 2024, la DGCCRF a renforcé ses contrôles en ce domaine. L’enquête visait à vérifier le respect des règles de sécurité par les exploitants et les loueurs, ainsi que la qualité des prestations réalisées par les organismes de contrôle. Si des améliorations ont été constatées chez les professionnels déjà contrôlés, de nombreux manquements subsistent, notamment chez les nouveaux acteurs du secteur.
En 2024, 466 professionnels ont été contrôlés, soit 115 de plus qu’en 2023. Cette hausse s’explique par le développement rapide du secteur et par de nombreuses anomalies constatées lors des contrôles menés les années précédentes. Les contrôles ont été réalisés principalement au stade de la mise à disposition des structures : parcs à thème, campings, bases nautiques, fêtes communales ou événements sportifs ou culturels. Les établissements proposant la location de structures, à destination de particuliers ou de collectivités, ont également été ciblés.
Structures terrestres : des manquements récurrents, mais des progrès constatés
La fixation des structures au sol reste un point de contrôle prioritaire. Un ancrage insuffisant ou inadapté peut entraîner le basculement ou l’envol de la structure, avec un risque d’accidents graves. Lors cette enquête, plusieurs risques ont été constatés :
- un nombre insuffisant de piquets d’ancrage ;
- des piquets inadaptés ou dépassant excessivement du sol ;
- une fixation par ballast (câbles, cordages, sangles, fixations métalliques) insuffisante en nombre ou en masse.
Lorsque les professionnels disposaient du matériel adéquat, les défauts d’ancrage ont généralement été corrigés immédiatement.
Concernant l’état général des structures et les dispositifs de protection, là encore, des manquements ont été relevés : absence ou insuffisance de surface amortissante, présence d’obstacles (racines, pierres) sur la zone d’impact ou bien filets de sécurité retirés ou non conformes.
Les contrôles ont toutefois mis en évidence une amélioration nette chez les professionnels déjà contrôlés en 2023.
Structures avec bassin et structures flottantes : des risques spécifiques
Lors des contrôles, les enquêteurs ont constatés des détournements d’usage des structures terrestres, notamment l’ajout d’un bassin de réception au bas d’un toboggan initialement conçu pour une réception sur tapis amortissant. Ce type de modification peut générer un risque de blessure en raison d’une hauteur de chute inadaptée.
L’enquête a également porté sur les structures gonflables flottantes : destinées principalement aux enfants et adolescents, elles sont conçues pour des activités à la surface de l’eau. Le principal risque identifié ici est celui de la noyade, notamment en cas d’espaces trop importants entre deux plateformes assemblées ou en cas de passage sous la structure.
Les contrôles ont donc porté sur :
- la profondeur de l’eau ;
- la solidité de l’ancrage ;
- la présence d’une surveillance qualifiée et l’affichage clair des interdictions.
Plusieurs situations de non-respect des préconisations du fabricant ont été relevées.
L’information fournie aux clients dans le cadre de la location est insuffisante
L’activité de location s’est fortement développée, y compris chez de nouveaux acteurs exerçant cette activité. Un manque important d’informations transmises aux clients a été constaté, notamment sur les modalités d’ancrage, l’inaccessibilité de la soufflerie ou encore le nombre maximal d’utilisateurs et les limites d’âge.
Les enquêteurs ont donc rappelé que ces informations sont essentielles à une utilisation en sécurité. En parallèle, de plus en plus de collectivités exigent un certificat de conformité ou un rapport de contrôle récent. Certains loueurs proposent désormais des prestations incluant transport, montage, démontage et supervision.
Des suites proportionnées à la gravité des manquements
Dans la plupart des cas, la mesure prise a été un avertissement (290 avertissements). Les enquêteurs de la DGCCRF ont privilégié la remise en conformité volontaire. Des actions correctives rapides ont permis d’éviter une suspension d’activité.
Lorsque les manquements ont exposé les utilisateurs à un danger grave ou immédiat, des arrêtés préfectoraux de suspension ont été pris (36 au total). Les principaux manquements ayant justifié ces mesures concernaient l’ancrage, l’absence de surface amortissante, l’accessibilité à la soufflerie ou encore une implantation non conforme.
L’enquête menée en 2024 par la DGCCRF confirme que les règles applicables aux structures gonflables restent mal connues des nouveaux professionnels. Elle montre toutefois qu’un contrôle suivi et un accompagnement pédagogique permettent une amélioration réelle des pratiques. Dans un secteur en plein développement et dans un contexte où la sécurité des enfants et des familles demeure une priorité, la DGCCRF poursuit ses contrôles dans ce secteur.