Dropshipping : des manquements dans la moitié des sites contrôlés

Présence de faux avis, défaut de livraison des produits, produits qui se révèlent dangereux ou interdits… La pratique du dropshipping, qui crée un intermédiaire entre l’acheteur et le vendeur, peut favoriser la multiplication des anomalies sur certains sites de vente en ligne. Une enquête a été menée par la DGCCRF en 2022 et sur les 215 sites internet passés au crible, 116 se sont révélés en anomalie.

Une personne devant un carton
©iStock

Beaucoup de plaintes à propos des sites de dropshipping

Le dropshipping repose sur un schéma où le professionnel, qui s’occupe de la commercialisation et de la vente de produits, délègue totalement à son fournisseur, souvent installé dans des pays à très bas coûts de production, la gestion des stocks et la livraison des produits au consommateur. Ce modèle a séduit de nombreux opérateurs à la recherche de gains faciles et rapides, rarement au fait de la réglementation ou peu scrupuleux et qui utilisent les réseaux sociaux pour atteindre les consommateurs. Le chiffre d’affaires du dropshipping, dopé par les confinements liés à l’épidémie de Covid, marque depuis le pas d’autant que beaucoup de consommateurs sont devenus méfiants. Cela reste toutefois une pratique toujours présente, mise en avant par des « formateurs » sur internet.

Le dropshipping occasionne un nombre important de plaintes de consommateurs, particulièrement en raison de non-livraisons de produits et de l’impossibilité de contacter le vendeur.

Tromperies, faux avis, produits dangereux : des manquements nombreux et variés mis à jour

L’enquête sur le dropshipping menée par les agents de la DGCCRF en 2022, a permis le contrôle de 215 sites internet. 116 étaient en anomalie, soit plus de la moitié. Ces manquements constatés étaient :

  • des pratiques commerciales trompeuses : notamment sur la disponibilité et les caractéristiques essentielles du produit (faux label, fausse origine), sur l’identité et les qualités du professionnel ou encore le caractère promotionnel du prix…
  • des manquements aux règles d’information du consommateur et de la vente à distance : absence de mention ou mentions erronées sur l’identité du vendeur, sur la garantie légale, sur le droit de rétractation… Mais également le non-respect des règles de formalisme du contrat : absence de la mention de l’obligation de payer ou de confirmation sur support durable…
  • la rédaction de faux avis, présentée par certains vendeurs comme un usage courant dans le secteur et même conseillée lors des formations ;
  • la présence de clauses abusives ou illicites : par exemple des clauses de non-responsabilité comme celles par lesquelles le professionnel décline toute responsabilité si les informations fournies sur le site sont inexactes et/ou incomplètes ;
  • la vente de produits dangereux ou interdits, comme des médicaments ou des stupéfiants.

88 réquisitions numériques adressées à des sites internet 

Selon leur importance ou leur gravité, les manquements ont donné lieu à 26 avertissements, 67 injonctions, 22 procès-verbaux pénaux et 9 procès-verbaux administratifs. Pour restreindre ou empêcher l’accès à certains sites illicites, l’administration a également utilisé son pouvoir de réquisition numérique à 88 reprises, afin de mieux protéger les consommateurs et de contraindre les professionnels à se mettre en conformité rapidement.

Les injonctions de mise en conformité nécessitent souvent un suivi important. Les vendeurs, quand ils ont été identifiés et qu’un contact a pu être établi avec eux, ne se

mettent pas spontanément totalement en conformité. Plusieurs échanges sont nécessaires. Par ailleurs, une partie de ces vendeurs (souvent les plus inexpérimentés ou ceux proposant une multitude de produits) ont préféré abandonner le dropshipping devant les difficultés. D’autres vendeurs se sont mis en conformité pour poursuivre leur activité. Certains, peu scrupuleux, n’ont pas hésité, après une réquisition numérique, à fermer le site internet concerné pour en créer un autre présentant les mêmes anomalies. Certaines procédures sont toujours en cours. L’enquête a été reconduite en 2023.