Contrôle des produits de la vanille

L’enquête de la DGCCRF menée en 2019 visait à contrôler la composition et l’étiquetage des produits de la vanille (gousses, extraits, arômes) et des denrées aromatisées ainsi qu’à rechercher d’éventuelles fraudes ou pratiques commerciales trompeuses.

© Ibysse/Fotolia

Il ressort des constats établis par les agents qu’un établissement contrôlé sur quatre ne respectait pas la réglementation.

 

À la suite de difficultés climatiques et socio-économiques à Madagascar (principal pays producteur), le marché de la vanille a connu ces dernières années une baisse de la qualité des gousses de vanille couplée à une forte augmentation de leur prix. Dans ce contexte, certains opérateurs peuvent être tentés de tromper le consommateur sur la qualité des produits en ajoutant ou en substituant des substances moins coûteuses à la vanilline naturelle. Les produits de la vanille présentent à cet égard un risque élevé de fraude du fait de la possibilité de produire technologiquement à peu de frais des arômes au goût de vanille.

Les enquêteurs de la DGCCRF ont ciblé tous les opérateurs du secteur : les producteurs (de gousses, d’extraits, d’arômes naturels de vanille, d’arômes à flaveur  vanille et de vanilline naturelle pure), les importateurs, les distributeurs, les commerçants de détail et les entreprises agro-alimentaires. Ils ont ainsi contrôlé la conformité des produits, de la traçabilité et de la facturation auprès de 177 établissements. De nombreux contrôles ont été menés outre-mer où il a notamment été constaté que les vendeurs sur les marchés laissaient croire à une origine locale des gousses alors que ce n’était pas toujours le cas.

Des prélèvements ont été effectués avec pour principal objectif de vérifier que les produits étaient bien issus de la vanille, comme annoncé au consommateur.

Parmi les 22 gousses de vanille prélevées, une sur quatre n’était pas conforme à la réglementation

  • Plusieurs échantillons vendus aux consommateurs étaient en fait constitués de gousses de vanille épuisées, c’est-à-dire de déchets d’extraction des substances aromatiques de la vanille dépourvus de saveur et d’odeur.
  • Un échantillon était constitué de gousses trempées dans un arôme à flaveur vanille. Une amende administrative a été infligée au détaillant.
  • Les enquêteurs ont également prélevé de la poudre blanche étiquetée « vanille » qui s’est révélée principalement constituée de sucre aromatisé avec de la vanilline non issue de la vanille. Une mesure de police administrative a été adressée à la société qui a annoncé son intention de modifier le produit ou de cesser sa commercialisation.

Seul un extrait de vanille contrôlé sur deux était conforme à la réglementation

  • Un échantillon d’extrait de vanille qualifié de « concentré de vanille » était en réalité un arôme à flaveur vanille mélangé avec de l’eau. Cette pratique frauduleuse a fait l’objet d’une amende administrative et d’un procès-verbal.
  • Des extraits de vanille étaient présentés de manière abusive comme des « extraits naturels de vanille » alors que le terme « extrait » est utilisé par défaut pour des préparations naturelles ; la mention « naturel » ne peut donc être utilisée dans ce cas. Ces constats ont donné lieu à des avertissements et des mesures de police administrative visant à corriger les étiquetages.

La moitié des arômes naturels de vanille prélevés était non-conforme

  • Ces arômes présentaient en particulier une teneur en vanilline insuffisante ou une proportion de vanilline issue de procédés biotechnologiques pouvant aller jusqu’à plus de 90 % (proportion considérée comme incompatible avec la dénomination « arôme naturel de vanille »). Les services de contrôle ont enjoint au professionnel de modifier la fiche technique du produit à destination des clients professionnels et la dénomination de l’arôme. Une amende administrative a de plus été prononcée.
  • Une partie des arômes contenait du caramel aromatique présenté à tort comme un support des arômes alors qu’il remplit en pratique un rôle de colorant. Un avertissement a été adressé au professionnel.

13 denrées aromatisées sur 38 prélevées n’étaient pas conformes

Les trois échantillons de sucre à la vanille prélevés contenaient une très faible teneur en vanilline, voire n’en contenaient pas du tout. Leur étiquetage a fait l’objet d’une mesure administrative de mise en conformité. Un échantillon de sucre vanillé contenait également un composé de synthèse : l’éthylvanilline. D’autres encore se présentaient comme étant à l’arôme naturel de vanille alors qu’ils incorporaient en très grande majorité de la vanilline issue de procédés biotechnologiques.

Les enquêteurs de la DGCCRF ont donc mis en évidence des pratiques frauduleuses visant notamment :

  • à remplacer des produits de la vanille (telles que des gousses entières) par des produits de qualité inférieure (gousses épuisées, extraits de vanille constitués d’eau et d’un arôme artificiel) ;
  • intensifier le goût, l’odeur et l’aspect de la vanille en trempant les gousses dans un arôme à flaveur vanille ;
  • reproduire la flaveur vanille en ajoutant de la vanilline issue des biotechnologies en proportion importante par rapport à la vanilline provenant des gousses de vanille ;
  • standardiser la couleur des arômes de vanille avec du caramel ayant un rôle de colorant – ce qui n’est pas autorisé par la réglementation.

Au vu de ces pratiques, la DGCCRF continuera de surveiller ce secteur.

Partager la page