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Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

E-commerce : les règles applicables aux relations entre professionnels et consommateurs (relation B to C) - 22/06/2017

E.commerce : les règles applicables aux relations entre professionnels et consommateurs (relation B to C)

 

Il s’agit ici de préciser les règles générales relatives à l’exercice des pratiques commerciales, les obligations d’information du consommateur, le régime du contrat de vente conclu par internet et les règles spécifiques relatives aux soldes et à la réduction des prix.

 

 

 

L’exercice des pratiques commerciales – Règles générales

Les pratiques commerciales que vous mettrez en œuvre dans le cadre de votre activité ne doivent pas être déloyales, trompeuses ou agressives.

Une pratique commerciale est déloyale quand elle vise à influencer abusivement le choix du consommateur, pour le pousser à contracter, à acheter sur un site.

Il existe deux catégories de pratiques commerciales déloyales :

  • les pratiques trompeuses (article L.121-1 et suivants du Code de la consommation)
  • les pratiques agressives (articles L.122-11 à L.122-15 du Code de la consommation).

Les obligations d’information du consommateur propres au e-commerce

En plus des informations traditionnelles à fournir (articles L. 111-1 et L. 111-2 du Code de la consommation), vous devez indiquer aux consommateurs sur votre site internet, de façon claire et compréhensible (article 19 de la loi  n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance en l’économie numérique, articles L. 121-16 à L.121
24 du Code de la consommation) :

  • votre nom ou raison sociale ;
  • votre adresse de siège social (si vous êtes une personne morale) ainsi que votre adresse de courrier électronique ;
  • vos coordonnées téléphoniques grâce auxquelles on peut effectivement entrer en contact avec vous ;
  • les autres informations prévues à l’article 19 de la loi n°2004-575 précitée (numéro RCS, capital social, etc.) ;
  • le coût total du produit ou du service ainsi que les éventuels frais supplémentaires ;
  • les frais de livraison ;
  • les modalités de paiement, de livraison ou d’exécution ;
  • l’existence ou l’absence d’un droit de rétractation (voir encadré) et les modalités ;
  • la durée de la validité de l’offre et du prix proposés ;
  • la date ou le délai auquel vous vous engagez à livrer le bien ou à réaliser la prestation de service.


L’offre de vente sur internet étant une proposition de contrat, elle devra également énoncer, de manière à ce que le consommateur puisse les conserver et les reproduire, les conditions contractuelles applicables (article 1369-4 du Code Civil), à savoir :

  • les différentes étapes à suivre pour conclure le contrat par voie électronique ;
  • les moyens techniques permettant à l’utilisateur, avant la conclusion du contrat, d’identifier les erreurs commises dans la saisie des données et de les corriger ;
  • les langues proposées pour la conclusion du contrat ;
  • en cas d’archivage du contrat, les modalités de cet archivage par l’auteur de l’offre et les conditions d’accès au contrat archivé ;
  • les moyens de consulter par voie électronique les règles professionnelles et commerciales auxquelles l’auteur de l’offre entend, le cas échéant, se soumettre.


Au plus tard au moment de la livraison, il faudra fournir au consommateur, sur un support écrit ou tout autre support durable (article L. 121-19 du Code de la consommation) :

  • la confirmation des informations précédemment données (votre nom, vos coordonnées, les frais de livraison, etc.) ;
  • une information sur les conditions et les modalités du droit de rétractation ;
  • l’adresse de l’établissement du fournisseur où le consommateur peut présenter ses réclamations ;
  • les informations relatives au service après-vente et aux garanties commerciales.

Le droit de rétractation

Le droit de rétractation, permet au consommateur de revenir sur ses engagements, dans un délai de quatorze jours francs.

Toutefois, certains cas prévus par la loi ne sont pas concernés par ce délai (articles L.121-20-2 et L.121-20-4) : biens confectionnés selon les spécifications du consommateur (produits sur mesure, etc.), ventes de biens périssables ou encore prestations de  services d’hébergement, de transport et de restauration devant être fournis à une date ou selon une périodicité déterminée.

Au moment de l’offre, vous devez préciser si le droit de rétractation existe ou non.
Quand le client va conclure le contrat, vous devez impérativement l’informer sur les conditions et les modalités d’exercice de ce droit (durée du délai de rétractation, point de départ, remboursement du produit, paiement des frais de retour, etc.) ainsi qu’un formulaire type de rétractation (article L121-17).

Le décret n°2014-1061 du 17 septembre 2014 insère dans le Code de la consommation un avis d'information type (annexe à l’article R. 121-2) ainsi qu’un modèle de formulaire type de rétractation (annexe à l’article R. 121-1). L’information sur l’existence du droit de rétractation est donnée au consommateur à travers ces deux documents qui portent également à la connaissance du consommateur les modalités de l’exercice de cette faculté.
Si vous ne fournissez pas ces informations, le délai de rétractation est étendu à douze mois. Si au cours de cette période vous donnez au client les informations prévues par la loi, un nouveau délai de sept jours court à compter de la date à laquelle vous aurez satisfait à l’obligation de communication.

Le délai de rétractation de quatorze jours court à partir du lendemain de la réception du bien pour les ventes de biens et à partir du lendemain de l’acceptation de l’offre dans le cas des prestations de service.
Quand il expire un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prorogé jusqu’au prochain jour ouvrable.
Par exemple : en cas de réception du bien le 10 janvier, le délai de rétractation court du 11 au 24 janvier inclus. À compter du 25, la rétractation n’est donc plus possible. Si le 24 est un samedi, le délai court jusqu’au lundi 26.

Le consommateur peut se rétracter sans justifier sa décision. La seule limite est l’abus de droit mais celui-ci est difficile à démontrer. En pratique, la mauvaise foi du consommateur est rarement établie.

L’exercice du droit de rétractation a pour effet d’annuler le contrat, dans les conditions suivantes :

  • vous devez rembourser le bien (et ses frais de livraison initiaux) dans les quatorze jours suivant la rétractation de votre client ou après récupération des biens ou fourniture d’une preuve de réexpédition de ces biens. Le remboursement peut se faire par tout moyen de paiement ;
  • le consommateur est quant à lui tenu de vous renvoyer le bien dans les quatorze jours en prenant à sa charge les frais de retour, ce dont vous êtes tenu de l’informer.


En cas de non-respect de l’obligation d’information précontractuelle liée au droit de rétractation il est encouru une amende administrative de 15 000 € maximum pour une personne physique et de 75 000 € pour une personne morale.

Le délai de livraison

 

À défaut de précision sur la date de livraison ou d'accord exprès entre les parties, le professionnel livre ou exécute sans retard injustifié, autrement dit dans un délai raisonnable, au plus tard trente jours après la conclusion du contrat (article  L.138-1 du Code de la consommation).

En cas de défaut de livraison à la date ou au délai prévu ou, à défaut, au plus tard trente jours après la conclusion du contrat, le client peut vous enjoindre, par un écrit, d’effectuer la livraison ou de fournir le service dans un délai supplémentaire raisonnable. Si vous ne vous êtes pas exécuté dans ce nouveau délai, le client pourra demander, toujours par un écrit, la résolution de la vente. Celle-ci devient effective dès que vous recevez son écrit.
Toutefois, les circonstances qui entourent la signature du contrat ou une demande expresse du client peuvent faire de la date ou du délai prévu une condition essentielle du contrat. Si le client n’est pas livré à cette date ou dans ce délai, il peut résoudre immédiatement le contrat (article L.138-2 du même code).

Attention à ne pas faire de publicité mensongère en indiquant par exemple un délai impossible à tenir (livraison en 24 heures par exemple). En effet, toute publicité mensongère vous expose à une sanction. 

Pour respecter les délais de livraison, il faut veiller à disposer de stocks suffisants et de la logistique nécessaire pour préparer et envoyer les commandes.

La conclusion du contrat

Du fait de l’absence physique des parties, une procédure spéciale est prévue par l’article 1369-5 du Code civil :

  • la commande (étape « du premier clic ») ;
  • le récapitulatif de la commande : on doit avoir la possibilité de modifier ses choix et de corriger ses erreurs éventuelles ;
  • la confirmation de la commande (étape « du deuxième clic ») c’est-à-dire l’acceptation véritable de l’offre et donc la conclusion du contrat ;
  • en outre, la fonction utilisée pour valider une commande comportera la mention claire et lisible : « Commande avec obligation de paiement ».


Cependant, lorsque le contrat est conclu à la suite d’un échange de courriers électroniques, il n’est pas nécessaire de respecter toute cette procédure (article 1369-6 du Code civil).

L’inexécution du contrat en cas d’impossibilité de livrer

Si vous ne pouvez pas livrer car le produit est indisponible :

  • si le produit commandé par le client est finalement indisponible, il faut l’en informer ;
  • le consommateur peut se rétracter ou dénoncer le contrat ;
  • il doit être remboursé au plus tard dans les quatorze jours.


Si vous ne pouvez pas livrer pour cause de force majeure, intempéries ou autres circonstances qui ne sont pas de votre fait, vous pourrez, en cas de contentieux, invoquer la force majeure. Mais il faut savoir qu’elle est rarement admise. Si une telle situation se présentait, il faudrait rechercher un autre moyen de satisfaire le consommateur.

Que risquez-vous si vous n’exécutez pas le contrat ?

Vous êtes responsable de la bonne exécution du contrat. Si vous ne respectez pas vos engagements, le client pourra vous demander réparation de son préjudice et notamment des dommages-intérêts sans avoir à démontrer que vous avez commis une faute.

Par ailleurs l’article 15 de la LCEN a instauré pour le vendeur à distance une « responsabilité de plein droit» c’est-à-dire que vous êtes responsable de la bonne exécution du contrat tout au long de la chaîne de commande-transport-livraison.

Le cas de force majeure (un fait irrésistible et imprévisible) ou bien la faute du consommateur lui-même sont seuls susceptibles de vous exonérer de cette responsabilité.

Tout au long de l’année : la réduction de prix

Vous pouvez informer le consommateur des réductions de prix par le biais d’une publicité. Vous pouvez chiffrer librement le montant de la réduction, mais devez pouvoir justifier de sa réalité.

Cas particulier : quand un taux unique de remise est pratiqué pour des produits ou services parfaitement identifiés, le prix réduit peut ne pas être indiqué sur chaque produit, à condition de l’indiquer clairement (par exemple : -30 % sur prix indiqué pour toutes les chemises).

Les offres spécialement adressées à certains consommateurs, par exemple, les réductions liées à l’âge, à la possession d’une carte de fidélité ou autre, doivent apparaître sur votre site internet ainsi que les conditions préférentielles accordées à cette occasion.
 

Les éléments ci-dessus sont donnés à titre d'information. Ils ne sont pas forcément exhaustifs et ne sauraient se substituer à la réglementation applicable.

 

Pour tout renseignement complémentaire, reportez-vous aux textes applicables ou rapprochez-vous de la préfecture de votre département, plus précisément de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) ou direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) .

Télécharger la fiche pratique

 

Textes applicables

 Code de la consommation

  • articles L.111-1, 2 et 3 – obligations d’information du consommateur
  • articles L.121-2 et suivants - pour les pratiques trompeuses
  • article L. 121-11 – vente de biens et services à distance
  • articles L.122-6 et 7 et L.121-22 pour les pratiques agressives
  • articles L.121-18 et suivants et L.242-3 - droit de rétractation

Code du commerce

Code civil

 

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