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Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Les huiles essentielles - 14/09/2016

Les huiles essentielles ont trouvé leur place dans la maison pour purifier l’air ambiant, parfumer le linge, voire même soulager les petits « bobos ». Mais attention, bien que d’origine naturelle, ces préparations ne sont pas sans risque ! Ce sont des concentrés actifs qui peuvent s’avérer dangereux s’ils ne sont pas utilisés à bon escient.

 

 

 

 

Crédit photo : Fotolia

 

 

 

Définition d’une huile essentielle

L’huile essentielle est une substance odorante volatile produite par certaines plantes et pouvant être extraite sous forme de liquide obtenu par distillation de plantes aromatiques à la vapeur d’eau (feuilles, fleurs, écorces, graines, tiges, etc.) mode d’extraction le plus utilisé.

Bien qu’on l’appelle huile, cette substance ne contient aucun corps gras.

Les huiles essentielles sont en vente libre. On les trouve en pharmacie, en grande surface, dans les magasins spécialisés et sur internet.

La réglementation applicable dépend de l’usage préconisé

Les huiles essentielles ne doivent pas être présentées sans fonction déterminée. De fait, il incombe au responsable de leur mise sur le marché d’informer les consommateurs sur le mode et les précautions d’emploi[1]. C’est donc en fonction de la mention sur l’étiquette que chaque produit peut ainsi entrer dans une catégorie soumise à une réglementation particulière. Une présentation du produit non conforme à l'usage auquel il est en principe destiné peut être considérée comme un délit de tromperie sanctionné par la DGCCRF[2].

L’utilisation des huiles essentielles

On ne choisit pas son huile par hasard. Il faut se renseigner avant tout usage car les huiles essentielles sont très concentrées en éléments chimiques actifs et peuvent présenter certains dangers.

Il existe plusieurs modes d’utilisation par :

  • voie interne : comme les huiles essentielles sont irritantes pour les muqueuses, on les mélange généralement à un peu d’huile végétale, à du miel. Elles ne doivent pas, en principe, être ingérées pures ;
  • voie externe : on la mêle à une huile de massage ou à un onguent pour lui permettre de se diffuser dans l’organisme à travers la peau;
  • voie aérienne : l’huile diffusée dans l’air est absorbée par les voies respiratoires.

L’Union européenne classe d’ailleurs certaines d’entre elles comme substances dangereuses[3] et exige, à ce titre, la présence de mentions claires destinées à informer le consommateur.

Les huiles essentielles entrant dans la fabrication de médicaments

S’agissant de l’utilisation d’huiles essentielles à des fins thérapeutiques, le Code de la santé publique stipule que les médicaments à base de plantes, c'est-à-dire les médicaments « dont les substances actives sont exclusivement une ou plusieurs substances végétales ou préparations à base de plantes, ou une association de plusieurs substances végétales ou préparations à base de plante », peuvent être dispensés d’autorisation de mise sur le marché et être soumis à une simple obligation d’enregistrement auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)[4]. Certaines préparations à base d’huiles essentielles entrent dans ce cadre sous réserve de l’avis de l’ANSM. L’Agence a, par ailleurs, émis un certain nombre de recommandations relatives à l’utilisation des huiles essentielles dans la fabrication des médicaments auxquelles il convient de se référer[5].

Les huiles essentielles vendues en tant que :

ingrédients cosmétiques

Certaines huiles essentielles sont vendues en tant qu’ingrédients à mélanger soi-même pour préparer des produits cosmétiques « maison ». Il convient donc d’être particulièrement prudent vis-à-vis des risques d’allergies, de photosensibilisation (il faut éviter de les appliquer avant une exposition au soleil), de brûlures (lorsque le dosage n’est pas respecté), etc.

La réglementation européenne[6] relative aux cosmétiques a prévu un certain nombre de garde-fous qui s’appliquent aux huiles essentielles (respect du principe d’innocuité, règles de composition particulières, production d’un dossier d’information, règles d’étiquetage), notification de ces produits sur le portail européen des produits cosmétiques (Cosmetic products notification porta)..

denrées alimentaires

Dès lors qu’une huile essentielle est destinée à être ingérée et qu’elle ne répond pas à d’autres définitions (médicament notamment), elle doit être qualifiée de denrée alimentaire.  

  • Les huiles commercialisées pour un usage aromatique
    Beaucoup d’huiles essentielles peuvent être utilisées en cuisine. La réglementation européenne[7] relative aux arômes a prévu un certain nombre de dispositions, notamment celles relatives à l’étiquetage et aux obligations des responsables de la première mise sur le marché. Les huiles essentielles provenant de ces plantes peuvent donc être utilisées dans l’alimentation, à condition que leur dose d’emploi soit compatible avec une utilisation en tant qu’arômes ou aromatisants (2 % au maximum).
  • Les huiles commercialisées en tant que complément alimentaire
    Certaines huiles essentielles peuvent être utilisées pour compléter le régime alimentaire normal. Dans ce cas, la réglementation a introduit une obligation de déclaration auprès de la DGCCRF[8]. Les allégations de santé figurant sur ces produits sont également soumises à autorisation préalable.

A noter : les mentions dites « thérapeutiques » (prévention ou traitement de maladies) sont réservées aux spécialités pharmaceutiques.

les allégations valorisantes sont-elles autorisées ?

Seules les huiles essentiellles de qualité alimentaire peuvent porter le logo national AB ou le logo européen eurofeuille. Pour les huiles destinées à un autre usage, les allégations « bio » doivent répondre aux règles générales du Code de la consommation, notamment à l’interdiction de pratique commerciale trompeuse. Par ailleurs, en cas d’usage cosmétique, les allégations doivent respecter les critères communs auxquels sont soumises les allégations relatives aux produits cosmétiques. S’agissant des mentions « écologique », elles ne peuvent être présentes sur des produits classés dangereux, même dans le cadre d’un référentiel de certification privé.

produits biocides

Certaines huiles essentielles sont utilisées dans des produits pour une action de désinfection. Elles entrent dans la catégorie des produits biocides et doivent comporter un étiquetage spécifique (avec le nom de l’huile utilisée, sa concentration). Aux termes de la réglementation[9], les produits entrant dans cette catégorie ne peuvent être mis sur le marché que si les substances actives qui les composent sont autorisées pour un usage biocide. Une déclaration préalable à la mise sur le marché doit également être effectuée ainsi qu’une déclaration annuelle des quantités de produits mis sur le marché auprès du ministère en charge de l’environnement. Une déclaration de toxicovigilance, que le produit soit classé dangereux ou non, doit également être déposée.

Les précautions d’emploi des huiles essentielles

 

  • L’usage des huiles essentielles est déconseillé chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, les personnes âgées et les personnes souffrant de pathologies chroniques.
  • Ne jamais injecter d’huiles essentielles par voie intraveineuse ou intramusculaire.
  • Ne pas ingérer d’huiles essentielles.
  • Ne jamais appliquer d’huiles essentielles sur les muqueuses, le nez, les yeux, le conduit auditif, etc.
  • Pour les personnes à tendances allergiques, toujours effectuer un test d’allergie avant d’utiliser une huile essentielle.
  • Après un massage ou une application cutanée, se laver consciencieusement les mains
  • Veiller à la qualité des huiles essentielles, aux garanties annoncées sur leur provenance ainsi qu’au mode de culture dont elles sont issues.
  • Ne jamais chauffer une huile essentielle pour la diffuser.

 

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