Écrit le 20/03/2024
L’Île-de-France est la première région d’implantation des établissements de la filière spatiale et la deuxième région employeuse dans ce domaine, avec près d’un quart des effectifs nationaux. L’étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) analyse les caractéristiques de la filière spatiale en Île-de-France au regard de l’écosystème spatial français, dont elle constitue avec le sud-ouest l’un des deux pôles principaux.
« La filière spatiale regroupe l’ensemble des entreprises dont l’activité concourt in fine à la construction d’astronefs ou de leurs moteurs, que ce soit pour un usage civil ou militaire. » Cela regroupe donc à la fois des activités de conception, de fabrication, de contrôle ou de commercialisation. Il s’agit d’un secteur stratégique dans lequel il y a une forte concurrence internationale (Chine, Japon et Etats-Unis notamment) et une innovation technique et technologique particulièrement soutenue. Cette étude de l’INSEE (n° 184, 11 mars dernier, INSEE) analyse les caractéristiques de la filière spatiale en Île-de-France au regard de l’écosystème spatial français, dont elle constitue avec le sud-ouest l’un des deux pôles principaux.
8 550 salariés dédiés au spatial en Île-de-France
En 2020, la filière spatiale régionale mobilise 540 entreprises sur le territoire francilien et 576 établissements. Ceux-ci emploient 72 600 salariés, dont 8 550 sont dédiés uniquement à l’activité spatiale, soit 12 % de l’effectif de ces établissements. Les deux tiers des établissements relevant de la filière régionale sont des petites et moyennes entreprises (PME), 23 % des établissements de taille intermédiaire (ETI) et 10 % de grandes entreprises. Toutefois, l’emploi se concentre à 64 % dans les grandes entreprises.
La filière est dominée par quelques grands groupes comme ArianeGroup ou Airbus Defence and Space, qui sont les seuls en France à avoir les moyens d’assurer la maîtrise d’ouvrage des produits finaux. Ces groupes font ensuite appel à un réseau de sous-traitants, qui ne sont pas nécessairement spécialisés dans le secteur spatial et qui dépendent, pour le processus de fabrication, des spécifications fournies par leurs clients.
Plus des trois quarts des salariés franciliens dédiés dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine
Les principaux pôles d’implantation des entreprises de la filière spatiale de la région sont situés aux Mureaux (ArianeGroup), à Saint-Quentin-en-Yvelines (Airbus Defence and Space), à Gennevilliers (Thales) et dans le prolongement du sud-ouest de Paris (Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Vélizy-Villacoublay). Au total, deux départements dans l’ouest de la région concentrent les trois quarts de l’emploi salarié régional : les Yvelines avec 3 730 salariés (soit 46 % de l’emploi régional) et les Hauts-de-Seine avec 2 420 salariés (30 %).
Dans ces territoires, les entreprises peuvent trouver l’espace nécessaire à leurs infrastructures industrielles tout en bénéficiant de la proximité d’un bassin de main-d’œuvre hautement qualifiée et d’un environnement de formation et de recherche internationalement reconnu.
La région francilienne se caractérise notamment par la présence de nombreux sièges sociaux. Ainsi, 33 % des entreprises françaises de la filière spatiale ont leur siège social implanté en Île-de-France, contre 13 % pour l’Occitanie. La région s’impose donc comme le principal centre de décision et de conception, alors que l’Occitanie est davantage orientée vers des activités de production.
Le rôle important joué par l’innovation
Les activités spatiales ont recours à des technologies de pointe en constante évolution du fait de l’innovation. Sur les 540 entreprises de la filière implantées en Île-de-France, 29 % ont pour fonction principale l’ingénierie, la conception et la recherche et développement, tandis que c’est le cas de 23 % d’entre elles dans la filière nationale.