Lettre de la DAJ – Crise du Covid-19 et pénurie d’intrants chinois : quel impact sur les entreprises françaises ?

Dans une étude tout juste publiée, l’Insee analyse les conséquences de la baisse de production chinoise durant le confinement. Au-delà de l’analyse, cette étude formule des recommandations pour faire face, à l’avenir, à toute autre pénurie non anticipée.

Une baisse de production créant une pénurie d’intrants chinois sur le marché français 

Le confinement de janvier 2020 en Chine a eu pour conséquence de faire chuter la production des entreprises chinoises. Les entreprises françaises se fournissant en Chine ont donc subi cette baisse de production qui s’est concrétisée par une pénurie d’intrants (éléments entrant dans le processus de production). Selon l’étude de l’INSEE : « ces entreprises touchées - par la pénurie - sont nombreuses, elles représentent environ la moitié des entreprises françaises qui participent au commerce international ». A ce titre, la Chine est l’un des plus grands fournisseurs d’intrants de la France.

L’INSEE évalue la baisse des importations de 23,1 % entre février et juin 2020 pour les entreprises françaises s’approvisionnant en Chine. Cette baisse est réduite à 15,4 % pour les entreprises importatrices d’autres intrants étrangers, hors Chine.


Diversifier ses approvisionnements n’est pas suffisant pour amortir les effets de la pénurie

L’une des stratégies permettant de limiter les conséquences de la pénurie serait de diversifier ses sources d’approvisionnement. En réalité, cette mesure n’amortit pas les effets de la pénurie.

L’étude de l’INSEE a analysé les données des entreprises touchées par le confinement chinois et important également des intrants d’autres pays que la Chine. Les exportations des entreprises se fournissant exclusivement en Chine suivent les mêmes trajectoires que celles ayant un approvisionnement diversifié. L’étude précise : « les entreprises touchées qui importent leurs produits à la fois de Chine et d’autres pays ne réduisent pas moins leurs ventes que celles qui, avant la pénurie, n’importent certains intrants que de Chine ». En effet, il peut être difficile pour les entreprises de trouver un produit de substitution pour certains intrants.

La diversification ne se relève efficace que lorsque l’entreprise importe des produits qu’il lui est facilement possible de se procurer en dehors de la Chine. L’INSEE conclut ainsi : « les ventes ne baissent pas pour les entreprises touchées dont les intrants sont standardisés (c’est-à-dire vendus sur des marchés organisés ou pour lesquels il existe un prix de référence (…) et pour lesquels la Chine n’est pas l’unique fournisseur ». En parallèle, les entreprises qui ne se sont pas diversifiées avant la pénurie ont dû diversifier leurs importations d’intrants initialement achetés en Chine.

La constitution de stocks : une solution pour absorber les pénuries

Constituer des stocks de matières premières, de produits finis ou de marchandises peut permettre de continuer à produire ou à vendre en cas de pénurie d’intrants. L’étude précise que les entreprises touchées par le choc et qui présentent un haut niveau de stocks maintiennent leurs exportations comme les entreprises non touchées par le choc. A contrario, les entreprises les moins bien dotées en termes de stocks voient leurs exportations baisser fortement en comparaison des entreprises non touchées.