Écrit le 15/04/2026
Lecture : 6 minutes
Les pensions alimentaires que vous versez à un proche (enfant, ex-conjoint et ascendant) sont déductibles de vos revenus imposables sous certaines conditions. Quelles sont-elles ? Quel est le montant de cette déduction ? Comment déclarer les pensions versées ? On vous répond.
Ce qui change en 2026
Le service de déclaration des revenus de 2025 est ouvert depuis le 9 avril 2026.
Cette année, plusieurs nouveautés fiscales sont prévues : revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu, application par défaut du taux individualisé, nouvelles informations à déclarer pour les contribuables ayant recours aux services à la personne…
Prenez connaissance de ces changements afin de remplir correctement votre déclaration de revenus.
Qu'est-ce que l'obligation alimentaire ?
Les descendants (enfants, petits-enfants, etc.) sont tenus d'aider un ascendant (parent, grand-parent, arrière-grand-parent) qui n'est pas en mesure d'assurer ses besoins fondamentaux (se loger, se nourrir, se soigner…). On parle d'obligation alimentaire.
Du fait des obligations liées au mariage, les gendres et belles-filles ont la même obligation à l’égard de leurs beaux-parents dans le besoin.
Elle se matérialise par une aide qui peut être apportée sous forme d’argent ou en nature pour couvrir tout ce qui est nécessaire à la vie courante d’un proche.
L'obligation alimentaire ne s'applique pas aux frères, sœurs, oncles, tantes et cousins. Les aides apportées à ces personnes ne sont donc pas déductibles.
Les pensions alimentaires versées aux ex-époux et les contributions aux charges du mariage (en cas de séparation sans dissolution du mariage) sont admises, sous certaines conditions, en déduction du revenu brut global du débiteur de la pension.
En savoir plus sur l’obligation alimentaire
La déduction des pensions alimentaires versées à l'ex-conjoint(e)
Vous êtes divorcé ou en instance de divorce
Vous pouvez déduire la pension alimentaire versée à votre ex-mari ou ex-femme si les conditions suivantes sont remplies :
- être séparé, divorcé ou en instance de séparation ou de divorce,
- faire l'objet d'une imposition séparée,
- les pensions doivent être versées en vertu d'une décision de justice ou d'une convention de divorce par consentement mutuel,
- les pensions doivent avoir un caractère alimentaire (nourriture, logement...).
Les sommes versées à titre de dommages et intérêts et celles versées à la suite d'un accord à l'amiable (non validées par un juge) ne peuvent quant à elles pas être déduites.
Vous devez indiquer le montant des sommes versées dans la partie « Charges déductibles » de votre déclaration de revenus.
À savoir
Si vous versez une prestation compensatoire à votre ex-époux(se) à la suite d'un divorce, vous pouvez :
- la déduire de vos revenus imposables si la prestation compensatoire est versée sous forme de rentes,
- ou bénéficier d'une réduction d'impôt si la prestation compensatoire est versée sous forme de capital en une fois ou étalée sur au moins 12 mois. La réduction d'impôt est alors de 25 % du montant fixé par le juge, conformément aux dispositions de l'article 199 octodecies du code général des impôts.
Retrouvez les règles applicables lorsque vous percevez une prestation compensatoire de la part d’un(e) conjoint(e) ou ex-conjoint(e) sur service-public.gouv.fr.
Vous êtes toujours marié mais séparé
Dans ce cas, la contribution aux charges du mariage est déductible si vous et votre conjoint(e) faites l'objet d'impositions distinctes.
Là aussi, vous devez indiquer le montant des sommes versées sur votre déclaration de revenus, dans la partie « Charges déductibles ».
La déduction des pensions alimentaires versées aux enfants
Dans le cas où l'enfant est mineur
À la suite d’une séparation ou d'un divorce, vous pouvez déduire la pension versée à vos enfants mineurs dont vous n'avez pas la garde :
- si la pension a été fixée par jugement, vous devez déduire le montant de la pension fixée par le juge,
- si la pension n’a pas été fixée par jugement, vous pouvez déduire la pension que vous versez.
À savoir
Aucune pension alimentaire n'est déductible en cas de garde alternée car vous bénéficiez d'une majoration du nombre de parts de quotient familial.
Aussi, le parent qui compte à sa charge un enfant en résidence alternée ne peut pas déduire de son revenu la pension alimentaire éventuellement versée à l’autre parent pour l’entretien de cet enfant.
Dans le cas où l'enfant est majeur
Vous pouvez déduire, dans certaines limites, la pension alimentaire versée à un enfant majeur, quel que soit son âge. L'enfant majeur doit être :
- détaché de votre foyer fiscal pour l'impôt sur le revenu,
- sans ressources ou ne pas disposer de revenus suffisants pour satisfaire à ses besoins élémentaires.
Dans ce cas, l'enfant majeur doit faire une déclaration personnelle de revenus. Il doit déclarer comme revenu la pension alimentaire, qui lui a été versée par le parent aidant, dans la rubrique « Pensions alimentaires reçues ».
Dans ce cas, l'enfant majeur doit remplir sa propre déclaration personnelle de revenus. Il doit déclarer la pension alimentaire qui lui a été versée par le parent aidant dans la rubrique « Pensions alimentaires reçues ». Pour en savoir plus, consultez notre article : Première déclaration de revenus, mode d’emploi
En ce qui concerne les conditions de déduction, elles varient selon que l'enfant vit chez ses parents ou non :
- L'enfant majeur vit chez ses parents
Il peut s'agir d'un enfant au chômage ou poursuivant des études. Pour la déclaration 2026 des revenus perçus en 2025, il est possible de déduire forfaitairement 4 075 euros par enfant au titre du logement et de la nourriture. Ce montant est doublé si votre enfant est marié ou pacsé.
Aucun justificatif n'est nécessaire. Vous devez indiquer cette déduction dans la partie « Charges déductibles » de votre déclaration d'impôt (formulaire 2042).
D'autres dépenses, comme les frais de scolarité, peuvent être déduites pour leur montant réel et justifié. La déduction totale est limitée à 6 855 euros par enfant.
- L'enfant majeur ne vit plus chez ses parents
Seules les dépenses réellement engagées et justifiées peuvent être déduites dans la limite de 6 855 euros par enfant, qu'il soit célibataire ou non. Il peut s'agir de dépenses en argent ou en nature (frais de nourriture, santé, scolarité, prise en charge du loyer...). Ce plafond est doublé si votre enfant majeur est marié, pacsé ou chargé de famille et que vous subvenez seul à ses besoins.
La déduction des pensions alimentaires versées aux ascendants
Conditions de déduction des pensions alimentaires versées aux ascendants
Il est possible de déduire les pensions alimentaires versées à un ascendant dans le besoin sous réserve de remplir les conditions suivantes :
- la pension doit être versée à un ascendant envers lequel vous avez une obligation alimentaire (parents, grands-parents ou beaux-parents),
- la pension alimentaire doit se limiter aux besoins essentiels de la vie courante du parent (santé, logement, nourriture...),
- la pension alimentaire doit être proportionnée à vos ressources, en tenant compte de vos charges.
À savoir
Les contribuables bénéficiant du crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié au domicile de leur ascendant ne peuvent pas déduire de pension alimentaire.
En savoir plus sur le crédit d’impôt lié à l’emploi d’un salarié à domicile
Montant de la déduction des pensions alimentaires versées aux ascendants
En règle générale, le montant de la déduction n'est pas limité si l'ascendant est hébergé hors de votre domicile, à condition de pouvoir justifier vos versements et la réalité des dépenses supportées.
Si l'ascendant vit chez vous, il est possible de déduire une somme forfaitaire de 4 075 euros par ascendant accueilli, sans justificatifs.
Un ascendant de plus de 75 ans est considéré comme étant dans le besoin lorsque son revenu imposable ne dépasse pas un certain plafond de ressources pour l’attribution de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa).
À savoir
Si vous êtes dans le besoin et qu'une personne qui verse la pension doit ayant une obligation alimentaire à votre égard vous verse une pension, vous devez déclarer la pension que vous avez perçue.
Ces montants sont à indiquer dans la partie « Pensions, retraites, rentes », de la ligne « Pensions alimentaires perçues » de votre déclaration de revenus.
Si vous disposez de très faibles ressources, vous n'avez pas à déclarer la somme que votre descendant verse directement à une maison de retraite ou un établissement hospitalier pour payer vos frais de séjour.