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Décembre 2025
Si Conti m'était conté...
En cette fin d’année, nous vous proposons une énigme publiée dans Le nouveau recueil d’énigmes dont la seconde édition, rédigée par Gayot de Pitaval, parut en 1721. Cet avocat du XVIIIe siècle a fait ses études à Paris pour devenir abbé. Il quitte la religion pour l'armée et, à cinquante ans, il reprend les études pour devenir avocat. Ce recueil était dédié à son Altesse sérénissime, Monseigneur le Prince de Conty.
Louis Armand, prince de Conti (1696-1727) à qui cet ouvrage était adressé, eut la faveur de Louis XIV, qui le combla de pensions, et sut se concilier l'affection du Régent. Il servit d’abord dans l'armée du Rhin mais était apprécié à la Cour pour ses talents poétiques, c'était avant tout un intellectuel.
Son fils Louis-François de Bourbon-Conti (1727-1776), prince de Conti comme lui, se distingua par d’éclatants services militaires. Il abandonna l'armée et, brillant intellectuel, fréquenta les salons et reçut le Tout-Paris à l'hôtel du Temple. Il devint un ministre secret de Louis XV.
La puissante famille Conti veille toujours sur la vie financière et intellectuelle française puisque l’actuel hôtel des Monnaies est bâti sur l’emplacement de leur demeure ancestrale et que les cinq académies, dont l’Académie Française, qui composent l’Institut de France, siègent Quai de Conti. Cependant elle fut constamment tenue à l'écart des postes politiques et militaires importants à cause de sa puissance même. Sa fortune fut l'une des plus considérables de France. Une frégate de la Compagnie des Indes a porté le nom de Prince de Conti en hommage à Louis-François. Son naufrage au large de Belle-Île-en-Mer en 1743 continue de défrayer la chronique puisque oubliée pendant plus de deux siècles, l’épave retrouvée a été pillée.
Mais une autre énigme nous attend dont les termes et l’orthographe exacts sont reproduits ci-dessous :
Je suis un corps formé par le Ciel & la Terre,
Tous deux à m’élever ont un même penchant :
Mais dans un tems j’éprouve une cruelle guerre,
Et le fer inhumain m’abbat sous son tranchant.
Alors je perds mon sexe, & on m’en donne
un autre ;
Vile & simple en tous lieux, mon usage est sans
prix ;
Insensible au plaisir, je brûle pour le vôtre,
Et je suis cependant l’objet de vos mépris.
Mais malgré vos dedains, sensible à ma flâme,
A joüïr de mes feux on vous voit empressez ;
Ils sont les confidens des secrets de vôtre ame,
Sans eux ceux des amours souvent seraient glacés.
Utile & méprisable, insensible & brûlante,
Dans toutes les saisons on me voit bienfaisante ;
Jugez de la rigueur que j’éprouve en mon fort,
Je m’enflâme pour vous, & ma flâme est ma
mort.
Saurez-vous quel objet de cette énigme poétique, numérotée CCC dans le recueil conservé à la bibliothèque historique du SAEF, trouve son apogée pendant la trêve des confiseurs de décembre ? Vous trouverez la réponse ainsi qu’une seconde énigme lors de la publication du document du mois de janvier 2026.
Pour aller plus loin
Sélection d’ouvrages de la bibliothèque historique du SAEF :
Plans des divers étages & coupe de l'hôtel des Monnaies à Paris ; élévation principale &... sur la rue Guénégaud / par Bance. – Paris : Bance aîné, 1826. – 1 vol. : 8 p., 14 pl. (3 doubles pl. & 1 calque) ; 56 x 42 cm (MONNAIE PNO 14)