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Janvier 2026
Les Grandes Figures de l’histoire économique et financière : Vincent Auriol, des Finances à la Présidence.
Connu pour avoir été le premier Président de la IVe République, Vincent Auriol, né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort il y a 60 ans, le 1er janvier 1966, a également marqué l’histoire des ministères économiques et financiers.
Membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), il est élu député de Muret (Haute-Garonne) en mai 1914. Il exercera ce mandat tout au long de la guerre au cours de laquelle il ne fut pas mobilisé en raison de son infirmité visuelle. De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, il préside la commission des finances de la Chambre des députés.
Spécialisé dans les questions financières et budgétaires, Vincent Auriol reçoit logiquement en juin 1936 le portefeuille des finances dans le premier gouvernement du Front populaire. Il rompt avec la politique déflationniste et revient sur la plupart des mesures prises par son prédécesseur, Marcel Régnier.
Il nationalise partiellement la Banque de France où le rôle des financiers est réduit au profit des hauts fonctionnaires. Chargé de financer les mesures sociales du cabinet Blum, il cherche également à soutenir l'activité des entreprises : les conditions d'octroi de l'assurance-crédit au commerce extérieur sont assouplies, des bonifications d'intérêts sur les prêts aux entreprises sont accordées, une Caisse nationale des marchés de l'État est instituée pour stimuler la commande publique et accélérer les règlements des fournisseurs de l'administration.
Cette politique s’avère coûteuse et suscite rapidement des problèmes de trésorerie qui amènent le Gouvernement à dévaluer. La loi monétaire du 1er octobre 1936 qui entérine cette dévaluation prévoit aussi un prélèvement exceptionnel sur l'or et rend obligatoire la déclaration de l'or détenu par les particuliers. Cette mesure, perçue comme liberticide, s'avère peu efficace, comme celles prises pour surveiller les prix. La création du fonds de stabilisation des changes, en mars 1937, améliore davantage la situation monétaire, de même que l'accord d'assistance administrative passé avec les États-Unis pour la répression de la fraude douanière.
Dans les derniers mois du cabinet Blum, Vincent Auriol s'attache surtout à trouver des ressources nouvelles, en partie destinées à financer un réarmement dont l'urgence est alors mieux perçue. D’autre part, la loi du 1er janvier 1937 réforme la taxe sur le chiffre d'affaires et augmente les droits de succession. Enfin, novateur attendu en matière de relations du travail, Vincent Auriol installe au ministère des Finances un comité consultatif du personnel en février 1937.
Il est ensuite nommé ministre de la Justice, du 29 juin 1937 au 14 janvier 1938 puis, du 13 mars au 10 avril 1938, ministre de la Coordination des Services à la Présidence du Conseil dans le deuxième gouvernement de Léon Blum, dont la démission met fin au Front populaire.
Arrêté en septembre 1940 et incarcéré, il est libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée en août 1941. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. L’année suivante, il parvient à rejoindre Londres et se met au service du général de Gaulle qui le charge, en 1944, de présider la Commission des Finances de l'Assemblée consultative d'Alger.
Le 31 janvier 1946, Vincent Auriol devient président de la première Assemblée constituante et un an plus tard, il est élu Président de la République.
C’est dans le cadre de ses fonctions présidentielles que la photographie présentée ici a été prise. On le voit sur ce cliché en visite en 1950 au stand de la Monnaie à la Foire de Paris, manifestation commerciale organisée depuis le début du XXe siècle.
A la suite de l’exposition universelle de 1900, la Chambre de commerce et d'industrie de Paris et un certain nombre d’organisations professionnelles, admiratives du succès rencontré par la foire de Leipzig, décident de créer, en 1903, le Comité des Expositions de Paris pour organiser la première Foire de Paris. Celle-ci ouvre ses portes le 17 mars 1904 au Carreau du Temple (avant de s’installer Porte de Versailles en 1921) et est alors axée sur les innovations technologiques et les nouvelles inventions. Le célèbre concours Lépine y sera d’ailleurs accueilli à partir de 1929.
Pour aller plus loin
Sélection d'ouvrages de la bibliothèque historique du SAEF :
Vincent Auriol et les finances publiques du Front populaire ou l'alternative du contrôle et de la liberté (1933-1939) / par Jean-Pierre Cuvillier. - Toulouse : Publications de l'Université de Toulouse-Le Mirail, 1978. – 1 vol. : XIX-124 p. ; 24 cm. – Série A, Tome 40 (CHEFF BH B 0618)
Archives de la présidence de la République : IVeme république : Vincent Auriol, 16 janvier 1947-16 janvier 1954, René Coty, 16 janvier 1954-8 janvier 1959 / par les Archives nationales (France). – Paris : Archives nationales, 2001. – 1 vol. : 402 p. ; 28 cm (356 ARC 2001)
Hier, demain / par Vincent Auriol. – Paris : Editions E. Charlot, 1945. – 2 vol., 301 p. et 350 p. ; in-8° (17 cm) (CHEFF NC 0192 (1-2))
Déflation et dévaluation. Rapports, travaux et comptes rendus, vœux et résolutions de la Troisième semaine de la monnaie / par César Chabrun, Vincent Auriol, A. Barriol et autres…- Paris : Maison coopérative du Livre, 1935. – 1 vol. : XVI-455 p. ; in-8° (20,5 cm) (CHEFF BH 8° 14662)