Écrit le 02/04/2026
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La participation est un dispositif d'épargne salariale permettant de redistribuer aux salariés une partie des bénéfices de l’entreprise. Toutes les entreprises sont-elles concernées ? En tant que salarié, pouvez-vous y avoir droit ? Comment cela fonctionne ? Explications.
Qu'est-ce que la participation ?
La participation est un dispositif d’épargne salariale : elle prévoit la redistribution d’une partie des bénéfices de l’entreprise au profit des salariés, au titre de leur travail.
La participation est distincte du salaire : les primes versées au titre de la participation ne peuvent se substituer à un élément de rémunération.
La participation doit être mise en place par un accord entre l'entreprise et les représentants des salariés et, dans les cas prévus par la loi, par une décision unilatérale de l'employeur (DUE).
Votre entreprise est-elle obligée de mettre en place un dispositif de participation ?
Entreprise de 50 salariés et plus
La mise en place d’un dispositif de participation est obligatoire pour les entreprises qui emploient au moins 50 salariés par mois au cours des cinq dernières années.
Le dispositif doit être mis en place au cours du premier exercice comptable* ouvert après la période de cinq ans d'emploi d'au moins 50 salariés.
*Période durant laquelle les données chiffrées d'une entreprise (activité et patrimoine) sont enregistrées. L'exercice dure en général 12 mois, alignés ou non sur l'année civile.
Entreprise de moins de 50 salariés
Depuis le 1er janvier 2025, un dispositif obligatoire de partage de valeur en entreprise est expérimenté pendant une durée de cinq ans dans les entreprises de 11 à 49 salariés dont le bénéfice net fiscal est au moins égal à 1 % des recettes pendant trois années consécutives.
Ce dispositif peut prendre la forme de :
- la signature d’un accord d’intéressement ou de participation,
- l’abondement d’un plan d’épargne salariale (PEE, PEI, Perco),
- ou encore le versement d’une prime de partage de la valeur.
Cela fait suite à l’entrée en vigueur d’un dispositif obligatoire de partage de la valeur, en application de la loi du 29 novembre 2023.
À savoir
Notez que les entreprises qui ne remplissent pas ces critères peuvent tout de même mettre en place la participation de façon volontaire.
Tous les salariés sont alors concernés, et l’entreprise doit leur remettre une fiche qui présente le ou les dispositifs mis en place. L'employeur peut mettre une condition d'ancienneté qui ne peut alors dépasser trois mois.
Quel est le montant de la prime de participation ?
La prime de participation est calculée en fonction des bénéfices de l’entreprise. Elle varie donc d'une année sur l'autre. Toutefois, quelle que soit la formule utilisée, le montant maximum de la prime de participation ne doit pas excéder 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale par an et par salarié. Pour l'année 2026, ce plafond est de 36 045 €.
Une formule de calcul fixée par le code du travail permet de calculer le montant de la part des bénéfices à distribuer aux salariés, appelée réserve spéciale de participation (RSP), dans le cadre de leur participation aux bénéfices de l'entreprise.
À savoir
Le chef d'entreprise peut décider de verser aux salariés un supplément de participation au titre du dernier exercice comptable clos, afin de corriger le décalage éventuel entre l'affichage de bons résultats de l'entreprise et un montant de participation qui ne reflèterait pas la bonne performance de l'entreprise. Dans tous les cas, le montant total distribué à un même salarié ne peut dépasser le plafond de 36 045 € pour l'année 2026.
Quand et comment est versée la prime de participation ?
La prime doit être versée au plus tard le dernier jour du cinquième mois suivant la clôture de l'exercice (soit avant le 1er juin de l'année suivante pour un exercice qui se clôture le 31 décembre).
Les salariés peuvent disposer immédiatement de la somme qui leur a été attribuée sous réserve d’en faire la demande dans un délai de 15 jours à compter de la date à laquelle ils ont été informés du montant dont ils bénéficient.
À défaut d’en faire la demande, les sommes acquises au titre la participation sont obligatoirement bloquées :
- pour moitié pendant cinq ans au minimum sur un PEE ou un PEI (ou huit ans en cas de régime de participation instaurée d’autorité en l’absence d’accord),
- et pour moitié jusqu’à la retraite (affectation de ces sommes au plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) ou au plan d’épargne retraite d’entreprise collectif - PERE-CO - lorsqu’un tel plan a été mis en place dans l’entreprise).
Notez que dans certains cas (mariage, naissance, divorce, etc.) un déblocage anticipé de la participation peut être demandé.
À savoir
Depuis le 1er décembre 2023, les accords de participation prévoient la possibilité pour les entreprises de verser aux salariés qui le souhaitent des avances sur leurs primes de participation.
Le paiement de ces avances peut se faire selon une périodicité qui est au moins trimestrielle.
Si le total des avances versées dépasse le montant de la prime annuelle de participation, l'entreprise récupèrera le trop versé sous la forme d’une retenue sur salaire.
Comment la prime de participation est-elle répartie entre les salariés ?
Les sommes versées sur la réserve spéciale de participation sont réparties entre tous les salariés de l’entreprise selon l’un des critères de répartition suivants :
- soit de façon uniforme entre tous les salariés,
- soit en proportion des salaires,
- soit en proportion du temps de présence dans l’entreprise,
- soit par la combinaison des trois critères ci-dessus.
Comment sont imposées les primes de participation ?
Les sommes attribuées dans le cadre de la participation et qui sont placées bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu dans la limite de 36 045 € pour l’année 2026 (35 325 € en 2025).
Les sommes versées immédiatement dans le cadre de la participation sont soumises à l’impôt sur le revenu, à la CSG (contribution sociale généralisée) et à la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale).
Vous souhaitez en savoir plus sur l’épargne salariale ?
Consultez nos deux pages dédiées :
- Salariés : tout ce que vous devez savoir sur l’épargne salariale
Ressources complémentaires
- La participation sur service-public.gouv.fr
- L'épargne salariale sur le site epargnesalariale-france.fr
- L’épargne salariale sur le site de l'Urssaf
- La participation sur travail-emploi.gouv.fr
- Articles L. 3321-1 à L. 3326-2 et R. 3322-1 et suivants du Code du travail
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019
- Articles L. 130-1 et R. 130-1 du code de la sécurité sociale
- Instruction ministérielle n° DGT/RT3/DSS/DGT/2019/252 du 19 décembre 2019
- Loi n°2023-171 du 9 mars 2023
- Loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l’entreprise
- Décret n° 2024-644 du 29 juin 2024 portant application des articles 9, 10, 12 et 18 de la loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l'accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l'entreprise
- Décret n° 2024-690 du 5 juillet 2024 portant transposition de diverses mesures prévues par l'accord national interprofessionnel du 10 février 2023 relatif au partage de la valeur au sein de l'entreprise