Service des archives économiques et financières

Sur la plage abandonnée...

Photographies de cabines de plage aux Sables-d'Olonne (1933)
SAEF, B-0054385 (fonds de la direction générale de l'enregistrement, des domaines et du timbre)

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Septembre 2026

Sur la plage abandonnée...

L’invention du tourisme remonte au XVIIIe siècle avec la pratique de ce que l’on a appelé le Grand Tour (qui donnera le terme « touriste »), à l’origine voyage éducatif à destination de jeunes et riches européens pendant leurs études. Ceux-ci se rendaient dans de multiples destinations en Europe, mais essentiellement dans les principaux sites culturels italiens afin de parfaire leur éducation classique.

A la même époque se développe une forme de tourisme thermal, là encore destiné à un public fortuné, avec le développement de stations en Allemagne, en Italie et en France (Aix-les-Bains, Vichy…).

Tout au long du XIXe siècle, on se passionne également pour l’ascension des sommets et la traversée des glaciers. Les séjours de sports d’hiver apparaissent alors et de nombreuses stations de ski voient le jour jusque dans les années 1930.
Parallèlement, un attrait pour la villégiature d’hiver dans le sud de la France se manifeste. Ce séjour, thérapeutique ou d’agrément, participe en un demi-siècle à la naissance d’une véritable région touristique, baptisée « Côte d’Azur » à la fin du XIXe siècle.

Au cours du XXe siècle de nouvelles formes de tourisme apparaissent avec la généralisation des congés payés à partir de 1936 et s’ouvrent à de nouvelles classes sociales. La pratique du camping, en particulier, connaît un essor considérable à partir des Trente Glorieuses et devient une pratique de masse.

Le développement des activités touristiques entraîne leur nécessaire réglementation qui se trouve, parfois, difficile à faire respecter. Ainsi en 1933, comme le montre le document présenté ici, le concessionnaire de la plage des Sables-d'Olonne écrit au ministre des Finances pour se plaindre, photographies à l'appui, des particuliers qui installent des tentes de bain sur la plage pour la journée, empiétant sur le domaine public, occasionnant une perte de chiffre d’affaires pour l’entrepreneur et se révélant être une source de gêne pour les autres usagers.

L’État reste cependant peu impliqué dans le domaine touristique jusqu’au premier tiers du XXe siècle, laissant l’organisation de ces pratiques aux communes (qui créent les premiers offices du tourisme) et à des associations privées, telles que le Club alpin français ou le Touring Club de France. Néanmoins, à l’initiative du ministre des Travaux publics Alexandre Millerand, l’Office national du tourisme est créé par la loi du 8 avril 1910. Avec des moyens limités, il doit organiser la centralisation des questions concernant le tourisme, la liaison avec les associations, la direction des opérations de transport, de circulation et de séjour des touristes.

En 1935, l’Office national du tourisme, victime des répercussions de la crise économique sur le tourisme et de difficultés financières, est remplacé par le Commissariat général au tourisme qui est chargé des missions administratives du tourisme en France, tandis que le Centre national d’expansion du tourisme gère les missions de promotion.

La situation évolue entre la Seconde Guerre mondiale et les années 1970, l’État s’impliquant de manière plus forte en élaborant de nombreux plans touristiques afin de développer les secteurs de l’hôtellerie ou des vacances sociales, de suivre puis de contrôler l’aménagement du littoral et des stations de sports d’hiver.

Le secteur du tourisme a longtemps été rattaché aux ministères de l’Équipement ou des Transports, mais aussi, dans les années 1960, au Premier ministre, puis aux ministères de la Culture, de l’Industrie, de l’Aménagement du territoire, des Affaires étrangères…
Le ministère des Finances exerce également une tutelle récurrente depuis les années 1980, seul ou en coopération avec d’autres ministères. Depuis 2009, la direction générale des entreprises qui en dépend pilote la politique du tourisme en France.

Progressivement, le tourisme a évolué et s’est diversifié. Il revêt aujourd’hui de nombreuses formes avec, par exemple, le développement du tourisme écologique, rural, sportif, mémoriel, tandis qu’apparaissent de nouvelles préoccupations telle que la lutte contre le surtourisme et la préservation des sites ou des monuments visités.

 

Pour en savoir plus :

Le SAEF vous propose son exposition virtuelle « Le tourisme en France : un voyage historique dans les archives du ministère ».

Pour aller plus loin

Sélection d’ouvrages de la bibliothèque historique du SAEF :

Le poids économique et social du tourisme / par Gérard Ruiz et Claude Warnet. – Paris : Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, 2010. – 1 vol. : 134 p. 30 cm. (594 POI 2010)

Rapport général de la Commission de modernisation du tourisme / par le Commissariat général du plan (France). – Paris : Commissariat général du plan, 1948.- 1 vol. : 387 p. ; 28 cm. (510.21 RAP 1948)

Les étapes d’un touriste en France. De Paris au Tréport par Amiens / par Alexis Martin. – Paris : A. Hennuyer, 1897. – 1 vol. : 268 p. ; 19 cm. (506.3 MAR)

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