Service des archives économiques et financières

1776-2026 : 250 ans de relations franco-américaines !

Médaille commémorative de la prise de Boston en 1776
Les Médailles de l’Administration Nationale des Monnaies de Paris consacrées aux États-Unis, SAEF, MONNAIE 8° 6536 (Fonds de la bibliothèque historique)

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Juillet 2026

1776-2026 : 250 ans de relations franco-américaines !

L’année 2026 est marquée par le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis d’Amérique, proclamée le 4 juillet 1776. Elle offre l’occasion de célébrer et de mettre en avant le rôle de la France dans cette guerre d’indépendance (1775-1783) et les relations entre ces deux pays. Alors qu’un certain nombre d’établissements culturels prévoient des événements afin de commémorer cet anniversaire, le Service des archives économiques et financières vous propose ainsi ce mois-ci de découvrir un document consacré à cette année 1776 !

Le 10 février 1763, à Paris, est signé le traité de paix qui met fin à la guerre de Sept Ans (1756-1763) et prive la France de ses territoires américains (la Nouvelle-France et la Louisiane) au profit de l’Angleterre et de l’Espagne. Cette guerre fut très coûteuse pour les deux camps, et l’Angleterre, afin de rembourser ses dettes, taxe alors lourdement ses colonies américaines. Las de cette pression fiscale imposée par un gouvernement outre-Atlantique où ils ne sont pas représentés, les Américains résistent, notamment en 1773 avec la fameuse Boston Tea Party. Les tensions culminent avec les batailles de Lexington et Concord en avril 1775, puis le siège de la ville de Boston où les forces britanniques stationnaient. En mars 1776, le siège est levé, marquant une victoire décisive pour les Américains, et l’une des premières pour le commandant en chef George Washington. Le 4 juillet 1776 les Treize Colonies déclarent leur indépendance. 

En France, on suit de près ce qui se passe en Amérique, d’une part parce que, désireux de se venger de la défaite et des pertes territoriales, on y voit l’occasion de porter un coup à l’Angleterre en aidant les Insurgents, mais aussi parce que la cause américaine, celle de la liberté, fait écho à la philosophie des Lumières opposée à l’absolutisme et à l’oppression. Avant l’arrivée de La Fayette en juillet 1777, le gouvernement français avait déjà apporté son soutien aux Treize Colonies sans pour autant être officiellement en guerre avec l’Angleterre. On estime que le Trésor royal a fait don de trois millions de livres, sous l’impulsion du secrétaire d’État des Affaires étrangères, le comte de Vergennes. Ce financement permet notamment l’envoi d’armes par le biais de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais et de son entreprise Rodrigue Hortalez & Cie.

C’est à la suite de la reddition britannique à Saratoga le 17 octobre 1777 que la France intervient directement en signant un traité d’alliance et un traité d’amitié et de commerce avec les États-Unis d’Amérique en février 1778. La France se porte alors garante de l’indépendance des États-Unis d’Amérique. Le 13 mars 1778 le gouvernement français annonce à l’Angleterre l’existence de ces traités. Les hostilités entre les deux pays commencent en juin 1778, avec un combat naval au large de Roscoff. Cette entrée en guerre est marquée par une victoire française qui galvanise tout le royaume. Cette euphorie ne dure pas : la flotte du comte d’Estaing tente à plusieurs reprises de débarquer en Amérique, sans succès ; en 1779 la France tente de débarquer en Angleterre, en vain… Une nouvelle stratégie est adoptée : l’envoi d’une armée de terre, forte initialement de 6 000 hommes, en Amérique avec le général Rochambeau à sa tête. Ce dernier rencontre Washington en mai 1781 et la décision est prise de marcher sur Yorktown. La ville de Yorktown capitule le 19 octobre 1781. Par le traité de Paris du 3 septembre 1783, l’Angleterre reconnaît l’indépendance des États-Unis d’Amérique.

Le document que nous vous présentons ce mois-ci est une médaille des Monnaies de Paris consacrée aux États-Unis. Sur son avers figure le portrait de Washington, commandant en chef de l’armée continentale. Sur le revers est représentée la prise de Boston, en mars 1776, consécutive à la fuite des troupes britanniques. On peut d’ailleurs y lire « hostibus primo fugatis » soit : « Pour la première fois, les ennemis sont mis en fuite ». Cette médaille française fut remise à Washington en souvenir de cette première grande victoire.

Pour aller plus loin

Sélection d'ouvrages de la bibliothèque historique du SAEF :

Histoire politique des États-Unis : depuis les premiers essais de colonisation jusqu'à l'adoption de la Constitution fédérale, 1620-1789. Tome premier : histoire des colonies / par Edouard Laboulaye.- Paris : A. Durand, Éditeur, 1855. – 1 vol. : 532 p. ; 22 cm. (9.245.1 LAB MAG/D4)

Histoire de la République des Etats-Unis depuis l'établissement des premières colonies jusqu'à l'élection du président Lincoln (1620-1860). Tome I / par Jean-Frédéric Astié. – Paris : Grassart, Libraire éditeur, 1865. – 1 vol. : XV-475 p. ; in-8° (21,5 cm). (CHEFF BH 8° 3237)

Histoire économique des Etats-Unis d'Amérique, des origines à nos jours. I. Du Système colonial aux lendemains de la Guerre de sécession. II. De la Paix civile aux deux guerres mondiales / par Harold Underwood Faulkner. – Paris : PUF, 1958. 2 vol. : XVI-754 p. (CHEFF BH B 0822)

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