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Voyage au bout de la terre.

Page de titre de "Voyage eu pôle sud et dans l'Océanie 1937-1940"
SAEF, 784 DUM 1846 (Fonds de la bibliothèque historique du SAEF)

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Mars 2026

Voyage au bout de la terre.

La bibliothèque historique du SAEF, riche de près de 70 000 ouvrages, recèle des trésors insoupçonnés. Nous vous proposons de découvrir aujourd’hui un exemplaire de l’ouvrage Voyage au pôle sud et dans l’Océanie, publié dans les années 1840…

Jules Dumont d’Urville, ce normand né à l’aube de la Révolution française en 1790, ne faillit pas à l’instinct de découverte de ses ancêtres vikings. Engagé dans la Marine à l’âge de 17 ans, son tempérament curieux et aventureux permit à ce polyglotte de mettre à profit ses connaissances de botaniste et cartographe. On le sait peu mais cet explorateur, qui fit ses classes en Méditerranée, a compris l’importance de la découverte d’une statue de déesse à Milos en mer Égée et c’est ainsi que la Vénus de Milo a fait son entrée au Louvre.

Enseigne de vaisseau depuis 1812, il participe à plusieurs expéditions maritimes au cours desquelles cet officier, naturaliste éminent, transforme son navire en laboratoire flottant. Il prend la tête de son ancien bâtiment, La Coquille, rebaptisé L’Astrolabe, et part, en compagnie de La Zélée, à la recherche des traces de l’expédition de La Pérouse disparu à Vanikoro en 1788. Il explore les côtes encore vierges du Pacifique. Il relève les contours des îles Loyauté, des Tonga et des Moluques, affine les cartes de la Nouvelle-Zélande. Observateur et pédagogue, il propose une classification des mondes océaniens - Mélanésie, Polynésie, Micronésie - qui fera date. 

Ces méthodes d’exploration ne sont pas sans parallèle avec les expéditions réalisées à bord de la station spatiale internationale, transformée en laboratoire scientifique, à bord de laquelle des chercheurs embarquent après un voyage au long cours au moyen d’un autre genre de vaisseau, spatial celui-ci.

En 1837 une expédition de deux corvettes, L’Astrolabe et La Zélée, quitte Toulon. À bord de l’Astrolabe, Dumont d’Urville s’embarque pour trois années d’exploration dans de rudes conditions.

Après avoir atteint Rio de Janeiro, il explore les mers australes, pousse vers le pôle Antarctique, en affrontant les plus grands périls, découvre quelques nouvelles terres. Il découvre une barrière compacte qui se prolonge à perte de vue. À force de travaux, les navires remontent vers le nord et découvrent une côte de 120 milles d’étendue : la péninsule antarctique.

En 1838, il sort des glaces et, en avril, fait relâche à Valparaíso. Dumont d’Urville quitte cette rade en mai, séjourne à Nuku Hiva, aux îles Marquises et il fait le relèvement complet des îles Salomon. Il arrive à Tahiti à la fin 1838. Après les Nouvelles-Hébrides et l'archipel de Banks, il retourne à Vanikoro (îles Nitendi), lieu du naufrage de La Pérouse où il fait restaurer le monument qu'il avait fait construire en hommage au navigateur quinze ans auparavant.

Le 1er janvier 1839, l'Astrolabe et la Zélée arrivent à Gouaham, puis à Amboine. Ils atteignent ensuite la pointe sud de Bornéo, Jakarta, Sumatra. C’est dans ces parages que les deux équipages éprouvent un cruel désastre : la maladie enlève 17 hommes, contraignant Dumont d’Urville à laisser 16 malades à Hobart vers les premiers jours de décembre.
À bord de L’Astrolabe qui vogue dans l’océan Austral, le matin du 22 janvier 1840, Dumont d’Urville distingue, au-delà des champs de glace flottante, une côte abrupte, toute de glace et de pierre, surmontée de pics aux contours incertains. D’Urville ordonne alors d’arborer le pavillon tricolore : « J’envoyai aussitôt un de nos matelots déployer un drapeau sur ces terres qu’aucune créature humaine n’avait ni vues ni foulées avant nous. » Ainsi naît la Terre Adélie, baptisée en hommage à son épouse Adèle. Quelques jours plus tard, une équipe débarque sur un îlot rocheux - le Rocher du Débarquement - pour y laisser un acte de prise de possession au nom de la France.

Le 27 janvier, forcé de renoncer à tous projets d’exploration de la terre Adélie, dont il avait tracé environ 150 milles d’étendue en voguant vers l'ouest, il se porte au nord, sous toutes voiles possibles, pour s’échapper du labyrinthe où il se trouve engagé. Le 1er février 1840 il quitte ces régions sauvages et met le cap au nord pour rallier Hobart. Il visite encore la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie, le détroit de Torres, touche à l’île Maurice et revient en France.

En 1834-1835, Dumont d’Urville fait paraître Voyage pittoresque autour du monde. L’ouvrage souvent réédité, résume de nombreux grands voyages de découvertes autour du monde.
Il disparaît tragiquement, avec sa femme Adèle et son fils, lors de la première catastrophe ferroviaire d’ampleur qui a lieu le 8 mai 1842 dans la tranchée de Bellevue à Meudon.

Vous trouverez dans la bibliothèque historique du SAEF un exemplaire de l’ouvrage Voyage au pôle sud et dans l’Océanie dont la page de garde vous est présentée ici. Il a été édité à titre posthume en 1846 et il présente de nombreuses illustrations de sa dernière circumnavigation dans les mers australes.

Pour aller plus loin

Sélection d’ouvrages de la bibliothèque historique du SAEF :

Les Six voyages… en Turquie, en Perse et aux Indes,... Observations sur la religion, la valeur des monnoyes.../ par Jean Baptiste Tavernier. – Paris : Clouzier & Barbin, 1675. – 2 vol.,  15 pl. & dépl. ; 24,5 x 20 cm (MONNAIE 8° 2303(1-2))

Voyage de Dalmatie, de Grèce et du Levant, enrichi de médailles et de figures / par  George Wheeler. – Amsterdam : Wolters, 1689. – 2 vol. : , Front., pl. cartes grav. ; 16,5 x 10,5 cm.- Rel. veau marbré d'époque. - Fonds Monnaie de Paris (MONNAIE RES. ROSAN 8° 4308(1-2))

Essai historique sur le commerce et la navigation de la mer Noire, ou Voyage et entreprises pour établir des rapports commerciaux et maritimes entre les ports de la Mer-Noire et ceux de la Méditerranée,.../ par Antoine-Ignace (baron) Anthoine de Saint Joseph. – Paris : Vve Agasse, 1820.-  Seconde édition. – 1 vol. : XVI-394 p., carte dépl. h.-t. ; in-8° (20,5 cm) (CHEFF BH 8° 1546)

Voyage autour du monde : Magnétisme terrestre / par Louis de Freycinet. – Paris : Imprimerie nationale, 1842. – 1 vol. : 342 p. : cartes ; 30 cm (504.3 FRE 1842)

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