Service des archives économiques et financières

Une histoire des jeux de société conservés dans les services d’archives

trois jeux
Pièce d’échecs, pièce de jeu et dés du XIe-XIIe siècle. Découvertes de la fouille archéologique de 2022 à Burgstein (Allemagne, district de Reutlingen)

Le jeu prend différentes formes à travers le temps et l’espace. Les premières traces matérielles de jeux sont attestées en Chine et en Mésopotamie. Des plateaux d’échecs datant du VIe siècle avant notre ère sont retrouvés en Perse, eux-mêmes dérivés du jeu du chaturanga apparu en Inde un siècle auparavant. Des jeux de dés sont découverts sur les territoires grecs et romains.

La « liste des jeux Bouddhistes » est quant à elle la plus ancienne trace écrite mentionnant les jeux. Ce document, rédigé durant le Ve siècle avant notre ère, liste les jeux auxquels Gautama Bouddha refusait de s’adonner car réputés « cause de négligence ».

Les premières cartes à jouer connues sont elles originaires de Chine (dynastie des Tang, 618-907) et furent ensuite importées via l’Empire ottoman en France à la fin du XIVe siècle (ordonnance du prévôt de Paris du 22 janvier 1397).

La Renaissance est une période créative avec l’apparition des jeux de l’oie, du tarot et du tric-trac.

Au XVIIe siècle, le jeu gagne ses lettres de noblesse, en devenant une véritable activité de Cour : savoir jouer et savoir se comporter autour d’une table de jeu est valorisé. Si durant le Moyen-Age, l’interdiction des jeux de hasard est une constante de la royauté française, tout change à partir du XVIe siècle avec l’ordonnance de François Ier en 1539. C’est surtout à la fin de l’Ancien Régime, avec le triomphe des jeux de loteries en Europe, que les jeux de hasard deviennent des jeux d’argent. En France, la loterie nationale fait son apparition en 1776 tandis que la figure du joueur professionnel apparaît et s’incarne parfaitement grâce à Casanova.

La respectabilité du jeu dépasse sa simple fonction courtoise et devient un objet scientifique. Ainsi des mathématiciens tels que Pascal, Cardon et Huygens s’y intéressent et les mentionnent dans leurs écrits. Le jeu devient également objet éducatif avec la création des puzzles géographiques et du jeu de l’oie pédagogique.

Le XIXe siècle marque l’avènement de l’industrialisation des supports et les débuts de la spécialisation et de la classification par type de jeux et par tranche d’âge.

Les premiers jeux modernes apparaissent au sortir de la seconde guerre mondiale : le scrabble est créé en 1948, et le plus vieux jeu français, le 1000 bornes, apparaît en 1954.

Le SAEF conserve dans ses fonds un certain nombre de documents relatifs aux jeux, notamment des moules en bois, des moules en cuivre ainsi que des jeux de cartes.

Le jeu est donc à la fois synonyme d’activité ludique mais aussi témoin d’une pratique fiscale.

Le SAEF collecte et conserve ces traces, notamment par le biais des archives de la Monnaie de Paris, de l’Autorité nationale des jeux ou encore de la Direction des douanes.En plus de collecter et conserver ces documents relatifs aux jeux, les services d’archives développent des propositions ludiques dans le cadre de politiques éducatives et à destination de leurs différents publics. Aujourd’hui le SAEF, dans une volonté d’innover et de proposer des formats différents, ludiques et interactifs, travaille sur des projets de jeux afin de valoriser l’histoire économique et financière. Cette démarche vous sera présentée en détail dans la prochaine lettre.

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