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Première réunion du conseil national de l’hydrogène

La première réunion du conseil national de l'hydrogène (CNH) s’est tenue jeudi 25 février, à Albi. L'occasion de réaliser un premier bilan de la mise en œuvre de la stratégie nationale pour le développement de l'hydrogène décarboné, en présence de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie.

©AA+W / Stock.Adobe.com

La France parmi les pays les plus en pointe pour le développement de l’hydrogène décarboné

Annoncée par le gouvernement le 8 septembre 2020, cette stratégie prévoit 7 Mds€ de soutien public d'ici 2030, dont 2 Mds€ d'ici 2022, dans le cadre de France Relance et des Investissements d’avenir.

La France figure parmi les pays les plus avancés pour leur stratégie, aux côtés de l’Allemagne, de la Chine, de la Corée et du Japon, et au regard des critères d’évaluation suivants :

  • développement de la production de l’hydrogène renouvelable et bas carbone,
  • définition d’objectifs clairs,
  • dispositif de pilotage et de suivi de la stratégie,
  • moyens financiers,
  • adaptation des réglementations. 

Une forte dynamique industrielle 

Le conseil national de l’hydrogène a constaté une forte dynamique industrielle qui est amenée à se poursuivre dans les prochains mois.

Dans le cadre de France Relance, 27 projets de R&D et d’intégration de technologies hydrogène ont d’ores et déjà été soutenus, pour 212 M€ d’investissement total et 37 M€ de soutien public. À ces projets viennent s’ajouter 60 M€ de soutien à la filière aéronautique dans le cadre du comité d’orientation de la recherche pour l’aéronautique civile (CORAC).

Par ailleurs, début 2021, un soutien financier a été annoncé pour aider 4 régions (Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est) à acquérir 14 trains hydrogène représentant un investissement total de 300 M€.

Dans le cadre de la première session de l’appel à projets « écosystèmes territoriaux » de l’agence de la transition écologique (ADEME), 7 projets représentant un investissement de 136M€ et une demande d’aide de 45M€ ont été présélectionnés pour soutenir la production par électrolyse et la mobilité hydrogène. La deuxième session de cet appel à projets compte déjà plus de 47 nouvelles demandes ouvertes, pour une présélection en juin prochain.

Des premiers éléments ont été présentés concernant les projets d’envergure qui pourraient bénéficier d’un accompagnement dans le cadre du Projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) en cours de construction au niveau européen, sous l’impulsion de la France et de l’Allemagne.

Ces projets français représentent un montant total d’aide avoisinant les 8 Mds€ et concernent :

  • la production d’électrolyseurs,
  • la décarbonation de l’industrie lourde,
  • la production des équipements pour la mobilité.

Les projets retenus donneront lieu aux premiers versements d’aides dès la fin de l’année.

Dans ce cadre France Hydrogène a dénombré 4 projets d’usines en France de fabrication d’électrolyseurs et a identifié des installations d’électrolyse projetées d’une puissance totale de 3,2 GW, soit d’ores et déjà près de 50% de l’objectif fixé par la stratégie nationale de disposer d’une capacité d’électrolyse sur notre territoire de 6,5 GW en 2030.

Des projets innovants utilisant les technologies de l’hydrogène sont également en développement dans les systèmes électriques des zones non interconnectées en outre-mer, tel que le projet CEOG de centrale photovoltaïque à puissance garantie avec stockage hydrogène.

Les écosystèmes français ont une bonne maîtrise des technologies clés

Le conseil national de l’hydrogène a établi une cartographie des technologies clés, en s’appuyant sur l’expertise de l’ensemble des comités stratégiques de filières concernés. Cette analyse montre que la France maîtrise ou disposera rapidement de toutes les technologies critiques nécessaires à sa souveraineté et permettant un passage rapide à l'échelle industrielle.

Des thématiques prioritaires ont été identifiées pour faire l’objet de travaux complémentaires. Il s’agit par exemple des membranes, des compresseurs d’air pour piles à combustible et électrolyseurs, ou encore des procédés de décarbonation pour l’industrie sidérurgique et les cimenteries.

Afin de soutenir ces nouveaux projets de R&D, le secrétariat général pour l'investissement a amélioré le dispositif d’aide « briques technologiques et démonstrateurs hydrogène » opéré par l’ADEME, en portant notamment la part de subvention dans les aides accordées à 60%, voire 75% sous certaines conditions.

Un développement des formations au sein de la filière hydrogène

La dynamique de la filière hydrogène est porteuse de perspectives importantes d’emplois. France Hydrogène est en cours de finalisation d’un référentiel des compétences-métiers qui sera présenté fin mars 2021 et accessible par internet. Sur les 75 métiers identifiés, une quinzaine apparait déjà en tension.

Un suivi régulier de la mise en œuvre de la stratégie hydrogène

La prochaine réunion du conseil national de l'hydrogène se tiendra d’ici l’été. Elle permettra de faire le point sur des thématiques d’intérêt commun telles que :

  • les enjeux de réglementation et de normalisation spécifiques au domaine de l’hydrogène, via des groupes de travail associant les industriels pour construire un cadre réglementaire permettant le développement de la filière en toute sécurité,
  • les projets et partenariats autour des technologies clefs qui font encore défaut à la filière française,
  • la mise en place de mécanismes de soutien à la production d’hydrogène renouvelable et décarboné,
  • la question des infrastructures de transport et de distribution.
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