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Vacances : ce qu’il faut savoir de l’immobilier en jouissance à temps partagé

Écrit le 28/07/2025

Lecture : 5 minutes

Vous avez peut-être déjà entendu parler de la jouissance à temps partagé d’un bien immobilier ou encore de « timeshare ». Il s’agit d’offres contractuelles, censées vous permettre de profiter, sur une période donnée, d’une résidence de vacances, sans en être propriétaire. Quels risques présente ce type d’opération ? Quels éléments devez-vous prendre en compte avant de signer ? On vous répond.

Qu’est-ce que la jouissance à temps partagé ou timeshare ?

L’immobilier en jouissance à temps partagé, parfois appelé timeshare, en anglais (time, le temps ; to share, partager), consiste à bénéficier, en contrepartie de l’acquisition de parts sociales dans une société civile immobilière*, de l’attribution d’un droit de jouissance d’un des biens détenus par la société en question une à plusieurs semaines par an. Il s’agit le plus souvent de résidences de tourisme.

Concrètement, ce système vous permet d’acheter le droit d’occupation d’un appartement d’une taille déterminée (une à trois chambres), dans un lieu précis, pendant une durée limitée (une à plusieurs semaines), à une période de l’année définie, et cela pendant un temps minimum.

* La forme est libre mais la société civile est généralement choisie.

Droit de jouissance à temps partagé : les points d'attention avant de vous lancer

Le principal avantage mis en avant par les promoteurs proposant ce type de contrat de jouissance réside dans la possibilité de profiter d’un bien dans une station balnéaire ou station de ski prisée, sans avoir à passer par la location saisonnière ou l’achat d’une résidence secondaire.

Toutefois, il est important de noter que ces offres ne constituent nullement un accès à la propriété. En effet, vous n’êtes pas propriétaire d’un bien, mais disposez seulement de la jouissance de celui-ci durant une période prédéfinie.  

En revanche, vous devenez associé de la société détentrice des biens et vous vous engagez alors à participer financièrement aux charges de gestion et d’entretien du bien dont vous avez la jouissance, mais aussi de la résidence où il se situe, en respectant la quote-part détenue par chaque investisseur.

Il est donc important d’évaluer les charges avec le plus de précision avant de vous engager. Les résidences concernées proposent souvent des prestations haut de gamme (gardien, jardin, piscine, etc.) et cela peut avoir un impact important sur votre budget.

Aussi, si le bénéfice du bien se restreint à quelques jours par an, votre engagement financier s’inscrit, lui, dans un temps long ayant pour seule limite la durée du contrat de jouissance. Cette durée peut aller jusqu’à 99 ans (durée de vie maximale d'une société civile immobilière) pour certains contrats.

Contrat de jouissance à temps partagé : que doit-il indiquer ?

L’acquisition d’un droit de jouissance à temps partagé sur un bien doit obligatoirement faire l’objet d’un contrat, dont les dispositions principales relatives au contenu et à l’information contractuelle sont énoncées par la loi.

Il faut être très vigilant concernant le contenu du contrat que l’on vous propose.

Le contrat doit obligatoirement indiquer :

  1. L'identité et le domicile du ou des professionnels, ou s'il s'agit d'une personne morale, sa dénomination, sa forme juridique et l’adresse de son siège.
  2. La désignation et la description du ou des biens ou services ainsi que de leur situation.
  3. L'objet du contrat ainsi que la nature juridique du ou des droits conférés au consommateur.
  4. La période précise durant laquelle les droits s’exercent.
  5. La durée du contrat et sa date de prise d'effet.
  6. Le prix principal à payer pour l'exercice du ou des droits conférés par le contrat et l'indication des frais accessoires obligatoires éventuels.
  7. Les services et installations mis à la disposition du consommateur et leur coût,
  8. La durée du droit de rétractation, ses modalités d'exercice et ses effets.
  9. Les informations relatives à la résiliation du contrat, le cas échéant à la résiliation du contrat accessoire, et à leurs effets.
  10. L'interdiction de tout paiement d’avances.
  11. Le fait que le contrat peut être régi par une loi autre que celle de l'État membre de l'Union européenne dans lequel le consommateur a sa résidence ou son domicile habituel.
  12. L'indication de la ou des langues utilisées entre le consommateur et le professionnel concernant toute question relative au contrat.
  13. La possibilité de recourir à un médiateur de la consommation dans les conditions prévues au titre Ier du livre VI .
  14. L'existence, le cas échéant, d'un code de bonne conduite.

Rétractation et sortie du contrat : est-ce possible ?

Droit de rétractation

Comme tout consommateur, vous bénéficiez d’un droit de rétractation de 14 jours francs à compter du jour de la conclusion du contrat ou du jour de sa réception, si cette réception est postérieure au jour de la conclusion dudit contrat. Ce droit peut s’exercer sans avoir à se justifier, ni à payer de frais ou pénalités.

Vous pouvez signifier votre décision par courrier recommandé ou via le formulaire de rétractation, qui doit obligatoirement être fourni avec le contrat.

À savoir

  • Si le professionnel ne vous remet pas le formulaire de rétractation (sur papier ou sur tout support durable), vous disposez d’un délai d’un an et 14 jours pour vous rétracter à partir de la signature du contrat ou de sa réception.
  • Si ce formulaire vous est finalement remis dans l’année, le délai classique de 14 jours s’applique, mais il commence à courir à partir du moment où vous le recevez.
  • Si le professionnel oublie également de vous fournir les informations légales obligatoires précisées aux articles L.224-73 et L.224-74 du code de la consommation, ainsi que le formulaire d’information correspondant, alors vous disposez de trois mois et 14 jours pour exercer votre droit de rétractation.
  • Si ces informations vous sont remises dans les trois mois, le délai de 14 jours commence à courir à compter de leur remise.

Sortie anticipée ou retrait judiciaire

Résilier un contrat de jouissance à temps partagé avant son terme est souvent complexe.

En effet, pour rompre le contrat, vous devez parvenir à céder à un tiers les parts sociales que vous détenez au sein de la société civile immobilière. Toutefois, sachez que les conditions de cession de parts sociales sont régies par les statuts de la société et nécessitent le plus souvent l’accord unanime des associés.

La loi fixe néanmoins certaines conditions permettant d’obtenir, par le biais d’une décision de justice, l’autorisation de se retirer de la société. Pour ce faire, vous devez vous trouver dans l’une des situations suivantes :

Depuis quelques années, la législation fait également référence à des « justes motifs » permettant à un associé de se retirer. Par exemple, un âge avancé ou un état de santé empêchant les grands déplacements. Il est souvent nécessaire de faire appel à un avocat pour faire valoir ses droits.

Enfin, si vous avez acquis les parts sociales dans le cadre d’une succession depuis moins de deux ans, vous pouvez, de droit, vous retirer de la société. Vous bénéficiez alors du remboursement des parts sociales.

Ressources complémentaires

 

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