Quelles sont les causes des krachs ?

D’une façon générale, il n’y a pas de krach sans constitution préalable d’une bulle financière dont il réalise en quelque sorte l‘éclatement.

« Les excès spéculatifs dégénèrent sinon de manière inévitable du moins très fréquemment en une crise, un krach ou une panique », explique l’économiste Charles Kindleberger dont les travaux d’histoire économique et financière constituent une référence essentielle en la matière.

Toutes les phases de croissance économique ne sont pas forcement spéculatives, mais lorsque cela se produit, ce qui arrive malgré tout assez fréquemment, le mécanisme est assez typiquement le suivant : les bulles se constituent lorsque des sources de profit donnent lieu à des emballements et que les investisseurs en exagèrent la portée et les potentialités. Elles sont nourries par l’expansion des crédits bancaires et monétaires qui facilitent les investissements spéculatifs. Jusqu’au moment où la majorité des spéculateurs prend conscience qu’un sommet a été atteint.

Panique à bord

Une course pour vendre ses actifs et réaliser ses plus values va alors commencer. Les prix s’orientent à la baisse. La liquidation se fait parfois en bon ordre, mais le plus souvent elle dégénère en panique quand on s’aperçoit qu’il n’y a pas suffisamment d’argent pour permettre à tous de réaliser les plus-values attendues ou simplement de rembourser les crédits engagés pour spéculer. « La panique se renforce d’elle-même, comme l’a fait la spéculation jusqu’à ce que l’un des trois phénomènes suivants ne survienne », explique Charles Kindleberger :

  • les prix tombent si bas qu’on retrouve des acheteurs ;
  • les transactions sont interrompues en fixant une limite à la baisse des prix ;
  • un prêteur en dernier ressort réussit à convaincre le marché qu’il y aura suffisamment d’argent pour satisfaire la demande de liquidités (rôle dévolu aux banques centrales, aux fonds de garanties pour les déposants...).

La crise des subprimes

La chute des cours de la bourse intervenue fin juillet et début août 2011 sur les places européennes puis aux USA, à la suite des difficultés rencontrées pour résoudre les problèmes de la dette publique dans la zone euro et après le déclassement de la dette des USA par l’agence Standard & Poor’s, n’a pas pris la forme d’un effondrement extrêmement brutal en une ou deux journées. Mais un recul de l’ordre de 20 % a cependant été enregistré en un mois.

D’autre part, la politique monétaire très expansive suivie depuis la crise des subprimes a facilité le renouvellement de spéculations financières multiples (sur les matières premières, les dettes publiques, les changes...), alors que les régulations pour les limiter n’ont pas été suffisamment mises en place. Cependant la chute des bourses n’a pas été précédée par un phénomène classique d’euphorie spéculative portant sur tel ou tel type d’actifs. Cette chute apparait plutôt comme une adaptation des marchés à de « mauvaises nouvelles » (les problèmes de la dette, le nouveau ralentissement de la croissance et les risques qu’il soit durable…). C’est pourquoi les commentateurs hésitent à parler à ce stade d’un nouveau krach.

 

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