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Les comptes d’une banque

Le bilan d’une banque

Le bilan est une photographie à un instant donné de la situation patrimoniale d’une société.
La structure du bilan d’une banque est différente de la structure des autres sociétés. De manière simplifiée,  le bilan d’une banque se présente de la façon suivante :

Le bilan d'une banque

Le passif renseigne sur l’origine des ressources, c’est-à-dire les fonds collectés par la banque.

L’actif informe sur l’utilisation des fonds collectés.

Le cadre comptable ventile le bilan d’une banque en 5 classes.
Les actifs et les passifs de la classe 1 correspondent aux opérations interbancaires celles que la banque réalise avec d’autres institutions financières, dans le cadre de sa gestion de trésorerie. Quand son exploitation lui permet de dégager des excédents de trésorerie, la banque se trouve en position de prêteur net sur le marché interbancaire. Dans le cas inverse la banque doit avoir recours au marché pour assurer son refinancement.

Les actifs et les passifs de la classe 2 correspondent aux opérations avec la clientèle. À l’actif, les crédits accordés, au passif, les dépôts collectés ventilés selon leur degré d’exigibilité, leur forme (compte, bon, certificat) et leur nature au regard de la réglementation bancaire (compte d’épargne à régime spécial, comptes ordinaires).

Les actifs et les passifs de la classe 3 reprennent les opérations sur titres et les opérations diverses. À l’actif, les placements de la banque sur le marché des capitaux pour son propre compte (portefeuille de titres, classés selon leur durée de conservation). Au passif, les titres de dettes que la banque émet pour se refinancer.

A savoir
Le bilan ne retrace pas les opérations sur titres effectuées pour le compte de la clientèle.


La classe 4, à l’actif, contient les valeurs immobilisées, c’est-à-dire les biens et valeurs censés demeurer durablement dans le patrimoine de la banque.

La classe 5, au passif, comprend les provisions constituées et les fonds propres y compris les bénéfices non distribués. Le bilan de synthèse des établissements de crédit français se présente ainsi :

ACTIFS

2012

2013

PASSIFS

2012

2013

Prêts interbancaires

1 995,1

1 961,7

Emprunts interbancaires

1 679,1

1 537,3

Crédit Clientèle

2 408,8

2 386,5

Dépôts Clientèle

2 262,8

2 356,7

Portefeuille Titres

2 176,5

2 193,4

Titres

2 598,5

2 557,3

Valeurs immobilisées

485,4

444,4

Fonds propres

600,4

567,7

Divers

1 324,3

970,1

Divers

1 249,3

937,1

Total

8 390,1

7 956,0

TOTAL

8 390,1

7 956,0

En milliards d’euros - Source : ACP

Que peut-on lire dans le bilan des banques ?

  • Des évolutions structurelles entre 1980 et 2013 : relativement moins de crédits et de dépôts et plus de titres.

Si l’on prend le bilan de l’ensemble des établissements bancaires français, les dépôts qui représentaient 73 % du passif en 1980, n’en représentaient plus que 30 % en 2011. Les crédits qui représentaient 84 % des actifs en 1980 n’en représentent plus que 30 % également en 2013. C’est la conséquence du financement des banques sur les marchés financiers où elles tiennent un rôle majeur en y intervenant soit pour leur propre compte (détention directe de titres) soit pour le compte de tiers ou en tant qu’apporteurs de produits financiers ou de teneur de marché
. Au niveau du bilan cela se traduit par l’importance croissante des titres et emprunts interbancaires qui représentaient 19 % du passif des banques françaises en 1980 et 51,5 % en 2013.

  • La qualité de la gestion des risques : de la liquidité, de crédit, de solvabilité…

Le bilan d’une banque et son évolution informe sur sa situation économique et sa gestion des risques propres à l’activité bancaire.
Gestion du risque de liquidité : la banque a-telle suffisamment de réserves liquides au regard de ses engagements ? Un trop grand déséquilibre entre ses emprunts interbancaires et ses prêts interbancaires peut être l’indice d’un problème.
Gestion des risques de crédits et de placements : le risque de crédit pour une banque c’est la défaillance éventuelle d’un emprunteur. Le risque de placements c’est la perte de valeur sur les titres financiers. L’ampleur des risques pris se mesure dans la volatilité des postes de la classe 3.

Gestion de la solvabilité : La banque doit respecter les ratios prudentiels internationaux qui l’obligent à détenir un minimum de capital par rapport à ses engagements.

  • La rentabilité nette

Comme pour toutes les entreprises, le compte d’activité permet de mesurer les profits réalisés.
Le ratio résultat net après impôts / fonds propres permet d’évaluer la rentabilité du capital c’est-à-dire la rentabilité de l’investissement pour les propriétaires. A côté de ce ratio, le résultat net après impôts / actifs permet d’évaluer l’efficacité de la gestion de la banque en terme de bénéfices générés en moyenne par les actifs.

A savoir

Les banques sont soumises à des règles très strictes : Ratio de solvabilité

Le hors-bilan

Dans le hors bilan figurent des éléments qui pourront se traduire par des opérations financières mais ne le sont pas encore tels que des engagements de crédit irrévocables à accorder, des cautions, des achats et ventes de titres non encore enregistrés pour tenir compte des délais de règlement/livraison, des engagements liés à des instruments de financement à terme…

Le hors-bilan de l’ensemble des établissements de crédit français pour les années 2012 et 2013 se présente ainsi :

 

2012

2013

Engagements de financement
- donnés
- reçus

-
880,33
483,91

-
870,60
529,63

Engagements de garantie
- d'ordre
- reçus

-
1 034,72
1 037,43

-
1 115,91
1 391,42

Engagements sur titres
- titres à recevoir
- titres à livrer

-
256,09
259,26

-
229,64
234,61

Opérations sur devises
- monnaies à recevoir
- monnaies à livrer

-
6 618,41
6 629,46

-
7 124,34
7 270,92

Engagements sur instruments financiers à terme

91 375,44

86 514,01

En milliards d’euros - Source : ACP

Depuis quelques années, le hors-bilan des banques ne cesse de croître.

Le poste le plus important du hors-bilan des banques est le poste des engagements sur instruments financiers à terme, c'est-à-dire les opérations sur produits  dérivés
. En 2013, les engagements sur instruments financiers à terme de l’ensemble des banques représentent plus de 86 000  milliards d’euros, soit près de 11 fois la valeur totale de leur bilan.
  Parmi ces engagements sur dérivés, ce sont les opérations sur instruments de taux d’intérêt qui sont les plus importantes : 77 520 milliards d’euros pour l’année 2013. Cela représente 32,5 fois le montant total des crédits accordés par les banques à leurs clientèles. Ce chiffre est un indicateur frappant de l’activité des banques sur les marchés financiers.

Le compte de résultat d’une banque

Le compte de résultat est un document qui retrace l’ensemble des charges et des produits d’une société. La différence entre les produits et les charges, le solde, est le bénéfice ou la perte de cette société.
Le compte de résultat d’une banque indique de façon simplifiée l’activité d’une banque pendant une année (l’exercice). Les principaux soldes d’un compte de résultat d’une banque sont les suivants :

  • Le produit net bancaire

(PNB) indique les revenus qu’une banque dégage dans le cadre de son exploitation. Il reflète toute l’activité des établissements de crédit, à la fois les activités classiques d’intermédiation sur dépôts et crédits, génératrice de marges d’intérêts, les prestations de services à la clientèle, rémunérées par des commissions et les activités de marché et d’investissement produisant intérêts, plus-values et marges de négociation.

A savoir

Le produit net bancaire est en quelques sortes, le « chiffre d’affaires » d’une banque.

  • Le résultat brut d’exploitation est la différence entre le Produit Net Bancaire et les Frais Généraux. Lesfrais générauxsont les charges  auxquelles une banque doit faire face pour assurer son activité, principalement les charges de personnel.
  • Le résultat d’exploitation correspond au résultat brut d’exploitation auquel sont soustraites les dotations nettes aux provisions (lien avec dico).
  • Le résultat courant avant impôt prend en compte les gains nets sur actifs immobilisés c'est-à-dire les plus ou moins values de cession.
  • Le résultat net est le bénéfice, s’il est positif ou la perte s’il est négatif de la banque.

Le compte de résultat cumulé de l’ensemble des établissements de crédit français pour l’année 2013 se présente ainsi :

 

2012

2013

Produit Net Bancaire

115,3

109,4

- Frais généraux

67,9

68,0

Résultat brut d'exploitation

44,2

38,2

Résultat d'exploitation

34,3

29,6

Résultat courant avant impôt

-13,7

3,3

Résultat net

20,6

32,8

Source : ACP

En savoir plus 

Tous les chiffres sont extraits du rapport de l’ACP sur le marché des banques en 2013


 

Modifié le 19/08/2015

 

 

Dossier réalisé par

La finance pour tous

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