Écrit le 14/08/2025
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La loi garantit aux salariées enceintes le droit à un congé de maternité obligatoire avant et après l’accouchement. Sa durée varie en fonction de plusieurs critères et peut être modulée sous certaines conditions. On vous explique.
Quelle est la durée légale du congé de maternité ?
La salariée a le droit de bénéficier d'un congé de maternité, composé d'un congé prénatal (avant l'accouchement) et d'un congé postnatal (après l'accouchement), dont la durée varie en fonction du nombre d'enfants à naître ou déjà à sa charge.
Naissance d’un enfant
|
Statut de l'enfant à naître |
Durée du congé prénatal (avant l'accouchement) |
Durée du congé postnatal (après l'accouchement) |
Durée totale du congé de maternité |
|---|---|---|---|
|
1er enfant |
6 semaines |
10 semaines |
16 semaines |
|
2e enfant |
6 semaines |
10 semaines |
16 semaines |
|
3e enfant ou plus |
8 semaines |
18 semaines |
26 semaines |
Naissance de deux enfants ou plus (jumeaux, triplés...)
|
Nombre d'enfants à naître |
Durée du congé prénatal (avant l'accouchement) |
Durée du congé postnatal (après l'accouchement) |
Durée totale du congé de maternité |
|---|---|---|---|
|
2 |
12 semaines |
22 semaines |
34 semaines |
|
3 ou plus |
24 semaines |
22 semaines |
46 semaines |
À savoir
La convention collective ou l'accord de branche dont relève votre entreprise peut prévoir des durées plus longues que celles fixées par la loi.
Renseignez votre convention collective sur le site du code du travail numérique pour obtenir des informations précises selon votre situation.
Quelle est la durée minimale du congé de maternité ?
La salariée peut choisir de répartir son congé entre la période prénatale et postnatale.
Toutefois, elle doit obligatoirement cesser de travailler au moins huit semaines au total, dont six semaines après l'accouchement.
Quelles modulations peuvent être appliquées au congé de maternité ?
Avancer le début du congé prénatal de maternité
La salariée peut avancer le début du congé prénatal dans les deux cas suivants :
- si elle attend un 3ᵉ enfant ou plus : elle peut avancer son congé prénatal de deux semaines maximum,
- si elle attend des naissances multiples (jumeaux, triplés...) : elle peut avancer son congé prénatal de quatre semaines maximum.
Dans ces deux hypothèses, le congé postnatal est réduit d'autant.
La salariée n’a pas à obtenir l’accord de l’employeur.
Reporter une partie du congé prénatal sur le congé postnatal de maternité
La salariée peut demander de reporter jusqu'à trois semaines du congé prénatal sur le congé postnatal.
Cette demande doit être faite au plus tard un jour avant la date de congé initialement prévue.
La salariée n’a pas à obtenir l’accord de l’employeur.
À savoir
La loi dispose qu’en cas d’arrêt maladie délivré à la salariée pendant sa période de report, le report est annulé. Le congé prénatal démarre alors au premier jour de la date de délivrance de l’arrêt de travail.
Congé de maternité : quels sont les cas particuliers ?
Le congé pathologique
Un congé pathologique peut être prescrit par un médecin à votre salariée en raison de complications d'ordre médical lors de la grossesse ou après l’accouchement.
Limité à deux semaines au cours de la période prénatale, il peut être prescrit en une ou plusieurs fois. Il peut aller jusqu’à quatre semaines lors de la période postnatale (article L1225-21 du code du travail).
L'accouchement prématuré
En cas d’accouchement prématuré, la durée totale du congé reste inchangée : les jours de congés prénataux non-utilisés s’ajoutent aux congés postnataux.
Toutefois, une période de repos supplémentaire est prévue :
- si l’enfant naît plus de six semaines avant la date prévue,
- et que son hospitalisation est obligatoire.
Dans ce cas, le congé de maternité est prolongé d'une durée égale au nombre de jours compris entre la date effective de l'accouchement et la date de début du congé prénatal initialement prévue.
En cas d'accouchement tardif
Si l'accouchement survient après la date présumée, le congé prénatal est prolongé du nombre de jours de retard ; le congé postnatal reste inchangé.
Quelles sont les règles liées au licenciement durant le congé de maternité ?
Protection absolue pendant le congé : la rupture du contrat par l'employeur est interdite pendant l'intégralité des périodes de suspension du contrat liées au congé de maternité, même si la salariée n'utilise que partiellement son droit à congé.
Pendant les congés payés pris immédiatement après le congé de maternité : l'employeur ne peut pas licencier la salariée.
Période post-congé (protection relative) : pendant les 10 semaines qui suivent la fin du congé de maternité (ou des congés payés pris immédiatement après), le licenciement est possible uniquement en cas de faute grave ou d'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maternité.
À savoir
- À l'issue du congé de maternité, la salariée reprend son emploi précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente (article L1225-25 du code du travail).
- Il convient d’organiser, à votre initiative, une visite de reprise du travail, qui doit intervenir au plus tard dans les huit jours qui suivent le retour de la salariée.
Ressources complémentaires
- La durée du congé maternité d'une salariée sur le site de l'Assurance maladie
- Quelle est la durée du congé de maternité ? sur le site du code du travail numérique
- Le congé de maternité sur le site du ministère du Travail
- Congé maternité d'une salariée du secteur privé sur le site service-public.fr
Articles L1225-17 à L1225-28 du Code du travailrelatifs aux autorisations d'absences et congé de maternité