Écrit le 15/04/2026
Vous avez un projet de reconversion, une idée, une passion ou une compétence à vendre ? Le micro-entrepreneuriat vous permet d'entreprendre en toute simplicité. Ce régime séduit par sa souplesse et ses risques limités. Mais comment se lancer ? Quelles sont les particularités de ce statut ? Voici le guide complet pour créer votre micro-entreprise sereinement.
Un outil gratuit pour sécuriser la création d'entreprise
L'Institut national de la propriété industrielle (INPI), les Chambres de commerce et d'industrie (CCI) et les Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) s'associent pour proposer aux futurs entrepreneurs un nouvel outil.
Cet autodiagnostic gratuit et accessible en ligne est destiné à évaluer la préparation de leur projet avant d'engager leur formalité de création.
En sept questions seulement, les porteurs de projet peuvent mesurer le niveau de maturité de leur future entreprise et, si nécessaire, être orientés vers un accompagnement personnalisé auprès de leur réseau consulaire de proximité.
Qu'est-ce qu’une micro-entreprise ?
Le statut de micro-entrepreneur est un régime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuelle (EI).
La micro-entreprise est une bonne option si vous souhaitez exercer en nom propre. Ce régime unique vous permet de bénéficier de formalités simplifiées pour la création et la gestion de votre activité, ainsi que pour vos obligations de déclarations et de paiement.
Vous pouvez exercer votre activité de micro-entrepreneur à titre principal ou à titre complémentaire, en parallèle d’un autre statut (étudiant, salarié avec accord de l’employeur, retraité…).
Qui peut devenir micro-entrepreneur ?
Le régime du micro-entrepreneur est ouvert à tous : demandeur d'emploi, retraité, salarié, fonctionnaire...
Toute personne physique peut devenir micro-entrepreneur, dès lors que les conditions suivantes sont remplies :
- être majeur (ou mineur émancipé par décision d’un juge des tutelles),
- avoir une adresse postale en France,
- être de nationalité française ou ressortissant européen (ressortissant étranger hors Union européenne sous conditions),
- ne pas être sous tutelle ou sous curatelle,
- ne pas être condamné à une interdiction de gérer ou d’exercer.
Quelles activités peut-on exercer en tant que micro-entrepreneur ?
Le régime de la micro-entreprise permet l’exercice d’un certain nombre d’activités.
Pour l’essentiel, il s’agit de l’achat pour la revente dans un but lucratif de marchandises, d’objets, de fournitures, de denrées à consommer sur place ou à emporter. Cela concerne également les prestations d’hébergement (hôtel, meublés de tourisme, chambres d’hôtes...) et de location de matériel (véhicule, équipement ménager ou de loisirs, etc.).
Les activités de fabrication, de transformation ou de réparation des produits de manière unitaire sont possibles.
Vous pouvez exercer une activité de prestataire de services. Toutes les activités libérales non réglementées sont autorisées : consultant, métiers de l’informatique et du numérique, les métiers du conseil, coach professionnel, écrivain public, formateur ou encore traducteur.
Certaines activités libérales réglementées sont éligibles au statut : architectes, géomètres, psychologues, ostéopathes, guides de haute montagne, etc. Voir la liste complète.
Il est possible d'exercer deux activités en micro-entreprise mais elles doivent faire partie d'une seule et même micro-entreprise. On parle alors d’activité mixte. Dans tous les cas, quel que soit le nombre d’activités de votre micro-entreprise, le seuil de chiffre d’affaires à ne pas dépasser reste identique. En savoir plus.
À savoir
Pour certaines activités, une qualification est nécessaire. Par exemple : pour toute création dans le domaine artisanal, vous devez attester d’une qualification professionnelle ou d’un diplôme lors de votre déclaration de début d’activité.
Avant de vous lancer, pensez donc à vérifier les exigences réglementaires propres à votre activité.
Quelles sont les activités exclues du régime de la micro-entreprise ?
Les activités exclues sont notamment :
- les activités agricoles,
- la plupart des professions réglementées (notaires, avocats…),
- les activités relevant de la TVA immobilière (marchands de biens, lotisseurs, agents immobiliers, etc.) et les activités de location d’immeubles non meublés ou professionnels,
- les activités artistiques qui relèvent de la Sécurité sociale des artistes auteurs.
En savoir plus sur les activités autorisées et exclues
Quels sont les avantages du statut de micro-entrepreneur ?
L'activité de micro-entrepreneur vous permet d'exercer en toute indépendance, c'est-à-dire sans lien de subordination avec une autre personne physique ou morale. Par ailleurs, créer une micro-entreprise ne nécessite pas de réaliser d’investissements ni d’achats importants. De nombreux autres avantages s'offrent à vous.
Des démarches simplifiées à la création et au quotidien
Créer une micro-entreprise est une démarche gratuite, qui peut se faire totalement en ligne depuis le guichet unique des formalités des entreprises.
Le statut de micro-entrepreneur vous permet par ailleurs de bénéficier d’un régime simplifié de calcul et de paiement des cotisations sociales obligatoires.
La séparation des biens du micro-entrepreneur
Lorsque vous exercez une activité en tant que micro-entrepreneur, votre patrimoine personnel et votre patrimoine professionnel sont séparés.
Cette séparation protège votre patrimoine personnel de vos éventuelles dettes professionnelles. Cependant, en cas de fraude ou de manquements graves, l'administration fiscale et les organismes de Sécurité sociale peuvent réclamer le remboursement de leurs créances sur vos deux patrimoines.
Une fiscalité et une comptabilité allégées pour les micro-entrepreneurs
Elle vous dispense de la déclaration et du paiement de la TVA. Ainsi, vous ne pouvez ni facturer cette taxe à votre client, ni la récupérer sur vos achats de biens et de services liés à votre activité.
La franchise en base de TVA est soumise à des seuils de chiffre d’affaires au-delà desquels votre auto-entreprise devient redevable de la TVA.
Vous pouvez choisir cette option, qui est un versement mensuel ou trimestriel à taux forfaitaire en lien avec votre chiffre d’affaires.
Cela vous permet de régler en un seul versement l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales obligatoires.
Vous aurez quoi qu'il en soit l’obligation de déclarer auprès de l’Urssaf votre chiffre d’affaires, chaque mois ou chaque trimestre selon la fréquence choisie, même si celui-ci est nul.
En savoir plus sur le versement libératoire de l'impôt sur le revenu
Tout au long de la vie de votre micro-entreprise, la comptabilité est réduite à la tenue quotidienne d’un livre des recettes et, dans certains cas, un registre des achats.
En savoir plus sur les obligations comptables du micro-entrepreneur
Une protection sociale complète
En tant que micro-entrepreneur, vous êtes affilié au régime social des travailleurs indépendants. Vous bénéficiez ainsi d’une couverture sociale et frais de santé complète (assurance maladie et allocations familiales, indemnités journalières maternité et paternité, cotisation invalidité-décès, etc.).
À savoir
Pour bénéficier du régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser, pour une année civile complète, les plafonds suivants :
- 203 100 euros pour les activités de vente de marchandises, d’objets, de fournitures ou de denrées à consommer sur place ou à emporter,
- 83 600 euros pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC), ou pour des prestations d'hébergement,
- en cas d’activité mixte (vente et prestations de services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 euros incluant un chiffre d’affaires maximal de 83 600 euros pour les prestations de services.
Notez que si vous débutez votre activité en cours d'année, le chiffre d'affaires sera proratisé.
Quelles sont les principales démarches à effectuer pour devenir micro-entrepreneur ?
Une fois votre projet défini (activité(s) choisie(s), lieu d’exercice, étude du marché, etc.), voici les principales étapes à suivre pour lancer votre activité de micro-entrepreneur :
- déclarez votre activité au guichet unique des formalités d’entreprises, opéré par l’Institut national de la Propriété industrielle (Inpi). Pour ce faire, vous aurez notamment besoin de votre numéro de Sécurité sociale, votre pièce d’identité et d’une déclaration de non-condamnation. Selon votre activité, vous devez vous immatriculer. Dans le cas d’une activité commerciale, votre micro-entreprise doit être inscrite au registre national des entreprises (RNE) et au registre du commerce et des sociétés (RCS). Si vous êtes agent commercial, vous devez aussi vous enregistrer au registre spécial des agents commerciaux (RSAC). Retrouvez le pas-à-pas pour déclarer votre activité et vous immatriculer.
- En parallèle du traitement de votre dossier, vous pouvez vérifier votre éligibilité et, le cas échéant, demander l’aide à la création ou la reprise d’une entreprise (Acre). Elle permet une exonération temporaire de cotisations sociales. Retrouvez le guide pour demander cette aide.
- Vérifiez si vous devez souscrire une assurance professionnelle en fonction de l’activité exercée.
- Si tout ou partie de vos clients sont des particuliers, vous devez adhérer à un dispositif de médiation de la consommation et permettre à vos clients d’y avoir accès gratuitement.
- Vous recevez votre numéro Siret en 15 jours en moyenne, et votre notification d’affiliation au bout de 4 à 10 semaines.
- Vous pouvez alors démarrer votre activité. Pensez également à créer votre espace personnel en ligne sur www.autoentrepreneur.urssaf.fr, depuis lequel vous effectuerez vos différentes démarches par la suite.
À savoir
Créer, modifier ou encore quitter le statut auto-entrepreneur : toutes ces démarches sont gratuites.
Or, de nombreux sites commerciaux, non officiels, proposent de les réaliser pour vous en facturant leurs services. Attention aux éventuels pièges !
FAQ - Vos questions fréquentes
Le régime de l'auto-entrepreneur et du micro-entrepreneur ont fusionné pour ne former plus qu'un seul régime. La micro-entreprise est le seul statut des deux reconnu légalement en France aujourd’hui.
Le cumul d’une activité salariée avec la création d’une micro-entreprise est possible, sous conditions. En savoir plus.
L'Urssaf propose un service personnalisé pour vous accompagner dans le lancement de votre activité de micro-entrepreneur : Mes premiers mois avec l'Urssaf.
De nombreux dispositifs existent (aides publiques, allégements fiscaux…) pour vous aider à vous lancer. Retrouvez notre article dédié pour en savoir plus : Les aides à votre disposition pour lancer votre micro-entreprise
Pour devenir micro-entrepreneur, il faut déclarer l'existence de votre micro-entreprise. On parle aussi d’immatriculation.
Cette démarche est toujours gratuite, à l’exception des agents commerciaux.
Elle doit être effectuée sur le site du guichet des formalités des entreprises.
Le statut de micro-entrepreneur s’applique tant que vous ne dépassez pas les seuils du régime fiscal de la micro-entreprise.
Vous pouvez également décider d’en sortir à tout moment si vous :
- optez pour le régime réel d’imposition (en entreprise individuelle ou en société),
- décidez de cesser votre activité,
- optez pour l’impôt sur les sociétés (IS),
- choisissez d’acquitter volontairement les cotisations minimales.
Ressources complémentaires
- Sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr
- Devenir micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) : combien ça coûte ? sur bpifrance-creation.fr
- Comment déclarer les revenus provenant de mon activité de micro-entrepreneur ? sur impots.gouv.fr
- Immatriculer sa micro-entreprise étape par étape : le guide complet sur bpifrance-creation.fr
- Article 50-0 du code général des impôts (régime fiscal du micro-entrepreneur)
- Section 3 : Règlement simplifié des cotisations et contributions des travailleurs indépendants ― Régime micro-social (articles L613-7 à L613-10)
- Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel