Écrit le 08/07/2026
Le comité d'alerte des finances publiques a été réuni le 7 juillet. Cette réunion a permis de faire toute la transparence sur l'exécution budgétaire 2026, mais aussi de partager les risques identifiés en matière de dépenses, les dernières prévisions macroéconomiques ainsi que leurs conséquences sur les finances publiques. Détails.
Lancé en avril 2025, le comité d'alerte rassemble l'ensemble des acteurs concernés par les finances publiques en France : parlementaires, représentants des élus locaux, représentants des partenaires sociaux, représentants des caisses de sécurité sociale et représentants institutionnels (Cour des comptes, Banque de France, INSEE, Haut Conseil des Finances publiques).
3 milliards d’euros de nouveaux risques de dépassement des dépenses identifiés
Lors du premier comité d’alerte de 2026, qui s’est tenu en avril dernier, le coût de la guerre en Iran pour l’État a été estimé à 6 milliards d’euros, incluant :
- 3,6 milliards d’euros au titre de la charge de la dette,
- le coût budgétaire des aides annoncées pour accompagner les secteurs professionnels et les Français les plus touchés par la crise,
- et le coût de l’intensification de l’engagement des forces armées, évalué à environ 1 milliard d’euros.
Pour compenser ces risques budgétaires liés à la crise, une réduction des dépenses publiques a été mise en œuvre avec le déploiement de 6 milliards d’euros de mesures de précaution.
Le comité d’alerte des finances publiques du 7 juillet 2026 a permis d’identifier de nouveaux risques de dépassement des dépenses à hauteur d'environ 3 milliards d’euros :
- 2 milliards d’euros sur l’État liés à la poursuite des mesures de soutien, dont le coût total s’élève aujourd’hui à 1,4 milliard d’euros, et aux tensions sur certains budgets ministériels,
- 1 milliard d’euros sur l'Assurance maladie.
Ce surcroît de dépense publique devra être compensé par des économies, afin de continuer à maîtriser le déficit et conserver la capacité du pays à faire face aux aléas.
Une révision de la croissance attendue pour 2026
La croissance attendue pour 2026 est révisée à 0,7 % (contre 0,9 % précédemment).
Cela s’explique par :
- un premier trimestre inférieur aux anticipations,
- l’entrée en vigueur différée du budget 2026 du fait de la loi spéciale,
- un deuxième trimestre qui devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’activité,
- ainsi que par une hypothèse prudente pour les troisième et quatrième trimestres.
Une prévision de déficit présentée en septembre
La loi de finances pour 2026 prévoit de réduire le déficit public de 5 % du PIB cette année. En raison des conséquences de la crise énergétique, cet objectif apparaît plus difficile à atteindre. Les mesures nécessaires seront toutefois prises pour demeurer au plus près de cette cible.
Une nouvelle estimation de déficit public sera présentée en septembre prochain, au moment du dépôt du projet de loi de finances pour 2027.
Cette prévision dépendra principalement de l’évolution de la croissance et de la capacité de l'ensemble des administrations publiques, y compris les collectivités territoriales, à maîtriser leurs dépenses.