Comité d'alerte des finances publiques : état des lieux au 21 avril

Écrit le 22/04/2026

Le Comité d’alerte des finances publiques a été réuni ce mardi 21 avril à Bercy, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient. L’objectif : faire le point sur l’exécution budgétaire 2026, évaluer les répercussions de ce conflit sur les finances publiques et les leviers envisagés pour y faire face. Présentation.

©Bercy photo - Celia Bonnin

Lancé en avril 2025, le comité d'alerte rassemble l'ensemble des acteurs concernés par les finances publiques du pays : parlementaires, représentants des élus locaux, représentants des caisses de sécurité sociale, représentants des partenaires sociaux et représentants institutionnels (Cour des comptes, Banque de France, INSEE, Haut Conseil des Finances publiques). 

Ce comité a été réuni hier à Bercy par   Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, aux côtés de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

Un point d’étape sur l'impact de la guerre sur les finances publiques  

Le Comité d’alerte a permis de faire un point d’étape sur les impacts de la guerre au Moyen-Orient et d’ajuster les prévisions pour l’année en cours :

  • la croissance attendue pour 2026 est abaissée à 0,9 % (contre 1 % initialement), 
  • l’inflation est quant à elle rehaussée à 1,9 % (contre 1,3 % initialement).  

Le coût total de la crise pour l'État, du fait de la remontée de l'inflation et du ralentissement de la croissance, est quant à lui évalué à 4,4 milliards d'euros, dont 3,6 milliards d'euros au seul titre de la charge de la dette. En complément, l'intensification de l'engagement des forces armées pourrait avoir un coût d'environ 1 milliard d'euros. 

Au global, l'ordre de grandeur du coût total de la guerre en Iran avoisinerait 6 milliards d'euros en 2026 si tous les risques anticipés se concrétisent.

Les recettes fiscales supplémentaires sur le carburant baissent depuis le début du mois d'avril. Entre début mars et le 10 avril, ces recettes fiscales supplémentaires s'élèvent désormais à 170 millions d'euros (dont 80 millions d'euros perçus par l’État, le reste allant aux collectivités locales et à la sécurité sociale) contre 270 millions d'euros pour le mois de mars 2026 par rapport au mois de mars 2025. Cette chute de 100 millions d'euros sur les dix premiers jours d'avril est liée à la baisse de la consommation de carburant dans la dernière période. 

Le coût budgétaire des aides déjà annoncées pour accompagner les secteurs professionnels et les Français les plus touchés par la crise s'élève au 20 avril à 150 millions d'euros :

Se tenir prêts à freiner les dépenses pour continuer de maîtriser le déficit et faire face aux crises 

Si les risques budgétaires liés à la crise se matérialisent, 4 milliards d'euros de dépenses pourraient être stoppés sur l'État et ses opérateurs et 2 milliards d'euros sur la sphère sociale

Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour garantir le respect de la trajectoire des finances publiques adoptée par le Parlement, éviter des hausses de fiscalité futures pour les ménages ou les entreprises et renforcer la capacité du pays à faire face aux chocs.

Pour rappel, le budget voté par le Parlement en 2026 prévoit une cible du déficit public à -5,0 %, un jalon important pour redresser la trajectoire des finances publiques à long terme et atteindre un déficit inférieur à -3 % en 2029.

Le prochain comité d’alerte sera réuni en juin prochain. 

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