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Comment fonctionne le plan d’épargne retraite (PER) individuel ?

Écrit le 01/06/2026

Lecture : 9 minutes

Le plan d’épargne retraite (PER) individuel est un produit d’épargne retraite à destination des particuliers. Disponible depuis le 1er octobre 2019, il remplace progressivement les autres plans d'épargne retraite. Comment fonctionne-t-il ? Quelle est sa fiscalité ? Quelles sont les modalités de sortie ? On fait le point.

Ce qui change en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur votre plan d’épargne retraite après vos 70 ans ne sont plus déductibles.

Par ailleurs, vous pouvez désormais mobiliser les plafonds de déduction non utilisés des cinq années précédentes à partir des sommes versées en 2026.

Qu’est-ce que le plan d'épargne retraite (PER) ?

Le PER est un dispositif d’épargne à long terme issu de la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises dite loi Pacte.

Plus simple et flexible que les autres produits, il permet d'accumuler une épargne afin de compléter ses revenus au moment de la retraite, sous forme de rente ou de capital.

Le PER se décline sous trois formes :

  • le PER individuel, qui succède au Perp (plan d'épargne retraite populaire) et au contrat Madelin (contrat d'épargne retraite pour les travailleurs non-salariés),
  • le PER d'entreprise collectif, qui succède au Perco (plan d'épargne pour la retraite collectif),
  • le PER d'entreprise obligatoire, qui succède au contrat article 83 (contrat d'assurance vie collectif souscrit par une entreprise au bénéfice de certains de ses salariés).

À savoir

Vous pouvez transférer l'épargne des anciens plans déjà ouverts sur votre nouveau PER.

Qu’est-ce que le plan d'épargne retraite (PER) individuel ?

Le PER individuel est un produit d'épargne à long terme.

Il vous permet d'économiser pendant votre vie active pour obtenir, à partir de l'âge de la retraite, un capital ou une rente.

Le plan donne lieu à l'ouverture d'un compte-titres ou à l'adhésion à un contrat d'assurance de groupe.

Pour ouvrir un PER individuel, vous devez être majeur. En revanche, il n’y a pas de condition de situation professionnelle ou de revenus : celui-ci est accessible aux demandeurs d'emplois, aux salariés, ainsi qu’aux travailleurs non-salariés.

Comment souscrire à un PER individuel ?

Le PER individuel peut prendre la forme  :

  • d’un compte-titre, le PER bancaire,
  • ou d’un contrat d’assurance de groupe, le PER d’assurance.

Le PER bancaire donnant lieu à l'ouverture d'un compte-titres, il doit être souscrit par l'intermédiaire d'une société spécialisée comme un établissement de crédit ou une entreprise d'investissement financier.

Le PER individuel d’assurance donnant lieu à l'adhésion à un contrat d'assurance de groupe, il doit être souscrit par l'intermédiaire d'une société spécialisée comme une entreprise d'assurance, une mutuelle ou une institution de prévoyance par exemple.

Il peut également être ouvert auprès d'un fonds de retraite professionnel supplémentaire.

Quelle est la principale différence entre un contrat d’assurance et un compte titres ?

Bien que ces deux contrats vous permettent de constituer une épargne pour la retraite, ils ne vous donnent pas accès aux mêmes actifs. En effet, le PER d’assurance vous permet d'investir sur le fonds en euros.

Le PER bancaire, quant à lui, vous permet d’acquérir des actions en direct.

Comment gérer le PER individuel ?

Sauf mention contraire de votre part, la gestion des sommes versées sur le PER se fait suivant le principe de la gestion pilotée. Il s'agit de déléguer à un professionnel la gestion de votre épargne, en fonction de votre profil, de manière à optimiser son rendement. Cela signifie que lorsque le départ en retraite est lointain, l'épargne peut être investie sur des actifs plus risqués et plus rémunérateurs. À l'approche de l'âge de la retraite, l'épargne est progressivement orientée vers des supports moins risqués.

L'organisme gestionnaire doit vous donner au moment de l'ouverture du PER une information sur les caractéristiques du plan, son mode de gestion et sa fiscalité.

Par la suite, chaque année, il doit vous donner transmettre certaines informations comme l’évolution du compte, les performances des investissements, les conditions de transfert etc.

À partir de la cinquième année précédant votre départ à la retraite, vous pouvez interroger le gestionnaire du PER sur les possibilités de sortie adaptées à votre situation.

Sachez que vous pouvez aussi décider de gérer librement votre PER et donc de choisir par vous-même les fonds sur lesquels placer votre épargne.

Quels sont les versements possibles ?

Pour alimenter votre PER, vous pouvez effectuer des versements volontaires, ponctuellement, ou programmés. Le PER peut également être alimenté par le transfert d’autres contrats.

Ainsi, en cas de transfert d'un PER d'entreprise vers un PER individuel, vous pourrez y verser :

  • les sommes issues de l'intéressement, de la participation et de l'abondement de votre employeur à un PER d'entreprise ou à un PERCO,
  • les sommes issues d'un compte épargne temps (CET) et affectées à votre PER d'entreprise,
  • les versements obligatoires effectués sur un PER d'entreprise obligatoire,
  • les sommes issues de la prime de partage de la valeur ou de la prime issue du plan de partage de la valorisation de l’entreprise.

Quelle fiscalité pour le PER individuel ?

La fiscalité pour les sommes versées

Jusqu’à l’âge de 70 ans, les sommes versées sur un PER individuel au cours d'une année sont déductibles des revenus imposables de cette année, dans la limite d'un plafond global fixé pour chaque membre du foyer fiscal.

Le plafond personnalisé applicable est indiqué sur votre avis d'impôt à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Il est indexé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) en vigueur.

Par ailleurs, à partir de 2026, l’utilisation des plafonds non mobilisés peut remonter jusqu’au cinq dernières années. Ainsi, vous pouvez mobiliser les plafonds de déduction non utilisés des cinq années précédentes à partir des sommes versées en 2026.

En revanche, la part non utilisée des plafonds des années 2024 et 2025 peut être utilisée uniquement dans un délai de 3 ans.

Enfin, les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs.

La fiscalité sur la rente ou le capital

Le régime fiscal de la rente ou du capital est différent suivant que vous ayez déduit ou non les versements volontaires de vos revenus imposables.

  • Le cas d’une sortie en rente

La rente versée au moment du déblocage du PER est imposable à l'impôt sur le revenu, selon le régime applicable aux pensions de retraite.

Un abattement de 10 % est déduit du montant de la rente. Le solde est ajouté à l'ensemble de vos revenus imposables avant l'application du barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Des prélèvements sociaux s'appliquent également sur la quote-part de la rente correspondant aux versements volontaires.

La quote-part de la rente correspondant aux versements volontaires est imposable aux prélèvements sociaux après déduction d'un abattement fixé en fonction de votre âge :

  • 30 % si vous avez moins de 50 ans
  • 50 % si vous avez entre 50 et 59 ans
  • 60 % si vous avez entre 60 et 69 ans
  • 70 % si vous avez plus de 69 ans

Le taux des prélèvements sociaux est de 17,2 %. Notez que ce taux passe à 18,6 % pour les rentes versées à compter du 1er janvier 2026

  • Le cas d’une sortie en capital

La part de capital correspondant à des versements volontaires est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, mais pas aux prélèvements sociaux.

Jusqu’au 31 décembre 2025, la part de capital correspondant aux produits générés par le contrat subit un prélèvement forfaitaire de 30 %, correspondant à 12,8 % pour l'impôt sur le revenu et 17,2 % pour les prélèvements sociaux. À partir du 1er janvier 2026, le taux global appliqué est de 31,4 % correspondant à 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvement sociaux.

Vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement forfaitaire si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple).

La demande est à adresser à l'établissement financier qui vous verse les revenus au plus tard au moment de leur encaissement.

En général, l'établissement vous envoie un formulaire d'attestation sur l'honneur à lui retourner complété si vous remplissez les conditions.

  • Le cas d’une sortie en rente

La rente est imposable à l'impôt sur le revenu, selon les règles applicables aux rentes viagères à titre onéreux. Il s'agit d'un régime d'imposition qui tient compte de votre âge.

Ainsi, la partie de la rente imposable à l'impôt sur le revenu correspond au montant de la rente réduit d'un abattement de :

  • 30 % si vous avez moins de 50 ans
  • 50 % si vous avez entre 50 et 59 ans
  • 60 % si vous avez entre 60 et 69 ans
  • 70 % si vous avez plus de 69 ans.

Des prélèvements sociaux s'appliquent également sur la partie de la rente correspondants aux gains générés par les versements volontaires. Le taux des prélèvements sociaux est de 18,6 %.

  • Le cas d’une sortie en capital

La part de capital correspondant à vos versements volontaires non déduits fiscalement est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Jusqu’au 31 décembre 2025, la part de capital correspondant aux intérêts générés par le contrat subit un prélèvement forfaitaire de 30 %. Ce prélèvement correspond à l'impôt sur le revenu à hauteur de 12,8 % et aux prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 %. À compter du 1er janvier 2026, le taux global est de 31,4 %, correspondant à 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux.

Vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement forfaitaire si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple).

La demande est à adresser à l'établissement financier qui vous verse les revenus au plus tard au moment de leur encaissement.

En général, l'établissement vous envoie un formulaire d'attestation sur l'honneur à lui retourner complété si vous remplissez les conditions.

Comment débloquer votre épargne ?

Lorsque vous avez atteint l'âge de la retraite et que vous n'avez pas opté au préalable pour la rente viagère, vous pouvez demander que l'épargne accumulée dans votre PER individuel soit versée :

  • soit en capital,
  • soit en rente,
  • soit partiellement en capital et en rente.

Il en va de même pour l'épargne salariale (intéressement, participation, abondements, prime de partage de la valeur, jours de CET) éventuellement transférée dans votre PER individuel.

Notez que le capital peut être versé en plusieurs fois.

Vous pouvez récupérer votre épargne en capital de façon anticipée dans les six cas suivants :

  • invalidité (vous, vos enfants, votre époux ou épouse ou votre partenaire de Pacs),
  • décès de votre époux ou épouse ou de votre partenaire de Pacs,
  • expiration de vos droits aux allocations chômage,
  • surendettement (dans ce cas, c'est la commission de surendettement qui doit faire la demande),
  • cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire,
  • acquisition de la résidence principale (sauf pour les droits issus de versements obligatoires).

Pour demander le déblocage anticipé du PER, vous devez envoyer une lettre, de préférence recommandée, à l'organisme gestionnaire, avec les éléments suivants :

  • justificatif d'identité,
  • relevé d'identité bancaire du compte sur lequel vous souhaitez obtenir le versement,
  • justificatif de la situation exceptionnelle de déblocage anticipé que vous invoquez.

Quels sont les transferts possibles entre produits d’épargne ?

Vous pouvez transférer d’anciens produits d’épargne vers votre PER individuel. Vous pouvez également transférer l'épargne accumulée sur le PER individuel sur tous les autres PER.

Le transfert est gratuit si vous avez détenu le produit pendant au moins cinq ans ou si cela intervient après l’échéance du plan.

Si vous avez détenu le produit moins de cinq ans, les frais de transfert peuvent être facturés, dans la limite de 1 % de l'épargne accumulée.

Que se passe-t-il en cas de décès du titulaire ?

Si vous décédez, le plan sera clôturé et les sommes épargnées doivent être reversées à vos héritiers ou aux bénéficiaires que vous avez désignés dans le contrat, sous forme de capital ou de rente.

S'il s'agit d'un plan ouvert sous la forme d'un compte-titres, l'épargne est intégrée dans la succession.

S'il s'agit d'un plan qui a donné lieu à l'adhésion à un contrat d'assurance de groupe, les sommes épargnées doivent être reversées à vos bénéficiaires désignés dans le contrat, selon les règles de l'assurance-vie. La situation varie suivant que le décès est intervenu avant ou après 70 ans

Un abattement de 152 500 euros est appliqué sur les sommes versées sur le contrat.

Le solde est soumis à un prélèvement de 20 % par quote-part taxable de chaque héritier inférieure ou égale à 700 000 euros.

Au-delà, la quote-part taxable de chaque héritier est soumise à un prélèvement de 31,25 %.

La part des sommes versées sur le contrat d'assurance qui dépasse 30 500 euros est soumise aux droits de succession.

Ressources complémentaires

 

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