Écrit le 09/07/2025
Le diagnostic sur la situation de nos finances publiques a été posé par le Premier ministre François Bayrou et plusieurs membres du Gouvernement le 15 avril 2025. Face une dette bientôt prépondérante dans le budget de l’État, le Gouvernement a pris des mesures afin de garder le cap fixé par le budget 2025 et ramener le déficit public sous les 3 % en 2029. Un enjeu de crédibilité et de résilience pour la France.
Stop à la dette
Budget : 43,8 milliards d’euros d’économies à réaliser pour réduire le déficit dès 2026
Le Premier ministre François Bayrou a présenté, mardi 15 juillet 2025, ses orientations pour ramener le déficit public à 4,6 % en 2026 et stopper la spirale d’endettement qui pèse sur la France.
50 000 € par Français. C’est le poids que représente aujourd’hui la dette publique. Un poids qui ne fait que croître depuis plus de 40 ans, aggravé par les crises successives. Une situation qui devient intenable pour le pays.
Le constat : une dette publique galopante
D’après les derniers chiffres de l’Insee, la dette publique continue d’augmenter : elle atteint désormais 3 345,8 milliards d’euros, soit 114 % du PIB à la fin du premier trimestre 2025.
Cette dette s’accroît trop rapidement, et elle est nettement supérieure à la moyenne de la zone euro :
La dette publique progresse plus vite en France que dans les pays de la zone euro.
Par ailleurs plus cette dette s’accroît, plus son remboursement pèse lourdement dans le budget : en 2027, les intérêts de la dette publique coûteront davantage que le budget aujourd’hui consacré à l’Éducation nationale.
En 2025, le budget de l’Éducation nationale est de 63 milliards d'euros (hors pensions), et les intérêts de la dette publique atteignent les 62 milliards d'euros.
Parmi les raisons qui permettent d’expliquer cette situation : un déséquilibre budgétaire, la part des dépenses publiques étant nettement supérieure aux recettes publiques :
Nous dépensons trop par rapport à nos recettes :
La part des recettes publiques dans le PIB a légèrement augmenté depuis 20 ans.
La part des dépenses publiques a sensiblement augmenté, notamment après chaque crise.
Pour en savoir plus, consulter notre article : Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique
L’enjeu : revenir à des finances plus équilibrées
Si la situation est périlleuse et les marges de manœuvre se réduisent, il est encore temps de réagir en redoublant d’efforts, comme l’a annoncé le Premier ministre en avril dernier.
L’objectif est triple :
- ne pas perdre le contrôle de notre dette ;
- rétablir l’équilibre budgétaire ;
- et assurer la crédibilité des finances publiques.
En 2025, les budgets de l’État et de la Sécurité sociale ont été adoptés dans un contexte inédit, avec une baisse des dépenses de :
- 24 milliards pour l’État et les opérateurs,
- 7 milliards pour la sécurité sociale,
- 2 milliards pour les collectivités locales.
Le budget 2025 présente un objectif de réduction du déficit public à 5,4 % du PIB, une cible ambitieuse mais nécessaire.
Baisse des dépenses dans le budget 2025 :
- -24 milliards d'euros pour l’État et les opérateurs
- -7 milliards d'euros pour la Sécurité sociale
- -2 milliards d'euros pour la sphère locale
Dépenses par sous-secteur d’administration publique :
- 780 milliards d'euros pour l’État et les opérateurs
- 585 milliards d'euros pour la Sécurité sociale
- 330 milliards d'euros pour la sphère locale
Pour atteindre cet objectif, 3,1 milliards d’euros de crédits, inscrits dans la loi de finances, ont été annulés en avril dernier.
Sur le long terme, l’objectif est de ramener en 2029 le déficit public sous le seuil de 3 % du PIB, afin de respecter les engagements européens et d’amorcer la baisse de la dette.
La méthode : un plan d’action pour maîtriser les finances publiques
Parmi les axes abordés pour revenir à l’équilibre, outre la réforme du modèle social ou encore la réindustrialisation du pays, le Gouvernement propose de repenser le budget autour de quatre grands principes :
- les dépenses de fonctionnement ne doivent pas progresser plus vite que la croissance économique,
- l’État doit planifier et agir efficacement, plutôt que d'être un État guichet,
- l'intérêt général doit être au cœur de nos préoccupations,
- un constat lucide doit être fait pour mettre fin à certaines dépenses injustifiées.
Dans un contexte international mouvant et incertain, un plan d’action pour améliorer le pilotage des finances publiques a été présenté par Eric Lombard et Amélie de Montchalin le 3 mars dernier. Celui-ci s’articule autour de trois axes :
- une meilleure gestion du risque et de l’incertitude en lien avec le Parlement : mieux communiquer autour des incertitudes entourant les prévisions, mieux expliciter les aléas de prévision en amont et mieux identifier les sources des écarts de prévision constatés en cours d’année et a posteriori.
- une transparence et une redevabilité accrues : accroître la fréquence des points d’étape tout au long de l’exercice budgétaire en associant le Parlement et devant les Français afin d’assurer un suivi rigoureux, lisible et objectivé des finances publiques.
- un renforcement et une amélioration continue des outils de prévision : améliorer la collecte de données et la capacité à détecter et à répondre rapidement aux signaux faibles pour développer une culture de l’anticipation et de l’adaptation.
Parmi les mesures concrètes de ce plan d’action : la création d’un comité d’alerte des finances publiques. Sa mission ? Partager les risques et aléas sur l’exécution budgétaire, et de prendre les mesures nécessaires pour réduire le déficit et maîtriser la dépense publique.
Ce comité a déjà été mobilisé à deux reprises depuis sa mise en place en début d’année. En réponse à son signal d’alerte lancé le 26 juin dernier, un effort supplémentaire de près de 5 milliards d’euros a été annoncé par le Gouvernement. Un effort indispensable pour tenir le cap d’assainissement des finances publiques.