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Midi-Histoire de Bercy 2021

Une dizaine de séances des Midi-Histoire de Bercy sont programmées en 2021.

Les premières séances sont proposées en visioconférences.

Consultez le programme des séances à venir, inscrivez-vous aux sessions ouvertes et retrouvez, quelques semaines après chaque séance, son enregistrement audio ou vidéo.

Les séances à venir

Lundi 6 septembre : Les politiques de relance (1936-1983) : signes d’une histoire des compromis socio-politiques du court 20e siècle

par Michel Margairaz, Université de Paris I Panthéon Sorbonne – IDHE.S/CNRS.

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À travers l’étude revisitée de l’application de plusieurs politiques de relance au cours du 20e siècle (1936-37 ; 1944-47 ; 1975 ; 1981-83), on tentera de montrer qu’elles reflètent à leur échelle à la fois des contextes différents ainsi que des conceptions évolutives de leur portée et, au-delà, une histoire plus large des compromis socio-politiques successifs, à l’œuvre  dans la France de ce demi-siècle.

 

 

Illustration : Affiche " Pour la Reconstruction Nationale, Bons pour la libération à intérêt progressif. " (1945) - Havas - René Le Texier  - 1Fi-0000925 – MEFR – SAEF

 

Mercredi 13 octobre : Les grands argentiers de l’Empereur

par Matthieu de Oliveira, maître de conférences HDR en histoire contemporaine, Université Lille SHS – IRHiS.

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Gaudin, Barbé-Marbois, Mollien. Tels sont les noms des trois hommes que l’Empereur a placé à la tête des ministères des Finances et du Trésor public de Brumaire à Waterloo, entre 1799 et 1815. Techniciens aguerris, ils sont chargés de rendre possible, sur le versant financier, le grand dessein napoléonien de modernisation du pays et de conquête de l’Europe.
Nés au milieu du XVIIIe siècle et déjà actifs à la fin de l’Ancien Régime, ils traversent plus ou moins facilement la Révolution avant de donner leur pleine mesure sous le Consulat puis l’Empire. Aux Finances et au Trésor public, ils réorganisent le système fiscal et l’étendent au Grand Empire, de Hambourg à Rome. Ils sont également à l’origine de nouvelles institutions (l’Inspection du Trésor, la Caisse de Service, la Cour des comptes) et d’innovations comptables (la comptabilité en partie double). La chute de l’Empire ne marque pas pour autant le terme de leur carrière, puisqu’ils demeurent des rouages indispensables de l’État de Finances du premier XIXe siècle.
Cette intervention se propose de retracer le parcours croisé de ces trois acteurs majeurs de l’Empire, de remettre en perspective leur action et d’analyser la trace qu’ils laissent dans les mémoires, les archives et l’espace public, à Paris comme en province.
Illustration : portrait de Martin Michel Charles Gaudin - BNF, Estampes, Lithographie par Belliard, N2D 148 319


Lundi 6 décembre : L’invention du restaurant

par Antoine de Baecque, professeur à l’École normale supérieure, directeur du Laboratoire SACRe PSL en recherche-création.

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Notre gastronomie est née à la fin du XVIIIe siècle. En quelques décennies, elle a conquis le monde. Grâce à l’invention du restaurant à l’automne 1765, puis à son formidable essor à la Révolution et au XIXe siècle, plus personne n’ignore désormais que le Français aime manger, qu’il mange bien et qu’il sait en parler. C’est ce moment historique qu'il s'agit d'éclairer, lorsque la cuisine est devenue un trait spécifique de la culture française.

Illustration : couverture du livre "La France gastronome - Comment le restaurant est entré dans notre histoire" ©Editions Payot

 

Les séances passées

8 février 2021 : Maximilien de Béthune, duc de Sully : gentilhomme campagnard, protestant et surintendant des finances (1559-1641)

Par Marie-Laure Legay, professeure des universités en histoire moderne à l'université de Lille, spécialiste de l'histoire politique et financière de l'Europe à l'époque moderne.

La vie et l'oeuvre ministérielle de ce rescapé de la Saint-Barthélemy, compagnon d'armes d'Henri IV, placé à la tête de plusieurs départements ministériels dont celui de la Surintendance des finances, administrateur précurseur de Colbert et auteur des Oeconomies royales.

Regarder la conférence (durée : 39:06)

Les statues du Palais-Bourbon - La statue de Maximilien de Béthune, duc de Sully (1810) par Pierre Nicolas Beauvallet




 

8 mars 2021 : Travailler à domicile à l’époque moderne, XVIe-XVIIIe

Par Corine Maitte, professeur d’histoire moderne, directrice du laboratoire Analyse comparée des pouvoirs. Université Gustave Eiffel.
Regarder la conférence (durée 55:16)

Le télétravail focalise de nouveau l’intérêt sur les formes de travail à domicile qui ont pu exister dans le passé. Or, elles sont très nombreuses et concernent des secteurs très variés, du textile à la fabrication de clous, en passant par les lunettes et d’innombrables autres produits caractéristiques d’une première société de consommation.

À la ville, le terme de chambrelans désigne d’une façon générale ceux et celles qui travaillent en chambre, le plus souvent pour un donneur d’ordre qui leur confie matières premières, voire outils, et reprend le produit fini. À la campagne, la pluriactivité est souvent de mise. Les maisons paysannes se transforment, le soir, durant la saison-morte, voire toute l’année, en ateliers domestiques.

La conférence revient donc sur ces formes variées de travail à domicile qui n’ont d’ailleurs pas disparu avec l’industrialisation.

 

William Hincks : Irish Linen Industry in 1783, planche VI. Lisburn Museum Collection.

6 avril 2021 : Comment gérer le surendettement ? Les leçons de l'histoire

Par Gérard Béaur, directeur de recherche émérite CNRS & directeur d'études à l'EHESS, co-directeur scientifique de l'ouvrage Les crises de la dette publique, XVIIIe-XXIe siècle publié par l'IGPDE en 2019.

Regarder la conférence (durée : 36:36)

Avec la Covid, la dette publique française approche dorénavant les 120% du PIB, après avoir longtemps "flirté" avec la barrière symbolique des 100%. Est-ce grave ? À ce niveau la dette exerce-t-elle, comme le pensent certains économistes, un impact négatif sur la croissance ?  Si oui, comment la juguler ? Si non, comment peut-on espérer la gérer avantageusement ? Dans tous les cas de figures, doit-on s'en accommoder ou faut-il s'en débarrasser ? Faut-il réellement la rembourser et si oui quand et comment ? Telles sont les questions qui agitent actuellement décideurs et économistes.

À travers des exemples historiques variés dans le temps et dans l’espace, cette conférence a pour objet de repérer les moyens dont dispose l’autorité publique pour échapper au piège du surendettement. Il s’agira d'expliquer les processus par lesquels un État peut entrer dans une spirale de surendettement, d'examiner les voies multiples qui peuvent être empruntées pour éviter une situation de crise ou pour en sortir.

On s’interrogera enfin sur le degré de la dangerosité qui lui est fréquemment attribuée, car le niveau de « surendettement » acceptable n’est pas le même d’un pays à l’autre et varie aussi selon les époques. L’idée de la conférence est de dégager des pistes de réflexion, de découvrir des traits communs entre un certain nombre de crises de dette publique et de rappeler les solutions qui ont été adoptées dans le passé.

Bernard Villemot, Emprunt d'État 1977. Affiche © Bibliothèque Forney © Adagp, Paris, 1977
 

Mai 2021 - Contrôler le travail des forçats ? Le cas de la quantification comptable dans les bagnes coloniaux sous le second empire

par Antoine Fabre, maître de conférences en comptabilité-contrôle-audit à l'université Dauphine-PSL.
Regarder la vidéo (durée 52:32)

Cette présentation s'appuie sur sa thèse, soutenue en 2019. Ce travail cherche à étudier les liens entre la mise en œuvre de procédures quantification comptable et le gouvernement à distance d'organisations (ou d'administration publiques). Il repose sur le cas de l'introduction d'un système comptable de calcul de coûts au sein des bagnes coloniaux de Guyane à partir de la fin des années 1850. Cette recherche montre que loin d'atteindre les objectifs assignés par la métropole (contrôle des activités et du matériel sur les pénitenciers, amélioration de la productivité des forçats, rentabilisation des travaux forcés pour l’État, etc.), les pratiques comptables en question ont au contraire pérennisé la corruption dans les pénitenciers, conduit à l'élaboration de prix de cession défavorables à l’administration et conduit à l'emploi des bagnards à des activités productives non rentables, car dangereuses d'un point de vue sanitaire. Ce travail a également conduit à initier une discussion concernant le parallèle entre le cas des bagnes de Guyane et les conséquences des pratiques comptables dans les prisons privées actuelle (dans un contexte anglo-saxon).

Prison abandonnée dans les îles du Salut, Guyane Français. (IStockphoto)
 

Du livre manuscrit au livre imprimé : approches techniques et économiques d’une révolution (XVe-XVIe siècles)

par Lydwine Scordia, maître de conférences HDR en histoire médiévale (université de Rouen Normandie)

Regarder la conférence (durée :01:00:10)

L’imprimerie naît à la fin du Moyen Âge d’une conjonction d’un marché européen demandeur de livres et la mise au point de nouvelles techniques. Jusque-là, les livres provenaient de copies réalisées à la main (manuscrit) dans les monastères et les ateliers laïcs. Dès le XVe siècle, cette production lente et coûteuse ne répond plus à la demande d’une population lettrée plus nombreuse. Qui furent les premiers imprimeurs ? Quels furent les premiers textes imprimés ? Et sur quel support et à quel coût ? 



Illustration: Le début du livre de la Genèse (Bible) : un manuscrit ou un imprimé ? Sur parchemin ou sur papier ?
Bible, Johannes Gutenberg, Mayence 1455 (Paris, BnF, Rés. Vélins 67-70) © Bibliothèque nationale de France

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recherche.igpde[@]finances.gouv.fr

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