Retrouvez le programme des séances des Midi-Histoire de Bercy programmées sur l'année 2025.
Elles ont lieu en ligne et en direct, de 12 h 30 à 13 h 30.
Vous pourrez retrouver un enregistrement vidéo quelques semaines après chaque séance.
Tous les Midi-Histoire sont diffusés sur notre chaine Youtube.
Vendredi 5 décembre 2025
Les expositions universelles, l'économie et au-delà
Par Edouard VASSEUR, directeur d'études à l'École nationale des chartes-PSL, titulaire de la chaire d'archivistique, diplomatique et histoire des institutions contemporaines.
Les expositions universelles et l'économie entretiennent un rapport ambigu. Conçues comme une vitrine des innovations et un outil de promotion industriel, elles constituent également en elles-mêmes un objet économique soumis à des contraintes spatiales, temporelles et financières. Mais l'économie est-elle le seul moteur de leur organisation ? Dans quelle mesure reflètent-elles la situation économique des différents pays à un instant donné ? Ont-elles un effet d'entrainement économique ? C'est à ces différentes questions que ce Midi-Histoire s'efforcera de répondre, en prenant pour exemple l'exposition universelle de 1867 à Paris.
Vendredi 3 octobre 2025
Charles VII et l’impôt : vers une fiscalité régulière et permanente
Par Olivier MATTEONI, professeur d'histoire du Moyen Âge à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Voir le support de présentation
En 1439, alors qu’il a reconquis sa capitale depuis trois ans, Charles VII réunit à Orléans les états de Languedoïl pour pouvoir lever la taille, impôt direct par excellence. Il ne les convoquera plus par la suite jusqu’à la fin de son règne (1461). Par cette décision, le roi fondait en pratique le droit royal d’imposer. La conférence s’attachera à expliquer ce moment important de l’histoire fiscale française qui conduit à la permanence de l’impôt. Elle évoquera d’abord (I) comment le roi de France depuis la fin du XIIIe siècle s’est attaché à faire contribuer ses sujets et comment le droit royal d’imposer a été accepté, passant d’une situation où l’impôt, consenti au XIVe siècle, est devenu un impôt décidé d’autorité à partir du milieu du XVe. Elle verra ensuite (II) le contexte des années 1439-1445 qui permet de comprendre le geste royal de Charles VII et sa pérennité. Elle s’interrogera enfin (III) sur les modalités pratiques de la fiscalité ainsi mise en place et ses enjeux politiques et étatiques.
Vendredi 5 septembre 2025
Jacques Delors, ministre de l’Économie et des Finances et président de la Commission européenne
Par Florence DESCAMPS, maître de conférences HDR à l'École pratique des Hautes études (EPHE-PSL) et Fabrice LARAT, enseignant-chercheur HDR en science politique à l’Institut national du service public à Strasbourg.
Voir le support de présentation de Florence Descamps
Voir le support de présentation de Fabrice Larat
À l’occasion du centenaire de sa naissance et de la parution de l’ouvrage Jacques Delors. Les paradoxes d’un homme d’État européen*, ce Midi-Histoire de rentrée sera l’occasion d’une conférence à deux voix sur le ministre de l’Économie et des Finances devenu président de la Commission européenne.
Florence Descamps interviendra sur le Jacques Delors ministre de l’Économie et des Finances entre 1981 et 1984 qui s’est vu éclipsé par le Jacques Delors de la Construction européenne. Pourtant, il est l’un des principaux acteurs du tournant dit « de la rigueur » de 1983 aux côtés de Pierre Mauroy. Ne serait-ce qu’à ce titre, il mérite qu’on se penche sur sa trajectoire sociale, intellectuelle et politique avant qu’il n’accède à la Présidence de la Commission européenne en 1985. Au-delà du rôle qu’il a joué dans le changement de cap en matière de politique économique et budgétaire de 1983, il a une œuvre bancaire qui lui est propre, inaugurant un mouvement de libéralisation financière qui trouvera chez son successeur un déploiement inédit.
Fabrice Larat poursuivra sur les paradoxes autour de sa figure et sur sa présidence de la Commission européenne (1985-1995) analysée comme le « moment Delors ». Cette notion recouvre deux dimensions différentes : un instant historique donné, au sens de « chronos », combiné à la capacité à saisir les opportunités, dans le sens de « kairos ». La première configuration est définie par une série de points d’équilibre atteints de 1985 à 1990. La rupture de ces équilibres a été visible lors de la Conférence intergouvernementale de 1991 du traité de Maastricht. Son refus de se présenter à la magistrature suprême en 1995 a positionné sa présidence de la Commission comme le terme de sa carrière et en constitue ainsi son accomplissement.
* Collection « INSP-Recherche », La Documentation française, 2025, 422 pages, sous la direction de Michel Mangenot et Fabrice Larat.
Vendredi 13 juin 2025
Argent et écriture : les ambivalences de Zola
par Christophe REFFAIT, professeur de Littérature française du XIXe siècle. Université de Picardie – Jules Verne (Amiens).
Voir le support de présentation
Émile Zola, quand il réfléchit vers 1880 au rapport entre l’argent et les Lettres, clame la noblesse des Lettres modernes : l’écrivain du XIXe siècle gagne son argent par son libre travail et grâce à ses ventes, au contraire de l’artiste pensionné de l’âge classique, dépendant de son protecteur. L’argent rémunère l’écriture à son juste prix, et Zola analyse l’expression du talent dans le marché éditorial ; il fait aussi une part aux feuilletonnistes à succès.
Bien sûr, quand Zola réfléchit dix ans plus tard à son roman sur la spéculation boursière, L’Argent, la problématique paraît différente : le romancier met en scène un spéculateur (Saccard) qui, par ses contes merveilleux et jeux d’écriture comptables, manœuvre les actionnaires et le marché. Mais ici aussi, la fiction est récompensée, du moins jusqu’à ce que la bulle éclate.
La pensée de Zola sur l’argent paraît ainsi tendue entre d’une part une forme de logique libérale qui apparaît dans son analyse du champ littéraire aussi bien que dans son roman (logique d’un marché obéissant à des lois, relevant d’une mécanique), d’autre part un certain intérêt pour les fictions de la valeur, pour ces logiques mimétiques qui amènent la spéculation à se détacher totalement des fondamentaux. Nous réfléchirons à cette ambivalence de l’argent, dont la mesure est menacée par la démesure, en la mettant en rapport avec la fabrique de la fiction.
Vendredi 23 mai 2025
Le contrôle de la dépense publique en France depuis 1789 : d’un régime à l’autre, toujours la même histoire ?
Par Philippe MASQUELIER, chef du département Histoire à l’IGPDE.
Voir le support de présentation
L’histoire du contrôle de la dépense publique est marquée par une grande récurrence des problématiques : comment la limiter, comment l’optimiser, comment l’évaluer, comment éviter les détournements de fonds, comment encadrer l’action des agents de la dépense, etc..?
En réalité ce sont surtout les contextes qui changent : contextes institutionnels au fil des régimes qui se succèdent, contextes idéologiques selon que triomphent le libéralisme ou l’intervention de l’État dans l’économie et la société, contextes techniques depuis la plume d’oie jusqu’à l’informatique. Quelles interactions ces contextes ont-ils entretenu avec le système de contrôle de la dépense publique durant près de deux siècles ? C’est la question à laquelle s’efforcera de répondre ce Midi-Histoire en insistant plus particulièrement sur les aspects idéologiques et institutionnels. Il sera accessoirement l’occasion de croiser Charles-Louis-Gaston, marquis d’Audiffret (portrait), fondateur de la Comptabilité publique et gardien vigilant de ses principes depuis le Premier Empire jusqu’à la IIIe République.
Vendredi 14 mars 2025
Pierre Uri, un acteur majeur de la construction européenne
Par Alessandro GIACONE, historien, professore associato à l’Université de Bologne (Alma Mater) au département des Sciences politiques.
Voir le support de présentation
Parler de Pierre Uri, figure marquante de la période d’après-guerre, c’est s’intéresser à la Reconstruction de la France et à l’édification de l’Europe.
Du Plan Schuman, en passant par le rapport Spaak et le Traité de Rome qui a créé le Marché commun, cette conférence présentera le rôle et les engagements de Pierre Uri. Elle sera également l’occasion de s’arrêter à travers son parcours sur les principales étapes de la construction européenne.
L’ouvrage Pierre Uri. Le parcours d’un fondateur de l’Europe est édité par l’IGPDE-Comité pour l’histoire économique et financière de la France. Au prix de 36 € il est disponible à l’achat en s’adressant à recherche.igpde[@]finances.gouv.fr, et une édition numérique est également accessible sur OpenEdition Books.
Vous pouvez par ailleurs consulter le témoignage oral retranscrit de Pierre Uri.
Vendredi 14 février 2025
Des bords du Nil aux douaniers 2.0 en passant par les gabelous de la Ferme générale
Par Bruno COLLIN, président de l’Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes.
Voir le support de présentation
Depuis la plus haute antiquité sont conservés des documents relatifs à une activité douanière qui, dès le départ, s'est imposée comme une "police des marchandises".
Cette conférence reviendra sur l’histoire des douanes dont la mission incontournable s’est renforcée au cours des siècles et a varié en fonction de la puissance ou de la fragilité du pouvoir central mais aussi des institutions plus ou moins locales.
Avec Colbert, la Ferme générale prend, jusqu’à la Révolution, le relais d’un système d’affermage non unifié ; s’en suivra la création de la Régie générale des douanes puis de la direction générale des Douanes, administration qui demeure aujourd’hui un outil incontournable pour faire face à des enjeux économiques essentiels.