Midi-Histoire de Bercy 2024

Dix séances des Midi-Histoire de Bercy sont programmées sur l'année 2024.

Elles ont lieu en ligne et en direct, de 12 h 30 à 13 h 30.

Consultez le programme des séances à venir et inscrivez-vous (gratuit mais obligatoire). Vous pourrez retrouver un enregistrement vidéo quelques semaines après chaque séance.

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Mardi 19 mars : De la France des petits commerces à la France des hypermarchés

Par Tristan JACQUES, docteur en histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, enseignant d'histoire au secondaire, Département de l’Instruction Publique, Genève.

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En 1963, s'ouvre le premier hypermarché de France. En une décennie, plus de 200 de ces géants commerciaux émergent, bouleversant des structures commerciales encore dominées par des petites épiceries peu innovantes.

Dans les années 1960, ces évolutions sont accompagnées d'une politique gouvernementale visant à soutenir le grand commerce. Valéry Giscard d’Estaing, ministre des Finances, évoque alors un « remembrement commercial », analogue au remembrement agricole. Toutefois, cet effort de "modernisation" n'est pas sans susciter des mécontentements chez les petits commerçants. Pour répondre à leurs inquiétudes, la loi Royer est votée en 1973. Elle vise à rétablir un équilibre entre les différentes formes de commerces et instaure une procédure de régulation des implantations commerciales. Ses effets pervers sont cependant nombreux, elle génère corruption et clientélisme, et sa réforme revient régulièrement à l'agenda politique jusque dans les années 1990.

Cette conférence retrace les évolutions de l’appareil commercial français des années 1950 aux années 1990, et expose en parallèle le difficile encadrement étatique de ces évolutions, en documentant notamment le travail du ministère des Finances et de ses directions.

Séance reportée : Pierre Uri, un acteur majeur des débuts de la construction européenne

Par Alessandro GIACONE, historien, professore associato à l’université de Bologne (Alma Mater) au département des Sciences politiques.

S’attacher au parcours de Pierre Uri, figure marquante de la période d’après-guerre, c’est s’intéresser aux fondements de l’Europe.

Du rapport Schuman à la Communauté économique du charbon et de l’acier, en passant par le traité de Rome et le rapport Spaak, cette conférence reviendra sur le rôle et les engagements de Pierre Uri et permettra de s’arrêter à travers lui sur les principales étapes de la construction européenne.

L’ouvrage Pierre Uri. Le parcours d’un fondateur de l’Europe est édité par l’IGPDE-Comité pour l’histoire économique et financière de la France. Au prix de 36 € il est disponible à l’achat en s’adressant à recherche.igpde[@]finances.gouv.fr, et une édition numérique est également accessible sur OpenEdition Books.

Vous pouvez par ailleurs consulter le témoignage oral retranscrit de Pierre Uri.

 

Mardi 21 mai : La « petite reine » dans tous ses états. Une histoire de la bicyclette depuis le XIXe siècle

par Paul DIETSCHY, professeur d'histoire contemporaine à l’université de Franche-Comté.

Emblème des mobilités douces, la bicyclette est aujourd’hui, avec le tramway, le symbole des déplacements modernes et écologiques. Il s’agit là d’un nouveau chapitre d’une histoire vieille de plus de 150 ans.

Cette histoire renvoie tout d’abord à celle de la technologie et de l’industrie si l’on songe au passage du vélocipède à la bicyclette ou au fait que des géants comme Peugeot ou Michelin ont relancé ou commencé leur aventure industrielle autour de la « petite reine ». Celle-ci, d’abord instrument de distinction sociale que l’on veut interdire aux femmes, devient le vecteur d’une mobilité de masse et ouvrière dans l’entre-deux-guerres. Sa popularité tient aussi aux compétitions créées à la Belle Époque comme le Tour de France (1903).

La bicyclette s’est installée depuis au cœur de la culture sportive et médiatique.

Illustration : Les coureurs du Tour de France s'entraînent dans les Alpes à la fin des années 1930 (Collection particulière).

Mardi 4 juin : Les Jeux de Londres en 2012, des Jeux exemplaires ?

Par Nicolas BANCEL, professeur ordinaire à l’Université de Lausanne (Unil) et directeur de l’Institut des Sciences du sport.

Les Jeux de Londres en 2012 ont été largement présentés comme des Jeux exemplaires, dans les domaines de la durabilité, des coûts et de l'aménagement d’une partie de l’Est londonien.

Avant l’agenda 2020+5 du CIO qui les mettra en évidence, ces préoccupations étaient déjà centrales dans la candidature de la capitale britannique. 

Au-delà d’un spectacle sportif remarquablement organisé et marqué par de nombreux exploits, les promesses de la candidature londonienne ont-elles été tenues dans ces domaines ?

 

 

Séances passées

Mardi 30 janvier : À la recherche des consommateurs : histoires d’enquêtes (France, années 1950-1960)

par Marie-Emmanuelle CHESSEL, directrice de recherches (Sciences Po, CSO, CNRS)

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À la fin des années 1950, un grand nombre d’institutions enquêtent sur les consommatrices et les consommateurs : organismes publics et privés, mouvements militants, sociologues. Elles produisent des enquêtes, des rapports, des articles et des ouvrages. Ce corpus divers nous donne à voir des tableaux statistiques mais aussi des jeunes ouvrières tentant de boucler leur budget, des ménages qui s’équipent, des entreprises cherchant à construire leur marché. Comment évoluent ces méthodes d’enquêtes par rapport aux périodes précédentes ? Est-ce que ces outils ont des liens les uns avec les autres ?

À partir de quelques exemples, cette conférence montrera la fluidité des méthodes et les circulations entre la société civile, les entreprises et l’État. Il s’agit ici d’examiner les coulisses de la société de consommation.

Source : tract de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine, 1959 ; Archives départementales des Hauts-de-Seine, Fonds de la JOC (« Argent et compétences dans la condition ouvrière », supplément à la revue Militante, éditée par le secrétariat général de la JOCF, mars 1959). Cote : 45J35.

Mardi 27 février : Astérix et Cie. L’économie du village gaulois

Par Jérôme FRANCE, historien, professeur émérite d'histoire romaine, Université de Bordeaux, membre senior honoraire de l'Institut universitaire de France et Bernard-Pierre MOLIN, auteur, scénariste, ancien publicitaire et journaliste voyageur.

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Astérix n’est pas un économiste. Pourtant, le contexte historique du village gaulois prête à en parler. À la fin de la période celtique, les paysages agraires et l'occupation du sol en Gaule ont connu de grandes mutations. L'urbanisation progresse tandis que les échanges se développent et que l’usage de la monnaie se répand. La conquête césarienne précipite ce mouvement et fait entrer le village gaulois dans un monde globalisé sous l'égide de Rome. Astérix résiste encore mais la potion magique suffira-t-elle contre le soft power des Romains?

À la fin des années 50, René Goscinny et Albert Uderzo créent les premières aventures d’Astérix, publiées dans leur magazine : Pilote. 65 ans et près de 400 millions d’albums plus tard, Astérix résonne toujours avec le monde. Fils des Trente Glorieuses, dont il moque bien des travers, il ricane aujourd’hui des faux gourous (L’Iris Blanc). À travers les aventures farfelues de Gaulois réfractaires face à l’impérialisme romain, Astérix parle du peuple et des élites, de solidarité, d’histoire, de morale, et même d’économie ! Le tout en nous faisant rire.  

Illustration : sesterce, monnaie antique romaine

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