IGPDE Séminaires et conférences

Midi-Histoire de Bercy 2024

Dix séances des Midi-Histoire de Bercy sont programmées sur l'année 2024.

Elles ont lieu en ligne et en direct, de 12 h 30 à 13 h 30.

Consultez le programme des séances à venir et inscrivez-vous (gratuit mais obligatoire). Vous pourrez retrouver un enregistrement vidéo quelques semaines après chaque séance.

Vendredi 13 décembre 2024 : Évolutions des sports d’hiver au miroir des Jeux olympiques en France

Par Stéphane MOURLANE, maître de conférences en histoire contemporaine à Aix-Marseille Université.

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La conférence reviendra sur l’histoire des sports d’hiver en France en prenant comme point d’observation les trois éditions des Jeux olympiques de 1924 à Chamonix, de 1968 à Grenoble et de 1992 à Albertville.

Il s’agit non seulement d’observer l’évolution des disciplines de ces compétitions, mais aussi d’examiner les modes de diffusion auprès d’une population de pratiquants toujours plus nombreux, notamment en ce qui concerne le ski alpin. Il s’agit aussi de prendre la mesure de la manière dont les Jeux olympiques d’hiver ont contribué à accélérer l’aménagement des territoires de montagne par la construction d’infrastructures d’accès et d’accueil.

Ainsi est-il permis de mettre en perspective les enjeux contemporains économiques et environnementaux des sports d’hiver.

 

Illustration : Affiche des JO d’hiver de 1924. © Archives départementales de la Haute-Savoie (38 Fi 54).

 

Séances passées

Mardi 30 janvier : À la recherche des consommateurs : histoires d’enquêtes (France, années 1950-1960)

par Marie-Emmanuelle CHESSEL, directrice de recherches (Sciences Po, CSO, CNRS)

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À la fin des années 1950, un grand nombre d’institutions enquêtent sur les consommatrices et les consommateurs : organismes publics et privés, mouvements militants, sociologues. Elles produisent des enquêtes, des rapports, des articles et des ouvrages. Ce corpus divers nous donne à voir des tableaux statistiques mais aussi des jeunes ouvrières tentant de boucler leur budget, des ménages qui s’équipent, des entreprises cherchant à construire leur marché. Comment évoluent ces méthodes d’enquêtes par rapport aux périodes précédentes ? Est-ce que ces outils ont des liens les uns avec les autres ?

À partir de quelques exemples, cette conférence montrera la fluidité des méthodes et les circulations entre la société civile, les entreprises et l’État. Il s’agit ici d’examiner les coulisses de la société de consommation.

Source : tract de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine, 1959 ; Archives départementales des Hauts-de-Seine, Fonds de la JOC (« Argent et compétences dans la condition ouvrière », supplément à la revue Militante, éditée par le secrétariat général de la JOCF, mars 1959). Cote : 45J35.

 

Mardi 27 février : Astérix et Cie. L’économie du village gaulois

Par Jérôme FRANCE, historien, professeur émérite d'histoire romaine, Université de Bordeaux, membre senior honoraire de l'Institut universitaire de France et Bernard-Pierre MOLIN, auteur, scénariste, ancien publicitaire et journaliste voyageur.

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Astérix n’est pas un économiste. Pourtant, le contexte historique du village gaulois prête à en parler. À la fin de la période celtique, les paysages agraires et l'occupation du sol en Gaule ont connu de grandes mutations. L'urbanisation progresse tandis que les échanges se développent et que l’usage de la monnaie se répand. La conquête césarienne précipite ce mouvement et fait entrer le village gaulois dans un monde globalisé sous l'égide de Rome. Astérix résiste encore mais la potion magique suffira-t-elle contre le soft power des Romains?

À la fin des années 50, René Goscinny et Albert Uderzo créent les premières aventures d’Astérix, publiées dans leur magazine : Pilote. 65 ans et près de 400 millions d’albums plus tard, Astérix résonne toujours avec le monde. Fils des Trente Glorieuses, dont il moque bien des travers, il ricane aujourd’hui des faux gourous (L’Iris Blanc). À travers les aventures farfelues de Gaulois réfractaires face à l’impérialisme romain, Astérix parle du peuple et des élites, de solidarité, d’histoire, de morale, et même d’économie ! Le tout en nous faisant rire.  

Illustration : sesterce, monnaie antique romaine

Mardi 19 mars : De la France des petits commerces à la France des hypermarchés

Par Tristan JACQUES, docteur en histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, enseignant d'histoire au secondaire, Département de l’Instruction Publique, Genève.

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En 1963, s'ouvre le premier hypermarché de France. En une décennie, plus de 200 de ces géants commerciaux émergent, bouleversant des structures commerciales encore dominées par des petites épiceries peu innovantes.

Dans les années 1960, ces évolutions sont accompagnées d'une politique gouvernementale visant à soutenir le grand commerce. Valéry Giscard d’Estaing, ministre des Finances, évoque alors un « remembrement commercial », analogue au remembrement agricole. Toutefois, cet effort de "modernisation" n'est pas sans susciter des mécontentements chez les petits commerçants. Pour répondre à leurs inquiétudes, la loi Royer est votée en 1973. Elle vise à rétablir un équilibre entre les différentes formes de commerces et instaure une procédure de régulation des implantations commerciales. Ses effets pervers sont cependant nombreux, elle génère corruption et clientélisme, et sa réforme revient régulièrement à l'agenda politique jusque dans les années 1990.

Cette conférence retrace les évolutions de l’appareil commercial français des années 1950 aux années 1990, et expose en parallèle le difficile encadrement étatique de ces évolutions, en documentant notamment le travail du ministère des Finances et de ses directions.

Séance reportée : Pierre Uri, un acteur majeur des débuts de la construction européenne

Par Alessandro GIACONE, historien, professore associato à l’université de Bologne (Alma Mater) au département des Sciences politiques.

S’attacher au parcours de Pierre Uri, figure marquante de la période d’après-guerre, c’est s’intéresser aux fondements de l’Europe.

Du rapport Schuman à la Communauté économique du charbon et de l’acier, en passant par le traité de Rome et le rapport Spaak, cette conférence reviendra sur le rôle et les engagements de Pierre Uri et permettra de s’arrêter à travers lui sur les principales étapes de la construction européenne.

L’ouvrage Pierre Uri. Le parcours d’un fondateur de l’Europe est édité par l’IGPDE-Comité pour l’histoire économique et financière de la France. Au prix de 36 € il est disponible à l’achat en s’adressant à recherche.igpde[@]finances.gouv.fr, et une édition numérique est également accessible sur OpenEdition Books.

Vous pouvez par ailleurs consulter le témoignage oral retranscrit de Pierre Uri.

 

Mardi 21 mai : La « petite reine » dans tous ses états. Une histoire de la bicyclette depuis le XIXe siècle

par Paul DIETSCHY, professeur d'histoire contemporaine à l’université de Franche-Comté.

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Emblème des mobilités douces, la bicyclette est aujourd’hui, avec le tramway, le symbole des déplacements modernes et écologiques. Il s’agit là d’un nouveau chapitre d’une histoire vieille de plus de 150 ans.

Cette histoire renvoie tout d’abord à celle de la technologie et de l’industrie si l’on songe au passage du vélocipède à la bicyclette ou au fait que des géants comme Peugeot ou Michelin ont relancé ou commencé leur aventure industrielle autour de la « petite reine ». Celle-ci, d’abord instrument de distinction sociale que l’on veut interdire aux femmes, devient le vecteur d’une mobilité de masse et ouvrière dans l’entre-deux-guerres. Sa popularité tient aussi aux compétitions créées à la Belle Époque comme le Tour de France (1903).

La bicyclette s’est installée depuis au cœur de la culture sportive et médiatique.

Illustration : Les coureurs du Tour de France s'entraînent dans les Alpes à la fin des années 1930 (Collection particulière).

Mardi 4 juin : Les Jeux de Londres en 2012, des Jeux exemplaires ?

Par Nicolas BANCEL, professeur ordinaire à l’Université de Lausanne (Unil) et directeur de l’Institut des Sciences du sport.

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Les Jeux de Londres en 2012 ont été largement présentés comme des Jeux exemplaires, dans les domaines de la durabilité, des coûts et de l'aménagement d’une partie de l’Est londonien.

Avant l’agenda 2020+5 du CIO qui les mettra en évidence, ces préoccupations étaient déjà centrales dans la candidature de la capitale britannique. 

Au-delà d’un spectacle sportif remarquablement organisé et marqué par de nombreux exploits, les promesses de la candidature londonienne ont-elles été tenues dans ces domaines ?

 

 

Vendredi 27 septembre 2024 : Les colères paysannes contemporaines au XXe siècle : une histoire toujours actuelle ?

par Edouard LYNCH, professeur d’histoire contemporaine, université Lumière Lyon 2 – Laboratoire d’études rurales

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L’actualité récente a mis sur le devant de la scène des manifestations paysannes qui ont frappé les médias, l’opinion publique et peut-être même les autorités par leur ampleur et leur forme apparemment inédite, en particulier le recours à une violence réelle ou symbolique.

Si l’histoire ne se répète pas, elle permet en revanche d’éclairer de manière pertinente la compréhension d’un modèle protestataire agricole qui s’est construit tout au long du XXe siècle, et en particulier à partir des années 1960, en parallèle à la phase intense de modernisation qu’a connu l’agriculture.        

La présentation s’attachera dans un premier temps à rappeler les grandes étapes de l’histoire de la « manifestation » paysanne moderne, depuis son émergence, à partir du début du XXe siècle, puis des grandes phases de son évolution, étroitement liée à des périodes de crises (les années 1930) ou de mutations, comme les années 1970, avant de s’installer durablement dans le paysage politique et sociale. Le second point explorera les raisons qui poussent les agriculteurs à manifester, et notamment les spécificités d’une action revendicative, où l’État apparaît comme le principal interlocuteur et adversaire, conséquence d’une gestion très administrative et politique du développement agricole, en France et en Europe. Même si les luttes inter sociales ne sont pas totalement absentes, venant rappeler l’extrême hétérogénéité maintenue de cette catégorie sociale, en dépit de son effondrement démographique, leur visibilité reste moindre face au mantra de l’unité agricole. On interrogera aussi la permanence de certaines revendications, comme celle des prix, ou au contraire l’émergence de nouvelles, comme les questions environnementales. Enfin, on s’arrêtera sur la spécificité des manifestations agricoles, sous l’angle de l’évolution de leur répertoire d’action. Les barrages routiers, les dépôts de fumiers et d’immondices sur la voie publiques, les atteintes aux bâtiments publics et aux biens qui ont soudain envahis les écrans ont aussi leur propre rationalité, faite à la fois des contraintes des luttes menées par des producteurs indépendants et dispersés, la prise en compte précoce de la nécessaire modernisation et enfin le rôle clé des organisations professionnelles, et notamment de la FNSEA, tout à la fois organisatrice des contestations et principale partenaire de la co-gestion des politiques publiques. Avec en toile de fond, le recours à des pratiques violentes largement tolérées, pour des raisons qu’il conviendra également d’éclaircir.

Illustration : INA, AFE85009128, « La jacquerie Bretonne : Pontivy – SOS Bretagne », les actualités françaises, 21 juin 1961.

Vendredi 18 octobre 2024 : Les marchés pharmaceutiques en perspective historique : savoirs publics et secrets sur le marketing, la prescription et la consommation au cours du long XXe siècle, vers 1880-2020

par Nils KESSEL, maître de conférences en histoire de la médecine et de la santé à l’Université de Strasbourg.

Cette communication retracera les évolutions fondamentales des marchés pharmaceutiques depuis la fin du XIXe siècle. Plus particulièrement, elle s'intéressera au rôle fondamental de la connaissance (plus ou moins précise) de ces mêmes marchés par les industriels, les pouvoirs publics, l’assurance-maladie, les patients et les professionnels de santé. Il s'agit d’étudier comment les marchés pharmaceutiques peuvent être compris dans la longue durée et dans quelle mesure ils ont été façonnés par des savoirs tantôt secrets tantôt publics détenus par les nombreux acteurs du médicament.

La première partie met en évidence les évolutions fondamentales et les spécificités des marchés pharmaceutiques sur le long terme, avant d'examiner plus en détail comment les connaissances sur les habitudes de consommation et de prescription ont été utilisées à des fins de marketing, de réglementation, de surveillance et de contrôle des marchés ou encore pour l'innovation de produits.

La communication s’appuie sur l’analyse d’archives publiques (Archives nationales, Archives fédérales allemandes) et privées (entreprises, sociétés savantes, associations) en France, Allemagne, et Suisse.

Illustration : Restes d’une trousse à pharmacie retrouvée dans une maison à Haguenau en Alsace. © Nils Kessel.

 

Vendredi 22 novembre 2024 : De l’imprimerie à l’IA : progrès, enjeux et questions (XVe-XXIe siècle)

Par Lydwine SCORDIA, professeure des universités (Histoire médiévale), Université de Rouen Normandie

Le rapprochement de l’imprimerie et l’IA peut surprendre car les deux inventions sont distantes de six siècles (XVe-XXIe siècle), mais elles ont en commun l’objectif de mettre à disposition des textes à un plus grand nombre, le plus rapidement et à un moindre coût. Cette conférence s'attachera à replacer les deux techniques dans leur contexte historique d’élaboration.

L’imprimerie à partir du milieu du XVe siècle est fondée sur la réalisation de caractères mobiles permettant de composer une ligne typographique de textes originellement écrits à la main (manuscrit). Quelles furent les œuvres diffusées par les premiers imprimeurs, et sur quels critères se sont fondés leurs choix ?

L’IA de notre XXIe siècle, appliquée à l’histoire culturelle, est un moyen désormais sollicité par les chercheurs pour mettre au point une « Reconnaissance de l’écriture manuscrite » qui rend possible une lecture automatique de milliers de pages quasi inaccessibles jusque-là. De nombreux programmes de recherche en IA ont été lancés depuis une dizaine d’années pour dévoiler des sources archivistiques.

Au XVe siècle comme au XXIe siècle, ces inventions ont suscité et suscitent encore des défis techniques, mais aussi méfiance et enthousiasme quant aux enjeux éthiques et financiers. 

recherche.igpde[@]finances.gouv.fr

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