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Institut de la gestion publique et du développement économique
Opérateur de formation permanente du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics

Espace éditions et publications de l'IGPDE

De l'estime au cadastre en Europe

 Le Moyen Âge
 

 

 

Colloque des 11, 12 et 13 juin 2003
Albert Rigaudiere (dir.)

2006

612 pages

35,50 €

ISBN 978-2-11-094789-5

 

 

 

 

Une enquête sur l'évolution qui a lentement transformé l'Europe méditerranéenne des estimes en Europe des cadastres. Premier volume : le Moyen Âge.

Lancée depuis quelques années, l’ambitieuse enquête sur l’évolution qui a lentement transformé l’Europe méditerranéenne des estimes en Europe des cadastres, est arrivée à son terme avec la publication de trois ouvrages sur le Moyen Âge, l’époque moderne et la période contemporaine.

Dans ce premier volume, vingt-neuf des meilleurs spécialistes français et étrangers s’interrogent sur le vaste mouvement qui, de la fin du XIIe siècle à l’aube de la Renaissance, a conduit villes, princes et états du pourtour méditerranéen à recenser de manière systématique les hommes, leurs terres, leurs maisons et leurs avoirs.

Ils en recherchent les origines profondément ancrées dans les permanences d’une romanité tenace, scrutent les savoirs de ceux qui ont présidé à la rédaction de ces livres d’estimes, compoix et « cadastres » d’une infinie variété dont ils suivent la longue genèse, analysent les typologies complexes et tentent de comprendre la subtile construction.

Recenser, situer, délimiter et estimer en vue de saisir la relation de l’homme à la richesse et à l’espace, voilà bien la mission assignée à ces extimatores qui devaient devenir les hommes du cadastre, comme leurs livres d’estimes sont devenus le cadastre. Ce document dont la mission n’est autre que d’inscrire le droit dans la mémoire de la terre et d’en peser la valeur, avant de la dessiner dans ses moindres contours.

 

OUVERTURE par Jean FAVIER

" Ouvrir un colloque où l’on ira de l’estime au cadastre est chose relativement aisée, tant il est vrai que tout historien, quelle que soit l’orientation de ses recherches, est un jour ou l’autre confronté à ce besoin, préalable à toute imposition fiscale, d’une description de la matière imposable. Encore faut-il s’en souvenir, cette description des patrimoines particuliers est d’abord un outil de gestion fiscale. Nous le savons, il nous faut toujours nous interroger sur ce qu’ont voulu ceux qui ont créé le document. Il a une finalité, et celle de l’estime ou du cadastre, voire pour les temps récents celle de la déclaration de revenus, n’est pas de servir l’historien de la démographie, de la famille, de la propriété foncière, de la conjoncture économique, etc. Il n’a été créé que pour permettre une assiette d’impôt. " 

 

DE L’ESTIME AU CADASTRE DANS L’OCCIDENT MÉDIÉVAL : RÉFLEXIONS ET PISTES DE RECHERCHES
par Albert RIGAUDIÈRE

 […] " Recenser contribuables et patrimoines dans un but fiscal n’est pas une nouveauté dans l’Europe du Moyen Âge. Monarchies, républiques et empires de l’Antiquité y ont eu souvent recours pour asseoir l’impôt foncier et le modèle romain est sans doute celui qui, de tous, a le plus influencé l’Occident médiéval après une longue période d’atonie tout au long des siècles du haut Moyen Âge. Mesurer l’impact de cette atonie conduira tout naturellement à s’interroger sur ce qui, à partir du XIIe siècle, a été réellement transmis de cette romanité à ce que nous nommons par commodité de langage – estimes, compoix, cadastres –, appellations sur lesquelles il conviendra de réfléchir en profondeur.

C’est sur une période bien centrée que devra porter notre recherche. Celle des XIIIe, XIVe et XVe siècles, temps béni des livres d’estimes qui recensent d’abord les personnes avec leur fortune globale, avant même de s’intéresser à la structure détaillée de leur patrimoine. Toute la question est alors de savoir pourquoi et comment on en est progressivement venu à s’intéresser davantage aux biens et accessoirement aux personnes pour ouvrir ainsi lentement la voie à la rédaction de véritables cadastres, documents qui répertorient de manière systématique les biens immeubles en vue de les soumettre à l’impôt. Et ce type de document a-t-il même réellement existé dans l’aire qui constitue l’ancrage géographique de notre perspective pour la fin du Moyen Âge ? "

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