Écrit le 12/08/2026
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Vous êtes étudiant (ou parent d'un étudiant) et vous recherchez un logement ? Voici nos conseils avant de signer le contrat de location et éviter ainsi les mauvaises surprises.
Conseil n°1 : préparez votre dossier de location
La concurrence est parfois rude sur le marché de la location immobilière, surtout pour un étudiant qui ne dispose généralement pas des mêmes garanties financières que d'autres candidats. Avant de visiter un logement, pensez donc à préparer votre dossier de location.
Si vous êtes intéressé par le logement, vous pourrez ainsi donner vos pièces justificatives au propriétaire dès la fin de la visite, ce qui peut être un avantage par rapport à d'autres candidats qui convoitent le même appartement.
Votre dossier de location
Le décret du 5 novembre 2015 fixe la liste des pièces justificatives pouvant être demandées au candidat à la location et à sa caution.
Le propriétaire peut ainsi exiger différents justificatifs de la part du futur locataire :
- justificatif d’identité en cours de validité : il peut s’agir d’une carte d’identité ou d’un passeport (français ou étranger), un permis de conduire (français ou étranger), une carte de séjour temporaire ou encore une carte de résident. Notez que le propriétaire a le droit de vous demander de présenter l’original.
- justificatif de domicile : vous pouvez fournir les trois dernières quittances de loyer ou encore l’attestation du précédent propriétaire indiquant que vous êtes à jour de vos loyers, ou, si vous êtes hébergé, une attestation sur l’honneur de l’hébergeant, signée et datée, que vous résidez à son domicile,
- justificatif de situation professionnelle : il peut s’agir d’un contrat de travail ou de stage, d'une attestation de votre employeur, d'une carte d’étudiant, etc. Tous ces documents doivent être rédigés ou traduits en français,
- justificatif de ressources : cela peut être vos trois derniers bulletins de salaire, un justificatif de versement des indemnités de stage, un avis d’attribution de bourse, ou encore du dernier ou avant dernier avis d’imposition.
À noter : la plupart des bailleurs exigent un garant ou une caution locative. Cela peut être un parent ou un proche. En tant qu’étudiant, vous pouvez également bénéficier gratuitement de la garantie Visale, proposée par Action Logement.
À savoir
Le site dossierfacile.logement.gouv.fr vous aide à constituer votre dossier de location en téléchargeant toutes les pièces nécessaires à l’établissement de votre dossier.
Des agents sont ensuite chargés de vérifier votre dossier et de vous aider à le corriger si besoin. Une fois validé, vous pouvez envoyer votre dossier au format pdf ou via un lien.
En revanche, les propriétaires n’ont pas le droit d’exiger certains documents tels que votre RIB, une photo, une attestation d’absence de crédit en cours, un extrait de casier judiciaire, etc.
Conseil n°2 : restez vigilant lors de la visite du logement
Vous visitez un logement et vous pensez déposer votre dossier ? Vérifiez que tout fonctionne correctement dans le logement. Il est notamment recommandé :
- d’ouvrir et de fermer toutes les portes et fenêtres,
- d’être attentif aux éventuelles traces d’humidité (traces de moisissures sur les murs ou au plafond, etc.),
- de vérifier l’isolation et de regarder les radiateurs,
- d'observer l’état des prises électriques, de la robinetterie, des murs et des sols.
Vérifiez également si l’encadrement des loyers s’applique : en zone tendue, l'évolution des loyers est encadrée, ce qui signifie que le propriétaire ne peut pas augmenter librement le montant de son loyer entre deux locations ou au renouvellement du bail. Par ailleurs, certaines villes et agglomérations comme Paris, Lyon ou encore Bordeaux déterminent des loyers de référence minoré et majoré. Le montant du loyer est donc encadré. Renseignez-vous pour vous assurer que le loyer proposé est conforme à la réglementation.
Conseil n°3 : contrôlez les honoraires de l’agence immobilière
Si l’annonce de la location est gérée par une agence immobilière, vous pouvez être amené à payer des frais d'agence. Toutefois, les frais d'agence payés par le locataire sont encadrés.
Votre agence immobilière fixe librement les tarifs de ses prestations, mais ceux-ci doivent être visibles, lisibles et indiqués en TTC y compris sur les plateformes en ligne.
Enfin, ils doivent préciser qui du locataire ou du propriétaire doit les régler.
Les frais d’état des lieux d'entrée
Concernant l'état des lieux d'entrée, les frais sont partagés entre le locataire et le propriétaire.
La part que se doit de régler le locataire est réglementée. Le coût de l'état des lieux ne peut pas dépasser :
- la moitié des frais facturés par l'agence immobilière,
- avec un montant maximum de 3,03 euros TTC par m2 de surface habitable.
Les autres frais à votre charge
Concernant les autres frais à régler, c'est-à-dire les frais de dossier et la rédaction du bail, ils sont partagés entre le locataire et le propriétaire.
La part revenant au locataire ne doit pas dépasser un montant maximum par m2 habitable qui dépend de la zone où se situe votre logement.
À savoir
Le bailleur n’a pas le droit de vous demander le versement d'un chèque de réservation pour « bloquer » le logement.
Conseil n°4 : procédez à l'état des lieux et vérifiez le contrat de location
Lorsque votre dossier a été accepté, vous devez alors faire l'état des lieux et signer votre contrat de location ou bail.
L'état des lieux
L'état des lieux d'entrée s'effectue en présence des deux parties : le locataire et le propriétaire (ou son représentant).
Celui-ci doit se faire par écrit, que ce soit sur support papier ou sous forme électronique et peut être remis en main propre ou par voie dématérialisée.
Si vous remarquez un défaut que vous n’aviez pas vu le jour de l’état des lieux, vous disposez d’un délai de dix jours calendaires (les jours calendaires désignent tous les jours du calendrier à la différence, par exemple, des jours ouvrés) pour demander au bailleur de compléter le document, et du premier mois de la période de chauffe concernant l’état des éléments de chauffage.
Si le bailleur refuse de compléter l’état des lieux, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation (CDC).
Le contrat de location (bail)
Le contrat de location doit obligatoirement contenir :
- le nom et l'adresse du propriétaire et de son mandataire habituel,
- le nom du ou des locataires,
- la date de prise d’effet et la durée du bail,
- la mention « bail d’habitation »,
- la description du logement (maison ou appartement, nombre de pièces, surface habitable…), et ses annexes (cave, place de parking, etc.),
- la nature et le montant des travaux effectués dans le logement depuis le dernier contrat,
- le montant du loyer et les modalités de paiement, ainsi que les conditions de révision du loyer le cas échéant,
- le montant du dernier loyer acquitté par le précédent locataire,
- le montant du dépôt de garantie,
- l’identifiant fiscal du logement (sauf en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte).
Liste des annexes qui doivent vous être fournies avec le bail :
- un diagnostic technique comprenant
- le diagnostic de performance énergétique (DPE) valide,
- un constat de risque d’exposition au plomb (Crep),
- un état des risques naturels, miniers et technologiques (si le logement est situé dans une zone concernée),
- un diagnostic bruit (si le logement est situé dans une zone concernée),
- un état de l'installation intérieure de l'électricité si l'installation a plus de 15 ans,
- un état de l'installation intérieure du gaz si l'installation a plus de 15 ans,
- une notice informative sur les droits et obligations du locataire,
- l’état des lieux d’entrée,
- une attestation d’assurance contre les risques locatifs que vous avez l’obligation de souscrire,
- la liste des équipements d’accès aux technologies de l’information et de la communication (TNT, fibre…),
- une copie de la convention signée avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah), si le logement est conventionné Anah,
- un extrait du règlement de la copropriété le cas échéant.
Le bail peut aussi inclure des éléments comme le dépôt de garantie. Attention, celui-ci ne peut excéder deux mois de loyer hors charges pour un logement meublé, un mois pour un logement vide et pour un contrat de location solidaire. À noter que si le locataire paye plus de deux mois de loyer en avance, le bailleur ne peut pas demander de dépôt de garantie.
De plus, le bailleur doit mentionner si le logement est une passoire thermique (logement classé F ou G par un diagnostic de performance énergétique - DPE) et si le logement est concerné par l’interdiction progressive de location des logements énergivores.
Conseil n°5 : si vous optez pour la colocation, renseignez-vous sur les règles applicables
La colocation consiste à partager un logement meublé ou vide à plusieurs (au moins deux personnes) tout en étant chacun signataire d’un contrat de location avec le même bailleur.
Certaines informations sont à connaître avant d'opter pour la colocation :
- elle peut donner lieu à plusieurs contrats de location (autant de baux que de locataires), ou à un contrat de location unique signé par tous les locataires,
- les personnes qui occupent un logement sans lien juridique avec le locataire signataire du bail, n’ont aucun droit sur le logement, même si elles participent au paiement du loyer.
Conseil n°6 : assurez-vous du respect de vos droits par le propriétaire
Le propriétaire doit vous livrer un logement en bon état (sans vices cachés), vous assurer une jouissance paisible, procéder aux réparations nécessaires et ne pas s’opposer aux aménagements que vous réalisez s’ils ne constituent pas une transformation du logement. De plus, en tant que locataire, vous pouvez aussi exiger la mise en conformité énergétique du logement avant la location. En effet, depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de louer un logement classé G (passoire thermique), sauf exceptions très limitées.
De plus, toute discrimination à la location d’un logement (du fait de l’origine, du sexe, d’un handicap, de l’orientation sexuelle, de la situation familiale, etc.) est passible de sanctions pouvant aller jusqu'à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
En tant que locataire, vous avez également des obligations :
- payer le loyer au terme convenu,
- entretenir le logement et le mobilier si le bien est loué meublé,
- user du logement en conformité avec sa destination,
- procéder aux réparations locatives à l’exception de celles rendues nécessaires par la force majeure ou la vétusté,
- laisser exécuter les travaux liés la décence,
- souscrire à une assurance risques locatifs.
Ressources complémentaires
- Bail d’habitation : documents remis par le propriétaire (bailleur) sur service-public.gouv.fr
- Rédaction du bail d'habitation (contrat de location) - Logement vide sur service-public.gouv.fr
- Colocation : quelles sont les règles ? sur service-public.gouv.fr
- Aide personnalisée au logement (APL) sur service-public.gouv.fr
- Décret n° 2014-890 du 1er août 2014 relatif au plafonnement des honoraires imputables aux locataires et aux modalités de transmission de certaines informations par les professionnels de l'immobilier
- Loi sur les rapports bailleurs locataires
- Décret fixant la liste des pièces justificatives pour constituer un dossier de location
- Règles concernant le partage des frais d’agence immobilière
- Décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location de logement à usage de résidence principale
- Décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location de logement à usage de résidence principale