[Vidéo] G7 finances : réunion des Ministres des Finances et des Gouverneurs des Banques centrales du G7

Écrit le 17/05/2026

Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France ont réuni les lundi 18 et mardi 19 mai 2026 les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays membres du G7 à l'occasion de la réunion ministérielle Finances sous présidence française. Présentation des enjeux de ces deux journées.

La réunion ministérielle Finances marque une étape majeure dans la préparation des décisions économiques et financières qui seront soumises aux chefs d’État et de gouvernement au sommet d’Évian des 15 et 17 juin 2026.

L’objectif : mieux protéger nos économies et préparer une croissance plus durable et plus résiliente.

La France y joue un rôle moteur, en rapprochant les positions pour faire émerger des réponses communes, utiles et concrètes.

Une étape majeure avant le Sommet d’Évian, fruit de plusieurs mois de discussions

Depuis le début de la présidence française du G7 en janvier 2026, les membres de la filière Finances du G7 se sont réunis à plusieurs reprises aux niveaux ministériel et technique, alors que la crise au Moyen-Orient a bousculé l’agenda. 

Le G7 finances, de quoi s’agit-il ?

La filière Finances du G7 rassemble les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays membres. Elle constitue le cœur historique du G7, puisque c'est autour des questions économiques et monétaires que le forum s'est initialement structuré. Ses travaux portent sur : la coordination des politiques économiques face aux défis de la conjoncture mondiale, la régulation financière internationale pour prévenir les crises systémiques, le financement du développement et les partenariats avec les économies émergentes, ainsi que la lutte contre le financement du terrorisme et les flux financiers illicites.

En savoir sur la filière Finances et le G7 à Bercy

Dès le lancement, la France a placé trois priorités majeures au cœur des discussions :

  1. la réduction des déséquilibres mondiaux, afin de rétablir des conditions de concurrence plus équitables entre grandes économies
  2. le développement de partenariats internationaux mutuellement bénéfiques avec les pays en développement
  3. la résilience et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, pour réduire les dépendances et se prémunir des chocs futurs

La coordination de la gestion de crise et la préservation de la stabilité financière face aux chocs se sont, quant à elles, imposées comme une priorité additionnelle au fil des événements.

Les travaux menés au cours des derniers mois aboutiront lors de cette réunion ministérielle à des livrables : les ministres y travaillent à rapprocher leurs positions et à préparer les décisions économiques qui seront ensuite portées au niveau des dirigeants.

L’enjeu est de traduire un agenda économique international parfois technique en réponses concrètes aux vulnérabilités qui pèsent sur les économies et les sociétés :

  • l’inflation : renforcer la coordination face aux chocs, en privilégiant des mesures temporaires, ciblées et réversibles, afin d’en amortir les effets 
  • la résilience industrielle et souveraineté économique : réduire les dépendances critiques, corriger les déséquilibres qui faussent la concurrence et soutenir les investissements nécessaires aux transitions environnementale, énergétique et numérique 
  • la dette et stabilité financière : préserver les finances publiques et la stabilité du système financier, ce qui appelle une attention renouvelée en temps de crise 
  • la solidarité internationale : promouvoir une approche plus partenariale du soutien aux pays vulnérables, tout en maintenant un soutien appuyé à l’Ukraine.

Ces deux jours sont également marqués par des échanges entre pays membres sur les sujets d’actualité d’intérêt commun relatifs au soutien à l’Ukraine, aux conséquences économiques de la situation au Moyen-Orient et aux enjeux de cybersécurité.

Une partie de ces réunions rassemble pour la première fois des pays partenaires du G7 (Brésil, Corée du Sud, Inde et Kenya) qui ont participé aux travaux de fond et contribué à façonner les résultats de la filière Finances. 

D’autres acteurs clefs sont présents, telles que les grandes organisations internationales (le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’OCDE, le Conseil de Stabilité financière, l’Agence internationale de l’énergie, le Groupe d’action financière (GAFI)) ainsi que le ministre ukrainien des Finances, Serhiy Marchenko.

Les priorités du G7 finances 

Les déséquilibres mondiaux désignent les écarts entre les grandes économies en matière de balances courantes.

Certains pays accumulent durablement des excédents, d’autres des déficits : ces écarts peuvent fragiliser l’économie mondiale et fausser les conditions de concurrence. Le G7 cherche à mieux les identifier et à y répondre collectivement.

Dans le cadre de sa présidence du G7, la France a fait de la réduction des déséquilibres mondiaux l’une de ses priorités. L’objectif est de mieux comprendre les causes profondes de ces déséquilibres, d’identifier les leviers de correction possibles et de renforcer la coopération internationale sur ce sujet.

Présents dans de nombreux objets du quotidien, les minerais critiques sont essentiels aux transitions énergétique et numérique ainsi qu’à plusieurs industries stratégiques, comme l’automobile, l’aéronautique ou la défense.

Leurs chaînes d’approvisionnement présentent toutefois d’importantes vulnérabilités. Le G7 cherche à diversifier les approvisionnements, tout en construisant des partenariats durables avec les pays producteurs.

Au sein de la filière Finances, la présidence française du G7 concentre ses travaux sur l’architecture financière. L’objectif est de renforcer la coopération financière entre partenaires, d’améliorer l’environnement d’investissement et de faciliter la mobilisation de capitaux privés vers les projets liés aux minerais critiques.

Le modèle traditionnel de l’aide publique au développement (APD) évolue dans un contexte international plus contraint. Les pays donateurs font face à des pressions budgétaires, tandis que de nombreux pays en développement sont confrontés à une hausse de leur endettement, comme à d’autres vulnérabilités.

La présidence française a concentré ses travaux sur plusieurs priorités : moderniser le cadre des partenariats internationaux, utiliser plus efficacement les financements concessionnels, mobiliser davantage les capitaux privés et les ressources intérieures publiques, et réduire la fragmentation de l’architecture financière internationale.

  • le soutien à l’Ukraine

La présidence française du G7 œuvre à maintenir un haut niveau de mobilisation des membres du G7 et de l’ensemble des partenaires internationaux pour renforcer l’efficacité du soutien apporté à l’Ukraine. Sous la présidence de la France, les travaux du G7 sur l’Ukraine se structurent autour de trois grandes priorités :

  1. Accroître l’efficacité des sanctions, destinées à réduire les revenus et les capacités technologiques permettant à la Russie de poursuivre sa guerre.
  2. Planifier le soutien des pays du G7 aux côtés de l’ensemble des partenaires de l’Ukraine, et en particulier du FMI, pour permettre à l’Ukraine de maintenir son effort de défense. 
  3. Répondre aux besoins urgents causés par les frappes russes, notamment afin de prévenir les risques en matière de sûreté nucléaire et de sécurité environnementale, en finançant une partie des travaux de réparation de l’arche de confinement de Tchernobyl, endommagée par un drone russe en février 2025.
  • La stabilité du système financier

L’économie mondiale évolue dans un contexte de forte incertitude, marqué par les tensions géopolitiques et la fragilisation du cadre de coopération internationale.

La France souhaite que le G7 Finances joue un rôle clé dans l’analyse de ces risques et l'orientation de la vigilance collective, en appui aux travaux du Conseil de stabilité financière, autour de trois axes prioritaires : l’exercice de gestion de crise cyber, les réponses aux risques liés aux derniers développements de l’IA, et les événements météorologiques extrêmes.

Ressources complémentaires

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