À l’occasion d’une conférence de presse organisée à Bercy, Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, et Nicolas Mohr, directeur général du Médiateur des entreprises, ont présenté le bilan annuel 2025 de l’institution. Ce rendez-vous a permis de mettre en lumière une année marquée par une progression de l’activité de médiation, dans un contexte économique toujours exigeant pour les entreprises.
En 2025, le Médiateur des entreprises enregistre une progression marquée de son activité, signe des tensions qui traversent l’économie mais aussi d’une évolution plus profonde : la médiation est de mieux en mieux identifiée comme mode de résolution des différends et de solidarité économique. Cette dynamique, particulièrement visible chez les TPE et PME, traduit un changement d’échelle de la culture de la médiation en France. Elle s’accompagne également d’une transformation des pratiques économiques, portée par la responsabilité des entreprises et des acteurs publics, le dialogue, la prévention et les achats responsables.
Une appropriation croissante de la médiation par les entreprises
Avec 2 101 demandes de médiation enregistrées en 2025, soit une progression de +10,5 % par rapport à 2024, l’activité du Médiateur des entreprises atteint son plus haut niveau hors période de crise sanitaire. Cette hausse reflète à la fois les tensions économiques auxquelles les entreprises sont confrontées, mais révèle aussi une évolution plus structurelle : la médiation s’ancre progressivement comme un réflexe de résolution des différends, identifiée par un nombre croissant d’acteurs économiques comme une solution concrète, rapide et confidentielle. Le taux de succès des médiations continue de s’établir à 70 %.
Comme l’a souligné Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, la hausse du nombre de saisines en 2025 reflète les tensions contractuelles auxquelles les entreprises sont confrontées, mais elle traduit aussi une volonté croissante de rechercher des solutions par le dialogue plutôt que par la rupture. Il rappelle également que cette dynamique s’accentue depuis le début de l’année 2026, ce qui renforce encore la nécessité d’un accompagnement de proximité des entreprises.
En 2025, les conditions de paiement restent le premier motif de litige (27 %), confirmant que les tensions de trésorerie demeurent un point de fragilité majeur, en particulier pour les plus petites structures. Par ailleurs, la part des saisines concernant les litiges avec l’administration, hors marchés publics, et les différends hors contrat a fortement augmenté, passant de 7 % à 12 % du total. Cette évolution traduit une appropriation plus large de la médiation par les acteurs économiques, y compris dans des situations qui dépassent le seul cadre contractuel classique. Le secteur des services continue de représenter le premier foyer de litiges (58,4 %), devant l’industrie (19 %) et le commerce (15 %).
Une reconnaissance accrue de la médiation par les TPE et PME
Le bilan 2025 confirme aussi la place croissante du Médiateur des entreprises auprès des petites structures. 80 % des saisines émanent d’entreprises de moins de 25 salariés, en hausse de 7 % par rapport à 2024. Les entreprises unipersonnelles représentent, quant à elles, une part croissante des demandes, passant de 29,1 % à 37,4 %.
Cette évolution constitue l’un des marqueurs les plus nets de l’ancrage progressif de la culture de la médiation dans le tissu entrepreneurial.
Comme l’a indiqué Nicolas Mohr, directeur général du Médiateur des entreprises, les TPE, les PME et plus particulièrement les entreprises unipersonnelles sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers le dispositif pour être entendues et accompagnées. Cette progression témoigne à la fois des difficultés qu’elles peuvent rencontrer et de la confiance qu’elles accordent à l'outil médiation. Elle appelle aussi une adaptation permanente de l’action du Médiateur, au plus près des réalités économiques, de la conjoncture et des signaux faibles remontés du terrain.
Une stratégie de proximité renforcée
En 2025, le Médiateur des entreprises a intensifié sa stratégie de terrain, fondée sur une logique d’« aller vers » les chefs d’entreprise. Cette dynamique s’est articulée autour de trois actions principales :
- D’abord, le tour de France des médiateurs, avec 25 déplacements sur tout le territoire, a contribué au renforcement de la visibilité des dispositifs d’accompagnement et de soutien dont les entreprises peuvent bénéficier. Ces déplacements ont notamment permis de diffuser largement la boîte à outils du dirigeant.
- Ensuite, la Charte de confiance, issue du rapport des médiateurs au Gouvernement et portée par la Médiation du crédit, a permis de réunir plus de 35 acteurs privés, publics et associatifs autour d’un objectif commun : passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation dans la détection précoce des fragilités rencontrées par les entreprises.
- Enfin, le Médiateur des entreprises a poursuivi le renforcement de ses coopérations avec les acteurs institutionnels et économiques clés, afin d’améliorer encore la capacité collective d’écoute, d’orientation et de prévention.
Des pratiques d’achats responsables en progression
Le changement d’échelle de la culture du dialogue ne se limite pas au traitement des différends. Il s’observe aussi dans l’évolution des comportements d’achats et dans la diffusion de pratiques plus responsables au sein des acteurs publics et privés. Dans ce contexte, la dynamique autour de la charte et du label Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR) s’est nettement accélérée.
En 2025, 3 080 organisations sont signataires de la charte, soit une progression de +9 % en un an, et 136 organisations sont labellisées, en hausse de +14 %. Les organisations labellisées représentent 186 milliards d’euros de volume d’achat annuel. Cette dynamique s’inscrit dans une performance globale reconnue des entreprises françaises. Selon la 6e étude réalisée conjointement avec EcoVadis, la France se classe 3e mondiale en matière de RSE, faisant des achats responsables un levier clé de compétitivité.
Un réseau mobilisé sur tout le territoire
Derrière ces résultats, le Médiateur des entreprises s’appuie sur un collectif de plus d’une centaine de médiateurs engagés sur l’ensemble du territoire. Par leur expertise, leur connaissance des réalités économiques locales et leur capacité à recréer les conditions du dialogue, ils constituent l’infrastructure humaine de cette culture de la médiation en expansion.
Le bilan 2025 met également en lumière leurs regards et leurs expériences de terrain, à travers des thématiques variées, allant des enjeux énergétiques à la filière navale, de la définition d’une médiation réussie aux pratiques à l’ère du numérique. Il illustre ainsi une mobilisation humaine constante au service du dialogue et de la confiance.
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Bilan annuel 2025 du Médiateur des entreprises
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01 avril 2026 | Bilans et rapports