Écrit le 27/03/2026
Les chiffres ont été communiqués ce 27 mars par l’Insee : le déficit public s’établit à -5,1 % du PIB en 2025, soit une amélioration par rapport au déficit prévu en loi de finances initiale pour 2025. Présentation.
Cette amélioration est le fruit d’une stratégie reposant sur trois fondements : des prévisions prudentes, une gestion rigoureuse tout au long de l’année et la capacité à donner de la visibilité aux acteurs économiques.
152,5 Md€
Déficit public pour 2025, soit 5,1 % du Pib en 2025 (après 5,8 % en 2024 et 5,4 % en 2023)
Insee2,5 %
Augmentation des dépenses des administrations publiques en 2025 (après +4,0 % en 2024 et +3,7 % en 2023)
Insee3,9 %
Augmentation des recettes des administrations publiques en 2025 (après +3,2 % en 2024)
InseeUn déficit public en baisse en 2025 grâce à des efforts conjugués
Le déficit public a été tenu en 2025 grâce à un suivi étroit de l’exécution des recettes et des dépenses de l’ensemble des administrations publiques :
- Au niveau de l’État, la cible ambitieuse de dépenses de l’État a été respectée. Pour l’année 2025, le solde budgétaire de l’État s'établit à - 124,7 milliards d'euros, en amélioration de 7,4 milliards d'euros par rapport à la prévision de la loi de finances de fin de gestion (LFG) pour 2025 et de 14,3 milliards d’euros par rapport à la loi de finances initiale pour 2025. Au total, le solde budgétaire à financer s'améliore de 31,6 milliards d'euros par rapport à 2024, soit la plus forte baisse annuelle du déficit budgétaire à financer observée depuis 2020. Le solde budgétaire définitif sera connu et communiqué au moment du dépôt du projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2025 (PLRG) au mois d'avril prochain.
- Du côté des dépenses sociales, celles-ci sont conformes au vote du Parlement. Le déficit des régimes de base de la sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) s’est établi à 21,6 milliards d’euros en 2025, en dégradation par rapport à 2024. Néanmoins, le solde est moins dégradé que ce qui était attendu dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui prévoyait un déficit de 23,0 milliards d’euros.
- Les collectivités locales ont également contribué en 2025 à la maîtrise des dépenses publiques : la situation financière globale des collectivités territoriales est ainsi attendue en amélioration pour 2025.
Les bons résultats de l’exercice budgétaire 2025 sont aussi le fruit de la confiance des acteurs économiques, qui permet de conforter l’activité et la croissance. Le Gouvernement a recherché la stabilité, afin de permettre l’adoption d’un budget pour 2026. Ces signaux ont joué un rôle dans la bonne tenue des comptes en 2025.
Un pilotage renforcé
En 2025, le Gouvernement a mis en place une méthode de suivi nouvelle et transparente des finances publiques via :
- Une concertation autour du cercle des prévisionnistes, qui s’est réuni à deux reprises en 2025 et rassemble une trentaine d’économistes issus d’horizons variés, du secteur public comme du secteur privé.
- Un comité d’alerte des finances publiques créé en 2025. Il a permis tout au long de l’année d’informer sur la situation économique et de finances publiques l’ensemble des parlementaires ayant des responsabilités dans les discussions budgétaires, ainsi que les associations d’élus, les représentants des caisses de la Sécurité sociale et le Premier président du Haut Conseil des finances publiques. Ce comité a conduit à prendre des mesures supplémentaires : à l’issue du premier comité d’alerte d’avril, qui a mis en lumière la nécessité de renforcer les marges de manœuvre, le Gouvernement a ainsi procédé à l’annulation par décret de 3 milliards d’euros et au surgel complémentaire de 2 milliards d’euros de crédits de l’État.
- Le même travail a été engagé au sein de la Conférence financière des territoires, composée de représentants de l’État et des collectivités.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Les résultats obtenus en 2025 permettent d’amorcer l’année 2026 avec une croissance meilleure qu’anticipée et crédibilisent l’effort pour réduire le déficit public en 2026, qui doit être poursuivi. Le budget voté par le Parlement en 2026 prévoit une cible à -5,0 %, jalon important pour concrétiser une trajectoire de retour à un déficit inférieur à -3 % en 2029.
Avant le conflit au Moyen-Orient, la croissance française était robuste à 0,9 % en 2025 et l’inflation était largement revenue sous les 2 % en France, avec une moyenne annuelle de +0,9 % en 2025.
Les tensions géopolitiques au Proche et Moyen-Orient exercent une forte pression sur les marchés énergétiques depuis le début de l’année 2026. Le conflit en cours au Moyen-Orient fait notamment peser un aléa sur l’évolution de l’inflation dans les prochains mois.
Par ailleurs, la crise fait monter les taux d’intérêt souverains : il devient déjà plus cher pour la France, comme pour les autres pays, d’emprunter pour financer sa dette. Le taux d’emprunt de la dette française a augmenté de plus de 10 % depuis le 27 février.
L’impact du conflit sur la croissance et l’inflation dépendra de la durée et de l’intensité du conflit.
Le premier comité d’alerte se réunira le 21 avril 2026, et un deuxième comité sera réuni en juin. Si nécessaire, un troisième comité sera convoqué en octobre. Ces comités seront l’occasion de présenter en transparence les conséquences de la crise en Iran et de débattre des hypothèses retenues pour la suite.
Budget, dette, impôt : de quoi parle-t-on ?
09/07/2025
Ressources complémentaires
Dossier de presse : Finances publiques : résultats et perspectives - 27/03/2026